Jour 7 : Inconforts et entrevue avec un charmant gentleman.

25 septembre 2009 at 19:20 (TIFF 09)

C’était hier ça hein?   Hier comme dans la journée de ma première entrevue à vie avec un réalisateur que j’admire aussi connu sous le nom de Bernard Émond (La neuvaine, la femme qui boit, Contre toute espérance, etc.).  Hier comme dans, j’étais tellement paquet de nerfs que j’ai perdu 50 livres en tremblant comme une feuille de mon levé à 15h30.  Hier comme dans, hier est un autre jour…déjà, mais en voici un aperçu qu’en même, juste pour le plaisir et la nostalgie.

Levée énergique, « fuck » la caféine pour ce matin, j’en ai pas besoin.   La veille, j’avais mis mon cadran pour 7h30, soit 30 minutes plus tard que prévu pour dormir plus.  J’avais aussi, préparer une sortie rapide en choisissant déjà mes vêtements, en prenant un douche et en méditant que demain je serai en forme, que les films choisis seraient incroyables, que mon entrevue rockerait et que je resterai en vie encore longtemps.  Le tout a été concluant.

Premier film : Life in Wartime de Todd Solondz (Happiness, Storie telling, Welcome to the Dollhouse, Palindromes) aussi connu sous le surnom Monsieur inconfort.  Si vous avez vu Happiness et bien c’est dans la continuité autant dans les personnages que l’histoire ou à peu près. On parle des relations familiales, de pédophilie, d’inconfort intérieur et envers les relations avec les autres et d’amour. L’inconfort y est omniprésent puisque c’est la signature Solondz.  Pour cause quand un enfant dit à ça mère « Mom, are you still wet? » (Oui, oui ce genre de « wet » là?) et ben on reste béa.  Mais les répliques sont absolument…euh j’ai juste le mot « juteuse » qui me vient à l’esprit alors désolé…juteuses.  Et dire que le réalisatieur voulait être rabbin!  Cré Todd!

Sortie vers la lumière…maudit qu’il fait chaud! Israël a beau être la ville célébrée durant le festival cette année pour démarrer le nouveau programme « city to city » y’était pas obligé de transférer la chaleur aussi!  J’ai 15 minutes pour aller chercher des documents dans ma boîte aux lettres de presse au Sutton Place Hotel qui  est à 5 minutes à pied d’où je suis, de poser quelques questions au sujet de billets gratuits et ensuite me diriger vers le Elgin qui est plus loin, pour le nouveau film d’Egoyan.  Est-ce que j’y suis arrivée?  Oui, mais pas en 15 minutes…merci film qui commence un peu en retard et transport en commun.

Film d’Atom Egoyan (Sweet Hereafter, Exotica, etc.). Torontois d’origine égyptienne de parents arméniens qui a appris le français et qui est sur le comité du Festival du Nouveau Cinéma.  Oups j’oubliais…adorable personne!  Son dernier film « Chloé » est un remake d’un film d’Anne Fontaine « Nathalie » de 2003, avec Emmanuelle Béart, Fanny Ardant et Gérard Depardieu.  Un remake et merde pas Egoyan!  Je suis réticente d’aller voir ce film, j’ai pas vu « Nathalie » parce que la bouille de Béart me tape un peu sur les nerfs, vais-je aimer Chloé avec Julianne Moore, Liam Neeson et Amanda Siegfried (« Mama Mia » et à la télé « Big love »).  C’est un thriller érotique où une femme mariée et aisée veut savoir si son mari la trompe alors elle engage une escorte pour en avoir le cœur net.  L’inconfort est encore omniprésent, certaines répliques satisfaisantes, la tension est bonne, les acteurs sont justes (Oh Julianne, Oh! Liam!), mais c’est pas mon film préféré.

Je sors, je cours, saute dans un taxi, vite au Varsity pour la projection de presse de « A single man » de Tom Ford que j’ai raté l’autre jour.  J’arrive trop juste c’est complet, toute la presse y était (car la représentation était priorité presse ce qui veut dire…pas de gens de l’industrie et t’es mieux d’arriver d’avance parce que toute la presse mondiale y sera sauf toi).  Ce qui est arrivé, c’était complet.  Câline…y’a des réalisateurs comme ça qui m’empêche de voir leur film tellement ils sont populaires.  J’en rajoute un sur ma liste : Tom Ford, juste en dessous de Paul Cox un réalisateur des Pays-Bas faisant des films Australien.  Une nouvelle histoire de désir et d’amour-haine dans ma poche.  J’adore les défis de taille!

OK je vais prendre du temps pour respirer alors. Marchons un peu.

Entrevue et problème d’ascenseur.

J’ai jamais eu peur des ascenseurs, mais là j’ai pas trouvé ça drôle.  J’arrive à l’Intercontinental, là où l’entrevue avec Bernard Émond aura lieu. J’ai une casquette et des verres fumés ce qui signifie que les photographes en herbes qui bavent sur les vedettes installés à l’entrée de l’hôtel m’envoie leur flash dans la figure.  N’IMPORTE QUOI LES GARS!!  J’entre, on me dévisage, j’enlève ma casquette, change mes lunettes pour voir clair et on me fait soudainement la gueule.  Bon enfin, ils ont compris.  Je croise Xavier Dolan (Dolly-Dolan!) (Réal. de J’ai tué ma mère), je vais aux toilettes et je cale mon visage dans de l’eau froide pour me calmer.  J’ai mal au cœur, je tremble comme une feuille, je suis blanche comme un drap, je vais mourir ou partir à pleurer, j’hésite.  Je prends l’ascenseur, il me monte au troisième, je sors, les vedettes de l’interview télé internationale sont maquillés du genre clown tellement ils en ont épais dans leurs visages.  Ça va pas bien, je commence à me descendre mentalement du genre « il va te trouver conne, qu’est-ce tu fais ici, va t’en bordel, t’es nulle. »  Je reprends l’ascenseur, vite de l’air, j’arrive au deuxième, un serveur avec un chariot de bouffe devant moi, il veut monter, je veux descendre, il ne s’approche pas.  Les portes se ferment, se rouvrent, un bruit bizarre et pas rassurant, les portent se ferment arrêtent à mi-chemin, se rouvrent, le bruit encore et toujours sournois.  Ça y est  je le savais, je vais mourir dans un ascenseur avant d’avoir rencontré Bernard Émond!  Je sors, attends avec le serveur un autre ascenseur.  « This is weird » me dit le serveur.  « Tu m’en diras tant champion! » que je pense en lui souriant confusément la panique dans les yeux.  Le deuxième ascenseur arrive, il descend, je le prends, mais avant d’entrer je demande… « Are you coming in? » dis-je suppliante, la réponse du serveur est négative.  « Ah damn! » que je réponds, j’entre à pas de bébé.  MÊME SCÉNARIO!! Ben voyons donc! Le serveur décide d’entrer avec moi…Ben vous le croirez pas mais l’ascenseur a fermé ses portes sans rien dire et il est descendu.  J’en revenais pas, le serveur non plus en me disant « what kind of sign is this? ».  Fouille moé, OK là j’ai vraiment besoin d’air!  Nouveau mantra : « Je suis bonne, je suis belle, je suis forte, je suis capable. » Biz, Biz plein de fois.

Entrevue avec un gentleman.

J’ai mis mon macaron « J’aime Bernard Émond ».  Je me trouve très drôle et ça me détend.  Bernard sort d’une chambre, il me dit bonjour, je réponds….blalblagagagagagougoug!  Il me dit, « Vous êtes? »  Je lui dis.  « Enchanté!» et me fait une révérence. Hein? Quoi? Pour vrai? Et ben!  Il me demande de lui laisser 2 minutes pour avaler un sandwich, il est près de 15hres et il a faim, je lui réponds que je lui en donne 4.  Il rit et me remercie.  Je l’aime déjà très fort…Je suis bonne, je suis belle, je suis forte et je suis capable de faire rire un réalisateur que j’admire!  J’entre dans la chambre pour l’entrevue en lui disant : « Vous êtes la première personne/réalisateur que j’interview à vie et celle que je voulais interviewer, je tenais à le préciser. »  « Wow! C’est un honneur! »,  qu’il me répond étonné. J’ai également presque failli dire que la plupart des autres réalisateurs que j’aimerais interviewer sont morts, mais je me garde une petite gêne.  Je lui montre mon macaron, il rit et me dit « Ah ben on a peut-être le même club vidéo, hi! Hi! Et je suis content de savoir que y’a pas juste ma blonde qui en a acheté un! »   « Bon là je vais faire ça comme une pro! » me suis-je exclamée avant de commencer.  Il me répond : « Faites pas ça, s.v.p. les pros c’est pas les meilleurs! »  Ah ben là c’est l’amour fou, ça me prend tout mon petit change pour ne pas l’embrasser!   Ok ça commence…et couper!  Ça fini après 10 minuscules minutes où il a été question de pudeur, de retenu, d’Élise Guilbault, de son film et ses films à lui et en préférence.  Ça été génial!  On nous sort gentiment après que j’ai pris une photo de lui avec ma passe à son cou.  Je le remercie et il me répond : « Je suis vraiment content d’avoir été votre premier. »  Appuyer sur le vraiment, c’est important!  Quelques larmes me sont montées aux yeux.  Monsieur Émond, le plaisir était VRAIMENT pour moi! Merci et j’espère qu’on se reverra.  Vite aux toilettes, l’émotion est trop forte!

Après l’entrevue, j’ai choisi un film au hasard.  « Partir » de Catherine Corsini a été choisi.  C’était bien.  Histoire d’amour d’une femme mariée à un homme riche qui tombe en amour avec un Espagnol construisant son nouveau balcon.  Les acteurs : Kirsten Scott Thomas, Yvan Attal et Sergi Lopez sont justes.  Mais je pense encore à Bernard.  Ensuite, je me suis rendu au Sutton Place hôtel pour allez voir d’autres films à la librairie média du festival.  Au menu, « Hadewijch » de Bruno Dumont, un film sur une jeune fille extrêmement croyante.  Excellent, très bien interprété.  Et finalement, le dernier film du doyen des réalisateurs, le grand Manoel De Oliviera (né en 1908 au Portugal et réalise encore presque un film par année) : « Excentricités d’une jeune fille blonde ». Bien.

OK là c’est la fin, il est 20hres et j’ai besoin d’arrêter.  De toute façon, les films qui m’intéressent sont présentés en Gala et je n’ai pas de billets.  Mais la vraie raison, c’est que j’ai hâte de voir l’émission de La Galère du le web de Radio-Canada. Même si mes yeux sont morts!

À demain…

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Un commentaire

  1. La donation de Bernard Émond. « Amenicart: aventures cinématographiques said,

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