11 septembre 2010, jour 3 : Un cœur qui bat… heureux.

14 septembre 2010 at 21:11 (TIFF 10)

Bon, passons à la folie.

Quel 11  septembre j’ai vécu! Cette date reste depuis 9 ans maintenant, une date historique. On se souvient tous où l’on était ce matin en 2001. Pour ma part, vous l’aurez deviné, j’étais à Toronto. Calme et sereine, réveil chez une amie qui était postée dans la ville reine, car elle travaillait comme hôtesse de l’air. Elle n’est pas partie ce matin-là. C’est sa mère qui nous a appelés en panique. On a ouvert la télé, on est restée bouché bée, on n’en revenait pas, comme toute la planète d’ailleurs. Cette journée-là, le festival a été arrêté et la ville a paniqué. État de choc complet. Neuf ans plus tard, les gens sont toujours aussi fous, même plus, et moi je suis toujours au TIFF avec la même passion, sinon plus.

Premier café du festival. Non pas qu’il s’imposait, mais j’ai préféré prévenir que guérir. Il fait beau et un peu frisquet. Température parfaite, pelures d’oignon obligatoires. Je me suis levée de très bonne heure : 6h00, afin de me rendre à la billetterie pour tenter de me procurer un billet pour « In conversation… Philip Seymour Hoffman ». La billetterie ouvrait à 7h00. Dans ma brume matinale de festivalière où le temps devient vague, j’ai oublié qu’on était samedi. Beaucoup de personnes sont en congé les samedis. Dans ma naïveté d’enfant, j’ai pensé qu’il n’y aurait personne. ERREUR! Près d’un kilomètre de gens commençait à entrer dans la billetterie. Conne! Je suis retournée à l’hôtel en me disant : « Mais pourquoi tu n’as pas vérifié sur Internet et par téléphone au lieu de marcher comme une imbécile un samedi matin, alors que tu aurais pu dormir plus longtemps!! » Mon positivisme étant des plus souverains dans mon corps et mon esprit, je me suis dit que rien n’arrivait pour rien. Que cette marche matinale était l’occasion de bien réchauffer mon corps, chose que je fais rarement ces temps-ci. Trois tonnes de sueurs évaporées et de nombreux battements de coeur plus tard, j’étais de retour à ma chambre, rivée à mon ordinateur afin de savoir si j’avais une chance de me procurer un billet par Internet. Non. Définitivement négatif. Par téléphone alors. Niet! C’était occupé tout le temps. Pas moyen d’avoir la ligne. Mon cœur continuait d’être heureux, mais mon expression faciale était celle d’un tueur à gages qui a raté sa cible alors qu’il ne lui reste qu’une seule balle. Grrr.

Préparation matinale avant le premier film. Marche prise 2 en route vers le cinéma. Tramway attrapé au vol et à la course. Premier film de la journée : Everything must go, réalisé et scénarisé par Dan Rush (premier film) avec Will Ferrell, d’après une nouvelle de Raymond Carver.

http://tiff.net/filmsandschedules/tiff/2010/everythingmustgo

Excellent film de début de journée. Bonnes répliques. Bonne interprétation de Ferrell qui joue très simplement, mais offre une bonne présence. J’espère que mon ami Alex pourra le voir, lui qui aime beaucoup l’œuvre de Carver. Il a quelques livres sur lui d’ailleurs et il semblerait que ce soit ma faute… Quand on me demande un service, je peux devenir excessive.

Une pause. Chose qui sera rare, alors profitons-en. Je m’en vais, accompagner de mon ami Dominic, à la foire végétarienne de Toronto. Une petite marche nous permet de raconter les films vus. Ça fait 10 ans que je dis à Dominic de venir au festival, c’est cette année qu’il a pris le taureau par les cornes. Il s’en donne à cœur joie.

Une bouteille de produit pour régler l’intestin de façon régulière, donnée gratuitement et c’est reparti pour un autre film.

Another Year de Mike Leigh. Mike Leigh, c’est le plus beau visage de grand-père qui existe chez les réalisateurs. Si j’avais à choisir un grand-père britannique ou un grand-père point, je choisirais sans hésitations Mike Leigh et je ne cesserai de lui pincer les joues et de le convaincre de revêtir le costume du Père Noël durant le temps des fêtes. Vraiment, cet homme à une bouille adorable! Pour ce qui est de son film, il est tout aussi adorable. Jamais un titre de film n’a résumé le sujet avec autant de justice. Une autre année. Les saisons passent, les gens se découvrent, s’ouvrent, se referment. Les acteurs sont adorables. Un excellent film de dimanche d’automne où il pleut dehors, où le froid nous permet de revêtir une tite laine. Un film pour rire et prendre le temps, un bon thé au creux des mains.

Roger, oh Roger!

Roger Ebert est sans aucun doute l’un des critiques de cinéma les plus connus dans le monde. En partenariat avec son fidèle ami Gene Siskel, ils ont fait partie d’une émission de télévision ensemble et ont inventé le fameux « Thumb(s) up! ». Une critique favorable de Ebert, c’est pour beaucoup de réalisateur et production, un privilège. Certains ont voulu l’acheter, il a toujours résisté. Gagnant du deuxième « French d’Or 2010 », j’ai eu la chance de l’avoir devant moi lors d’une « bataille » Twitter qu’avait organisée le TIFF. Maître Twitter, Ebert en met plein la vue. Après l’événement, un attroupement d’admirateurs, dont j’ai fait partie, a été à sa rencontre, question de le voir de plus près et de le toucher. Je me suis fait bousculer. J’ai fait ma place… J’ai dit bonjour à sa charmante compagne Chaz et j’ai enfin touché l’homme. Une main douce est entrée dans la mienne. Un visage rayonnant m’a regardé, moi qui étais au bout de mon émotion de joie. J’ai balbutié mon nom, je lui ai demandé de peine et de misère une photo, il a été des plus invitants. Il ne parle plus que par ordinateur, ne boit plus ni ne mange plus que par un tube, dû à un cancer, il s’est fait retirer ses cordes vocales et une partie du bas de sa mâchoire, mais le sourire reste. La photo est bonne. J’ai mis mon pouce en l’air avec avidité, il a ouvert ses bras en signe de réjouissance. Les larmes me sont montées, c’est la joie extrême d’avoir fait une folie.

Philip Oh Philip!

J’admire depuis longtemps l’acteur Philip Seymour Hoffman. Cette année, il offre une conversation. Je n’ai pas de billet. Je veux y aller. Je vais y aller. Je marche vers la « rushline » du Jackman Hall. J’arrive. Je suis vingtième. Je doute alors je lis. Le nouveau Suzanne Myre. Elle me fait rire. Ça passe bien le temps. Près de deux heures d’attente. Le suspense a été intense. Finalement, j’y suis arrivée. J’avais demandé l’aide d’un relationniste qui ne m’avait rien garantie, j’avais senti dans son regard que c’était peine perdue. Ne jamais croire un relationniste. Si vous n’êtes pas un ami de ou faisant partie de la haute sphère médiatique ou que vous n’avez pas une maîtrise en chialage, l’aide sera pauvre.

C’est un des coanimateurs de Canada AM sur la chaîne CTV, Seamus O’Regan, qui animait la conversation. Poche, très poche. La vedette c’est pas toi ti-loup, c’est Philip ! C’était soit la nervosité ou (comme l’a mentionné ma voisine outrée) soit l’alcool ou la drogue. Vraiment, ses questions et ses commentaires étaient ridicules. Dès la première question qui portait sur l’Oscar pour le rôle de Truman Capote, il n’a cessé de me taper sur les nerfs. Il n’a également pas cessé de revenir sur le fait que Hoffman avait un Oscar, alors que l’acteur tentait de changer de sujet parce que comme il l’a si judicieusement mentionné, il faut en revenir, il ne faut pas rester accrocher à ce genre de chose sinon on passe à côté du travail à faire. Il est intelligent et drôle ce Philip Seymour Hoffman. Il a conquis le public. Après une heure, la fin s’est pointée. On est sortis tous comblés par la rencontre. Je suis restée plantée à la sortie comme une groupie, attendant que l’acteur sorte à son tour. J’avais du papier, j’avais un crayon. Ils sont restés au chaud dans mon sac. Je voulais juste le voir. Il a signé tout ce qu’il y avait à signer. Il m’a regardée cherchant mon papier et mon crayon, j’ai souri, il m’a souri à son tour. C’est tout ce que je demandais, un sourire. Un sourire pour moi. Une belle et simple conclusion qui n’en demande pas plus. Il mérite tout le succès qu’il a et le paradis à la fin de ses jours.

Je suis retournée à ma chambre conquise et remplie d’un bonheur simple, mais intense. La grandeur n’a pas d’importance, c’est l’intensité qui compte.

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