13 septembre jour 5 : Cessez d’applaudir avant de voir l’excellence.

17 septembre 2010 at 06:58 (TIFF 10)

Ce matin, c’est Potiche. Le dernier film de ce cher François Ozon. Pour me faire plaisir, il a décidé de réunir MON Fabrice (Luchini) avec les légendaires doubles D : Catherine Deneuve et Gérard Depardieu. L’anticipation est grande! Je suis heureuse et fière comme un pan, mais habillée en noir. Non, pas de funérailles, mais j’aime bien me fondre dans le décor.

http://tiff.net/filmsandschedules/tiff/2010/potiche

Ah! Quelle chance, Ozon a fait une comédie absolument jouissive! Un excellent film de matinée! Des répliques assassinent, des rebondissements alléchants. Du bonbon! Voyez un extrait!

http://www.youtube.com/watch?v=N6qoLtM0nUM

Depardieu et Deneuve prennent le premier métro ensemble depuis celui de Truffaut, qu’il fait bon de les revoir ensemble!

Hier, c’était l’ouverture officielle du nouveau quartier général du TIFF : le Bell Lightbox. Une beauté! Un « bloc party » a été préparé pour l’événement. Le premier film a y être officiellement projeté est Trigger du Canadien Bruce McDonald (The Tracey Fragments). Le film met en vedette Molly Parker et Tracy Wright (qui est décédé dernièrement d’un cancer et qui était l’amoureuse du réalisateur, acteur et producteur Don McKellar (Last Night). Ne pouvant assister à la projection d’ouverture, car d’autres films m’attendaient, je me devais de le voir. Magnifique! L’amitié féminine entre deux amies qui ont eu du succès avec leur groupe de rock et qui se revoient des années plus tard après une chicane. Les actrices sont superbes, le scénario aussi.

http://tiff.net/filmsandschedules/tiff/2010/trigger

Fait à noter, un film de Bruce McDonald avait été refusé dans les premières années du festival. Le réalisateur avait fait une projection extérieure afin de le montrer aux passants gratuitement. Plusieurs années plus tard, son film ouvre le Bell Lightbox, c’est de toute beauté! Même histoire du côté d’Atom Egoyan, maintenant un chouchou du festival. Cette année, il ne présente pas de film, mais une projection-exposition spéciale. La preuve qu’il ne faut pas lâcher!

Pause hilarité

OK, ça fait quelques fois que je me pose la question et l’annonce passe trop vite à chaque fois. Mais là je l’ai vu! Oh oui, je l’ai vu et j’en reviens pas!! Chaque année, on remercie les bénévoles qui travaillent pour le TIFF. Les années auparavant c’était Universal Pictures qui le faisait, cette année, c’est Cineplex. Très honorable de continuer la tradition. C’est important, les bénévoles travaillent fort et nous accueillent tous avec un sourire du matin au soir. L’annonce est simple : Sans projecteur, pas de projection. Sans réalisateur, pas de film. Sans bénévole, pas de festival. Et là, plein de prénoms s’affichent, des prénoms diversifiés, aussi diversifiés que la représentation des différentes ethnies du monde dans les grandes métropoles. C’est super, sauf lorsqu’un prénom est synonyme d’une maladie, d’une maladie grave, d’une maladie mortelle. Pas en anglais, bien sûr. En anglais, ça fait presque beau et poétique, dans d’autres langues aussi j’imagine puisqu’il n’a pas été refusé comme prénom d’humain. La signification se fait plus claire lorsqu’on connaît la « seconde » langue « officielle » du Canada. Lorsqu’on voit ce mot partout inscrit sur des pancartes de prévention. Ce prénom est sûrement joli dans un autre pays, mais ici il désigne (ou devrait désigner) le pire, la peur, la mort. Sida. Oui, j’ai appris que Sida pouvait être un prénom. Et ben, j’en reviens pas! Moi qui applaudissais à chaque fois que je voyais cette annonce avec toute la fierté possible, disons que j’ai arrêté, par respect. J’ai des amis qui en sont atteints et j’en ai perdu en cour de route aussi. Je ne vais quand même pas applaudir Sida pour son beau travail! Elle me fait chier Sida, je l’emmerde Sida! Qu’elle aille se faire foutre par elle-même et qu’elle crève Sida! Sida la maladie, pas la personne bien sûr. L’insulte n’est pas qu’une personne se prénomme comme telle si elle n’est pas au courant de la signification en français. L’insulte est que dans un pays où l’on a supposément deux langues officielles (on en revient toujours au même maudit débat!), personne n’a vu que le mot Sida était à l’écran. Personne dans les créateurs de l’annonce, personne dans ceux qui ont approuvé, qui ont vu, qui ont cherché les prénoms. PERSONNE. Du moins si quelqu’un l’a vu, personne n’a rien changé. Pour ma part, j’aime mieux en rire… et faire un rapport dans LA langue officielle du grand pays d’un océan à l’autre en espérant que l’an prochain le tout soit réglé. Mais il est déjà trop tard, c’est toujours comme ça. L’erreur est humaine, comme celle du SIDA.

Jeux d’enfants, jeux d’adultes

Ceux qui me connaissent bien savent à quel point j’aime le cinéma scandinave. C’est le Danemark qui a ouvert la route de cette fascination dans les années 1990 avec le fameux Lars von Trier. Depuis je le cherche dans tous les festivals. Cette lumière nordique, cet humour, cette énergie, cette sensibilité. J’aime le cinéma scandinave, il me fascine. Alors quand je vois des noms comme Susanne Bier (After The Wedding, Brothers, Open Hearts) présenter leur nouvelle œuvre coscénarisée par Anders Thomas Jensen, l’un des scénaristes danois les plus en vogue, je saute sur l’occasion. Ça vaut la peine. In A Better World est l’un de mes coups de cœur jusqu’ici. Un film sensible sur la responsabilité masculine; celles entre autres du bien et du mal, du pouvoir et de la survivance au niveau des fils comme de leurs pères. Un film très fort, une œuvre majeure.

http://tiff.net/filmsandschedules/tiff/2010/inabetterworld#filmnote

Ménage à trois

Ouf, j’ai couru et je suis arrivée trop tard. Le film de Tom Tykwer (Cours Lola, Cours) était complet, j’ai donc fait la « rushline » avec d’autres gens de la presse. Et puis peu à peu, des personnes sont sorties, alors peu à peu, la file a diminué et j’ai pu entrer. 15 minutes en retard. Je ne savais absolument pas ce que je m’en allais voir, mais j’ai Tykwer alors je me suis laissée porter et le fun à commencer.

Je suis un homme, vous êtes une femme. Nous sommes ensemble depuis 20 ans. Nous nous aimons. Malgré cela, vous rencontrer quelqu’un, un homme, il sera votre amant. De mon côté, l’effet de la coïncidence m’amène moi aussi à rencontrer quelqu’un, un homme, il sera mon amant. On continue à s’aimer. Je vous demande en mariage, vous acceptez. Nous sommes heureux ensemble et avec notre amant. Il n’y a pas deux amants, il n’y en a qu’un. C’est la même personne, le même homme, pour vous comme pour moi. Comment réagiriez-vous si vous l’appreniez?

http://tiff.net/filmsandschedules/tiff/2010/three

Quelques fois un peu absurde (quelques hommages à Wenders), Tykwer nous amène dans des questionnements intéressants au niveau des sexes et des relations. Un film qui mérite discussion.

Un peu de repos s’impose.

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