La donation de Bernard Émond.

8 novembre 2009 at 13:30 (Tac-tic critiques)

En 2005, Bernard Émond nous offrait La neuvaine mettant en vedette Élise Guilbault qui interprétait le docteur Jeanne Dion qui ayant souffert d’un violent choc post-traumatique s’en allait à Charlevoix pour y découvrir, bien malgré elle, une vie différente et attirante qui la fera réfléchir sur sa foi. Ensuite en 2007, Contre toute espérance entra sur les écrans avec Guylaine Tremblay dans le rôle-titre d’une femme qui, vivant paisiblement avec son mari en banlieue vivra de lourdes douleurs, ainsi s’assurera la vertu de l’espérance. Pour clore sa trilogie des vertus théologales, Bernard Émond caresse la vertu de la charité avec La donation qui reprend le personnage du docteur Jeanne Dion qui cette fois part pour l’Abitibi, Normétal plus précisément, pour aller remplacer (temporairement ou de façon permanente) le docteur Rainville (Jacques Godin) qui exerce depuis plusieurs années dans la région et est sur le point de prendre la retraite.

Confession

D’emblée, je dois me confesser : J’ADORE BERNARD ÉMOND ET SES ŒUVRES!! Oui vraiment. Est-ce peut-être parce qu’il a cette manière simple et délicate de filmer les personnages qui me touche d’une façon si profonde, car il vient du documentaire et a étudié en anthropologie? Est-ce peut-être ce respect envers les êtres humains, envers sa recherche sur ceux-ci qui me bouleverse? Est-ce peut-être cette pudeur, cette sobriété dans le geste, la manière et les paysages qui me font penser et rêver? Serait-ce toutes ces suppositions? Probablement. Mais je l’aime profondément et je crois qu’il est un cinéaste primordial de notre cinématographie, car contrairement à plusieurs autres, Bernard Émond est un scénariste et un réalisateur qui ne prend pas son auditoire pour des cons et qui fuit à tout prix la médiocrité et le tout cuit dans le bec. J’ai toujours eu un faible pour les gens qui m’amenait à réfléchir par moi-même.

Vif du sujet

J’ai vu La donation trois fois déjà. Oui, trois fois. Les deux premières un peu avant le festival international des films de Toronto et la troisième en début de semaine, quelques jours avant sa sortie. C’est un grand privilège et j’en suis reconnaissante. De ces trois visionnements, j’en retiens plusieurs choses qui à chaque fois m’ont bouleversée : la pudeur (autant au niveau technique que de la part des personnages), l’interrogation sur notre utilité dans le monde, la peur de la proximité des autres, l’incertitude, la beauté de l’austérité des paysages. On parle peu, on dit l’essentiel, les regards parlent beaucoup plus en étant d’une sobriété et d’une vérité désarmante. Mais attention, peut-être que le tout ne vous charmera pas autant, l’action est discrète, mais si vous avez envie de voir une interprétation a n’en couper le souffle tellement elle est vraie, sensible et tout en retenue, allez admirer Élise Guilbault dans le rôle de Jeanne Dion. Elle est vraiment exceptionnelle. Jutra en vue pour ce film d’une heure trente-six minutes.

Don de soi

J’ai eu le plaisir de rencontrer Bernard Émond au festival international des films de Toronto au mois de septembre dernier. L’avant de l’entrevue est décrit dans le blogue suivant :

https://amenicart.wordpress.com/2009/09/25/jour-7-inconforts-et-entrevue-avec-un-charmant-gentleman

Pour plus d’information sur le film, je vous invite à aller sur le site de son réalisateur :

http://bernard-emond.com/

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