Cannes jour 5 Festival jour 3 : Rencontres et confusion.

14 mai 2011 at 02:48 (Cannes 11)

Ouf, c’est dur là. Le lever. Très difficile! Mais bon, c’est le dernier de Nanni Moretti ce matin, alors un coup de pied dans le derrière et hop… je retombe dans mon lit. Quelques claques au visage et ça y est, je suis partie vers la position assise. C’est déjà un bon début. Hop, debout, quelques pas vers le réfrigérateur pour un bon jus d’orange. Jus d’orange? Ah merde, je l’ai fini hier. Bon, une chance que j’avais tout préparé mes affaires avant de tomber dans la brume du sommeil. En moins de 30 minutes, je suis prête. J’entends l’alarme de ma coloc se déclencher toutes les 5 minutes. Je ne suis pas seule dans cette situation difficile, mais je crains que je resterai seule dans l’adversité du réveil. Never give up, never surrender, même sans café. Ouais je sais, je suis vraiment dure avec moi-même.

La circulation des transports en commun est fluide maintenant et comme partout ailleurs, le matin c’est plein. Laissez-moi un peu d’espace en quelque part merde! Dans le bus c’est plein, dans les rues la même chose, dans les salles c’est la même rengaine… J’étouffe comme dans un scaphandre. Il fait chaud en plus. Oui, je m’en plains. Ben oui! Parce que, je ne me plains pas de l’hiver, alors je me plains de la chaleur, de l’humidité. Pas capable! Je suis une véritable belette d’automne.

Arrivée au pied du palais, j’entre comme une déesse. C’est la deuxième fois au Grand Théâtre Lumière et c’est un réel plaisir renouvelé. Le film commence et une chance, il est bon. Habemus Papam est en soi une bonne idée de film. À l’annonce de sa nomination en tant que nouveau pape, le Cardinal Melville (Michel Piccoli très juste) remet en question sa compétence à accomplir la tâche papale. Évidemment, avec Moretti on peut s’attendre à avoir de bons moments de rigolade. Surtout qu’il joue un psychanalyste au Vatican.

Je sors de la projection contente de l’avoir vu, mais crevée. Je dois aller faire une sieste où je vais tomber sur place au milieu de la foule et je perdrais mon accréditation et mon sac. Juste avant, envoyez des cartes postales (comprendre ici Chérisse que ça s’en vient et je crois que tu vas aimer… euh s’cusez la!) et allez sortir du casier de presse, la paperasse qui m’attend.

Power nap (sieste puissante, c’est pas très jolie…) de 35 minutes, bonjour! C’est comme si j’avais dormi 5 heures. Ma coloc vient de se lever. Un douze heures pour elle. Mon air de jalousie est perceptible de la plage. Vite, vite en vitesse pour une rencontre avec la cinéaste Sophie Goyette, la conférence de Gus Van Sant et autres merveilles de Cannes.

Avant de partir, je m’aperçois que la poche gauche de mon pantalon est vide. J’ai perdu ma passe d’autobus. Ça me met en maudit raide! Je m’en veux. Je ne l’avais pas encore utilisé pour son prix total. Coloc essaie de me rassurer, mais ça ne marche pas. Je m’étais dit de la mettre dans mon sac aussi! Pourquoi je ne m’écoute jamais?! Le premier bus à venir à nous, c’est le no.1. On le prend. Il est midi et il est plein à craquer. Je suis juste dans le temps, et comme c’est toujours bon de se mettre en danger dans la vie, je dis à ma coloc qu’on va sortir à l’autre arrêt après celui de la gare de bus, en pensant que le bus tournerait à gauche, direction palais du festival. Eh ben non, il tourne à droite et nous ramène quelques kilomètres sur nos pas. Là vraiment, je suis super de bonne humeur, tellement que j’ai le goût d’hurler à la plage que je l’emmerde! Évidemment, le prochain arrêt pour débarquer semble ne jamais venir. Bonheur, joie et allégresse. Merci loi de Murphy de merde!

Finalement, on sort. Moi et les autobus depuis mon arrivée, on n’arrive pas à s’entendre. Soit il ne passe pas, soit j’arrive 2 secondes trop tard à l’arrêt et j’en passe. J’ai un patern de malchance avec le transport en commun d’ici. Ça commence à me tomber royalement sur les nerfs.

 

Tente du Québec

J’aime marcher vite. À ce point, que je me prends parfois pour une championne olympique de course à pied. Sauf que moi, le truc du : il doit toujours y avoir un pied au sol sinon disqualifié, je n’adhère pas. Du à cette discipline, j’ai souvent l’air de quelqu’un qui sait où elle va.  Mais détrompez-vous, mon regard focalisé cache un questionnement existentiel intérieur, demandant un trajet plus complet, de l’aide ou un signe du destin. Je m’en allais au pavillon du Québec, là où je dois rencontrer Sophie.  J’me suis perdue, j’étais un peu en retard et la sueur me coulait partout. Par chance, les employés du festival sont absolument charmants et d’une politesse exemplaire. Toujours prêts à vous aider. J’arrive à la tente.

On dira ce qu’on voudra et l’on pensera de la même façon, mais quand une nation a son pavillon distinct de celui du pays émetteur du passeport, c’est un signe qu’une séparation devrait avoir lieu. Une nation  forte dans un Canada Dry très peu pour moi, malgré mon amour pour le gingembre. Les deux pavillons ne sont mêmes pas côte à côte, ils sont séparés par pleins de pays. C’est tout dire.

Sac en plastique recyclé au nom du Québec gratuit pour mettre une autre tonne de brochures. Bord de plage avec vent et température ambiante intéressante, j’attends. J’ai raté Sophie avant sa rencontre avec des acheteurs pour son court métrage. C’est finalement, mon amie Lawrence que j’ai rencontrée et qui vient de poser pied à Cannes. On jase.

Sophie finit sa rencontre. Je me présente, on jase comme si l’on s’était toujours connu, je lui suggère des films. Elle est au Short Film Corner pour présenter La ronde. Je croyais n’avoir jamais vu de ses films et finalement en parlant, je me rends compte que j’ai vu son oeuvre précédente, Manèges, au TIFF. C’est vraiment super plaisant comme rencontre. Par contre, je dois partir pour la conférence de presse du film Restless. C’est ça les festivals de films, l’horaire peut rendre fou!

Confusion Toilettes

 

Une chance que j’ai un bon sens de l’humour. Une chance! Je devais passer par les toilettes avant la conférence. On me dit qu’elles sont au fond du couloir et à gauche. J’arrive devant l’emplacement. À droite, la porte avec le sigle du bonhomme en pantalon, tout droit celui  de la personne handicapée, à gauche la porte d’entrée du cubicule. Elle est où la porte avec la personne en robe?! Je sors, je demande : « Excusez-moi, est-ce que les toilettes des femmes sont à la même place que celles des hommes? » La réponse est oui. Ah ouain?! Bon, ben allons-y pour l’universalité! De toute façon, je porte le pantalon, donc le sigle correspond à ce que je suis. J’entre, y’a des urinoirs. Je trouve ça bizarre, car habituellement dans les toilettes mixtes ce sont toutes des cabines fermées, mais bon le dicton de la France c’est bien : Liberté, égalité, fraternité… non? C’est vrai aussi que le gars en train de se laver les mains me regarde bizarre, mais bon, c’est pas le premier alors je n’en fais pas de cas.

Après avoir évacué au moins 5 litres d’eau, qui s’est amusé à filtrer mon corps. Je sors de mon cubicule, j’arrive devant le cadre de porte et devant moi… la toilette des dames! Ben oui, elle était cachée par la porte noire de l’entrée! J’ai tellement ri! Non, mais fallait le savoir bordel! Qui avait le plus beau des sourires idiots dans le visage? MOI! Mais là, la question qui vous chicote est : t’es-tu lavé les mains au moins? La réponse est évidente : mets-en! Juste au cas où ma mère lirait le blogue…

 

Aye ma question!!

C’est beau avoir les privilèges de la presse, on agite sa tite passe et hop dans la salle de conférence. Assis à la table principale, semblant être concentré, Henri Béhar, le modérateur/traducteur des conférences, est là. J’me dis que je devrais aller le voir et lui demander une entrevue. Avant que la peur me paralyse, j’y vais. Je m’approche de lui, je m’excuse de le déranger, je lui tends ma main, il l’a serre dans la sienne. Je lui dis que j’aime beaucoup son travail et que j’aimerais l’avoir en entrevue. Sa réponse… «Très difficile, très difficile. » Ouais, je comprends, pas le temps de respirer lui non plus hein?! Il s’excuse, je lui mentionne ma compréhension sans lui montrer ma déception. Effectivement, je suis une personne compréhensive. Ce ne sera que partie remise.

Gus arrive, Gus arrive!! Tout le monde s’assoit, les photos sont prises, les flashes se font aller. Les questions ne sont pas tout intéressantes. Certains crient au génie par rapport à son film. J’irai vraiment pas jusque-là quand même! Tout à coup, moi aussi j’ai une question. Une question sur son film. Je lève ma main. M. Béhar m’indique que je suis prise et que je suis 5e en ligne. J’attends. Les questions précédents la mienne sont interminables, toutes des variations sur le même thème. Je deviens avant-dernière, c’est presque mon tour et finalement, on annonce la fin de la conférence. QUOI?! Ben là! J’avais une super question bon! Là, je suis vraiment déçue. Alors, je la pose ici ma question : « M. Van Sant, vous avez collaboré à la composition de certaines chansons sur votre film avec Danny Elfman, le compositeur principal. Pourriez-vous nous parler de votre collaboration et aussi de ce que vous cherchiez de précis dans la musique? » Elfman, c’est LE compositeur de Tim Burton, de la série télé Les Simpsons, Desperate Housewives et j’en passe puisqu’il en a plus d’une soixantaine à sa feuille de route. Il avait également fait la musique pour le film Milk de Van Sant. Alors, voilà, j’étais curieuse, je voulais vraiment savoir. Si jamais vous savez ou vous êtes Gus Van Sant, une réponse est bienvenue.

Kurosawa interprété

Je me suis permis un autre film. Un documentaire réalisé par la traductrice du réalisateur japonais Akira Kurosawa, mort il y a 12 ans et qui laisse des œuvres absolument incroyables. L’an passé, plusieurs hommages lui ont été rendus à travers le monde, puisqu’il aurait eu 100 ans. Une idole des réalisateurs phares Coppola, Scorsese et j’en passe qui l’ont fait sortir de l’ombre. Un cinéaste majeur, le premier japonais à connaître du succès, cinématographiquement parlant, à l’extérieur du Japon.

Catherine Cadou a commencé à être son interprète, il y a 30 ans, durant le Festival de Cannes. Elle est en fait l’interprète officielle pour les réalisateurs japonais au festival. Elle a voulu, par son documentaire, donner la parole aux Scorsese, Gonzalez Inarritu, Taymor, Bertolucci, etc. afin qu’ils parlent de leur amour pour Kurosawa. Un documentaire avec des entrevues très chouettes, surtout celle avec Scorsese qui parle toujours de cinéma avec des étoiles dans ses yeux et un sourire taquin aux lèvres.

Avant la projection, j’ai rencontré une photographe qui présente un court à Cannes sur un sculpteur de 94 ans qui semble hyper intéressant. Elle m’a invitée à sa première. Mon horaire me fait peur, mais elle était trop heureuse que je sois intéressée, elle veut qu’on en parle après. Wow, comment dire non.

La fin dans le bonheur

 

J’attendais l’appel d’une amie, appelons-la Frisette. Elle m’a laissé un message téléphonique alors que j’étais en visionnement. Finalement, je n’ai pu la rejoindre. J’ai croisé par hasard Lawrence, une cinéaste choisi aussi pour le Short Film Corner. On a décidé d’aller manger ensemble dans un petit resto nommé La bravarde. Pour elle, un risotto au foie gras qui caressait le palais et pour moi des pâtes aux fruits de mer goûtant le bonheur et les produits de qualité. Sympathique, serveurs et serveuses hyper charmant, on a fait l’amour à notre bouffe et on a parfumé ça d’un vin blanc, le moins cher sur la carte, mais le plus extraordinaire. C’était divin, on a parlé, on a ri, on a presque pleuré, les confidences étaient profondes. Le chef est venu voir si ça nous plaisait. C’était le cas et je lui ai mentionné qu’on faisait l’amour à sa nourriture depuis le début. Avouez que c’est le plus beau compliment à dire à un chef! À la serveuse, je m’étais laissée à dire qu’on baisait la bouffe, tellement c’était jouissif, mais au chef je me suis un peu retenue… Les employés nous ont adorés et nous aussi.

Ensuite direction la croisette pour seul but de trouver un party où entrer ou alors de boire une autre bouteille. L’option deux s’est avérée la plus enviable dans le moment. Sur le point de s’asseoir, Lawrence connaissait des amis du Festival international du cinéma francophone en Acadie (Moncton). On s’est installé à leur table. Le dieu de la diffusion du court métrage au Québec est venu nous rejoindre. On est ensuite partie vers un autre endroit pour finir la soirée. Le petit Majectic, l’endroit par excellence pour un verre. Évidemment, il y a foule dehors, mais l’atmosphère est agréable. J’y ai rencontré la relationniste de presse de PhiGroup (Next Floor de Denis Villeneuve, Danse macabre de Pedro Pires). Vraiment là, c’était le comble du nirvana!

J’me suis couchée tard, le cœur rempli de bonheur. Une brosse, ça fait toujours du bien. Évidemment, vous m’auriez rencontrée dans la rue, vous auriez pensé que j’étais quelqu’un qui avait l’air focalisé et qui s’entraînait pour les olympiques en marche rapide, mais jamais vous n’auriez pensé que mon taux d’alcoolémie était à en faire péter la baloune d’un policier.

Épilogue

Ma coloc avait raison. Je l’ai retrouvé ma passe d’autobus. Quand je suis entrée dans la toilette, cette fois-ci sans aucune confusion, elle m’attendait par terre. En conclusion, saoule toi et le ciel t’aidera!

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Un commentaire

  1. Chérisse said,

    Haaaaaa! Ha!…. j’va mourir de rire chérisse!!! En plus d’être tellement cinéphile, tu es follement drôle et pleine d’humour!!! (peut-être le manque de someil?). Vraiment ravie de toutes tes rencontres. En te souhaitant d’en poser une (question), j’attendrai ma carte postale spéciale avec impatience… Merci chérisse pour le beau voyage que tu nous fais faire.

    Bisous.

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