Jean-Claude Labrecque : L’espace et le temps par intuition et par défi.

30 octobre 2009 at 23:21 (Hommages)

Jean-Claude Labrecque fait partie de ce groupe mystique du cinéma québécois qui défrichait avec enthousiasme les premières images de l’âge du direct, du documentaire et de la fiction avec Claude Jutra, Michel Brault, Pierre Perrault et j’en passe.  De directeur photo, à scénariste, à producteur, à réalisateur, il nous laisse un héritage qui ne cesse de nous faire souvenance.  Il est au cœur de cette devise qui semble être nôtre d’une façon de plus en plus abstraite et qui joue avec la mémoire et la connaissance : Je me souviens.  Afin de souligner le travail exceptionnel de ce « chauffeur de Kodak », la cinémathèque québécoise a (enfin!!) décidé de faire une rétrospective des œuvres de monsieur Labrecque en tant que réalisateur et qui sera présenté du 4 novembre au 17 décembre prochain.  On pourra y découvrir ou redécouvrir 21 œuvres de fiction et documentaires en 21 séances dont 60 cycles, son premier film tourné en 1965 lors du onzième Tour cycliste du St-Laurent, l’un des plus longs du monde,  ainsi qu’une rare copie 35mm des Jeux de la XXIème Olympiade avec l’autorisation du CEO.  Il est important de mentionner que Jean-Claude Labrecque est le seul Québécois qui s’est donné le mandat de filmer les olympiques de Montréal de 1976 avec une équipe de plus de 160 personnes, même chose du côté de la célèbre venue du général de Gaulle à Québec en 1967, Jean-Claude Labrecque a lui même proposé ces défis de taille par passion et intuition.   D’un côté plus culturelle, la rétrospective nous permettra de voir La nuit de la poésie 27 mars 1970 ainsi que Marie Uguay qui donne la parole à cette amoureuse des mots peu connue qui est morte quelque temps après le tournage du film d’un cancer à l’âge de 26 ans.  On y sent toute la sensibilité de Labrecque dans le cadre qui se resserre, s’approche et caresse le visage de son personnage lors de propos plus intimistes et s’éloigne avec pudeur lors d’anecdotes plus générales comme une marée qui veut atteindre et transmettre la passion et la douleur de l’âme de Marie Uguay.  Pour les amateurs de films expérimentaux, la chance vous sourira avec la présentation de Essai à la mille, un court métrage tourné en 35mm Scope avec un objectif 1000mm donnant une image bien spéciale sur fond de musique apocalyptique électronique inspirée de L’Apocalypse de Jean, un film très rarement projeté qui a été produit, imaginé et créé au début des années 1970 par Jean-Claude Labrecque.  En plus de la rétrospective, une exposition de photos de tournage personnelles de Jean-Claude Labrecque sera présentée au foyer Luce-Guilbeault de la cinémathèque.  Profitez-en donc pour bien vous abreuver de l’œuvre et de l’œil créateur de ce pionnier du cinéma québécois.

Un conseil, si jamais vous croisez M. Labrecque n’hésitez pas à vous présenter à lui, c’est un homme fort sympathique!

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