Le ruban blanc en…fin.

19 octobre 2009 at 00:22 (FNC 09)

Après ma tentative avortée du TIFF 09 de voir et surtout de comprendre dans son entité le gagnant de la Palme D’or 2009 : Le ruban blanc du réalisateur allemand Michael Heneke (Caché, Funny games), j’ai pu enfin me délecter les yeux au FNC.  C’est l’histoire troublante en noir et blanc et se manifestant au début du siècle dernier où l’austérité des personnages établit les facettes troubles de leurs principes de vie de famille nombreuse dans un petit village allemand d’avant-guerre.  On tente d’élucider certains méfaits causer à quelques enfants du village.  Adultes et enfants sont en cause.  Mais comme à l’habitude dans la filmographie de Michael Haneke, il ne faut pas s’attendre à du tout cuit dans la bouche.  On tend des perches, on suppose, les questions sont claires mais les réponses restent évasives ce qui nous poussent à faire nos propres conclusions et à n’en retirer que le meilleur de notre imagination.  Dialogues aussi brutaux que les gestes de certains personnages, rien n’est laissé au hasard de la simplicité.  Durée de 2h30 sans entracte.

Ensuite, j’ai essayé de me prendre un café en prenant des nouvelles virtuelles.  Sans grand succès. J’ai fini par m’acheter un cidre chaud pour emporter.  Alors je me suis dit, tient va donc attendre ton amie Rougette à la sortie de son travail.  Rougette est photographe.  Rougette est mon amie.  Rougette a les cheveux rouges et elle travaille comme une dingue pour aller au Chili durant le temps des Fêtes qui commencera que bien trop vite à ce faire sentir.  Elle était fatiguée mais très contente de me voir la binette. En la voyant, je l’ai invité au cinéma pour mon dernier film du festival : 8000 miles.  Elle a dit oui, j’ai donc souris.  C’est bon d’être accompagné au cinéma des fois.  On s’est quittés devant un resto de sushis, Rougette voulait se gâter.  Moi, j’avais un film à 17h15 alors je ne pouvais pas la suite.  C’est elle qui me rejoindrait plus tard.  Ensuite, j’ai eu le temps de faire assez d’emplette pour pouvoir m’offrir des déjeuners nutritifs pour les prochains jours à venir, c’est-à-dire du pain grains entiers, du lait de soya, des céréales et de la sauce pour pâtes.  Vous comprendrez que le dernier achat n’est pas en lien avec le déjeuner, pas pour moi du moins, mais pourquoi pas déborder vers le dîner et le souper avec des rabais motivants.  En sortant du supermarché, j’ai emboîté le pas de Rougette avec des sushis pour emporter.  Influence quand tu nous tiens!  En entrant chez moi, avant de m’envoler de nouveau vers le cinéma et après avoir mangé mes sushis, j’ai eu une grosse déprime d’automne.  Je suis soudainement resté planté devant ma porte d’entrée et de sortie pendant quelques minutes en me disant : « Vas te coucher bordel! ».   Une grosse peine de crocodile a failli sortir pour tout et pour rien de mes yeux et ma gorge et puis j’ai pris mon sac, j’ai ouvert la porte et je suis sortie prendre l’air.

« La merditude des choses » de Félix Van Groeningen.  Film Belge/Flandres.  Un jeune auteur se remémore son enfance entouré et élevé par son père paumé et alcoolique comme ces frères et  vivant tous chez leur mère/grand-mère.  Une comédie dramatique sur cette vie sauvage, crue et déglinguée qui forme l’imagination de l’enfant et plus tard de l’auteur.  L’affiche annonçait en partie le propos avec une bande d’homme nu sur leur bicyclette.  On m’en avait dit beaucoup de bien et j’ai effectivement aimé.  Caméra à l’épaule, paysage de campagne perdue,  bars à perte de vue, concours de beuverie, enfance traumatisante et avec peu d’encadrement, violence verbale et physique et abandon de la mère.  La suite du monde est par contre différente ou la sera-t-elle vraiment? Gunther veut sortir du trou, l’écriture le sauvera-t-il?

Ensuite c’est l’heure d’un petit souper, j’hésite, pizza au saumon fumé ou fish and chip à l’anglaise.  L’hésitation est longue et patiente.  Le choix sera le poisson pané avec peu de côté croustillant et sans saveur et de merveilleuses frites. Disons donc que le « fish » ne fait pas honneur aux anglais. Merci citron et sauce tartare, poivre et sel.  Bon au moins je sais maintenant que la prochaine fois ce sera la pizza.

Entendu à Montréal : « Ils faut s’entourer des personnes positives. »  « Ouais c’est ça »

Tu l’as dit bouffie!  En attendant ma personne positive, et j’ai nommé Rougette, pour le dernier film du festival du nouveau cinéma, j’aimerais écrire sur ma déprime de la journée et j’ai nommé : Les frais chiés qui se croit au dessus du sujet.  Le sujet est le cinéma ici mais ça pourrait être n’importe lequel.  Je déteste les gens imbus d’eux mêmes, sans concession et avec assiduité parce qu’ils me dépriment.  Je les trouve tellement emmerdants.  Le cinéma est un art public et de plus en plus démocratisé avec la venue du numérique.  C’est un art qui concentre tous les autres : la littérature, la photographie, la musique, l’interprétation donc en un sens le théâtre, etc.  Le cinéma c’est un tout et c’est aussi un mort, un mort sur pellicule ou une mort numérique qui est cadrée.   C’est aussi un art de souffrance et d’attente.  L’attente de la bonne idée, de l’idée juste, du maudit financement.  La souffrance des années qui passent avec une idée en tête que l’on doit déposer dans la section attente, une idée, une pensée, un souhait latent en attendant le meilleur temps. Et lorsqu’enfin cette idée se concrétise, on se met au boulot, on s’active parce que tout à coup le temps est compté, le temps est budgété et on se sacrifie et on rectifie et au final qu’est-ce qu’on a?  Des milliers de gens qui vont juger de la version « finale », de la version lâchée sur l’écran, de la version qui restera figée dans le temps.  Ce temps qui s’étirait, ce temps qui manquait est révolu, la projection l’a mise à mort devant un public, pire devant des frais chiés qui croient avoir tout vu parce qu’ils ont une maîtrise de l’université des îles mouc-mouc ou sont abonnés à la cinémathèque et au club vidéo répertoire le plus connu.  Je déteste les frais chiés parce qu’ils me font chiés.

Rougette est arrivée, c’est l’heure d’aller au ciné.

8000 Miles du cinéaste japonais Yu Irie.  Oh boy!  Moi et le cinéma japonais c’est deux mais je crois qu’on commence à s’aimer.  La jeunesse qui rap et qui rêve.  Je ne suis pas  friande du rap, ni du hip hop mais cette histoire de jeune m’a touché.  Ils sont « losers », ils sont perdus dans leur monde de rêve mais vite rattrapé par les questions d’honneur face à la réalité de la vie que pose la société japonaise ou même la notre.  L’artiste n’est pas valorisé, on le ridicule, c’est un bon à rien.  Tout ça dans un film sans prétention filmé en 3 semaines avec un budget venant d’économie de 2 ans du réalisateur qui nous offre son premier long métrage qui, malgré son indépendantisme, est devenu un énorme succès dans son pays d’origine.  Une chose est sûre le mot « Bro » ne voudra plus jamais dire « frère », il est devenu, à partir de ce soir, le raccourci pour brocoli.  Soulignons la présence du réalisateur qui retournera au pays du soleil levant demain et qui a pris une photo de l’audience avec timidité et excitation.  À bientôt pour un prochain film!

Fin du FNC 2009.  Claude Chamberlan, le co-fondateur nous indique qu’en 2011, donc pour le 40ème, on devrait avoir un nouveau cinéma Parallèle au dessus du métro St-Laurent.  Gloire à toi cinéma Parallèle et Chamberlan et Eipidès (l’autre fondateur!).  Amen et à l’an prochain.

OK là c’est assez, au dodo!

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