Jour 7-8-9-10 : Festival 5-6-7-8 (en accéléré)

18 mai 2011 at 19:00 (Cannes 11)

J’ai pris trop de retard dans mon blogue pour y aller en détail et je m’en fous. Je tente d’arrêter de m’excuser, alors voilà, je m’en fous! Mais non, ça me trouble au fond, mais si l’expérience Cannes m’a appris quelque chose, c’est de dépasser tout le monde s’en avoir honte de le faire ni s’excuser de l’avoir fait. Ma culpabilité judéo-chrétienne de Québécoise en prend pour sa pneumonie! (Rhume c’était pas assez fort, j’aurai aussi pu y aller pour phase terminale de tuberculose, mais je trouvais ça un peu dépassé.)

Alors, voici en accéléré :

C’EST TOUT. FIN!

Mais non, c’est pour rire, je ne vous laisserai pas tomber. Je fais également un lien avec le premier film vu dimanche dernier soit The Artist du réalisateur de OSS 117, Michel Hazanavicius et son acteur Jean « sourire d’enfer » Dujardin. Un film extraordinaire et sans paroles (ou presque) avec musique grandiose et en noir et blanc. Un pastis, un clin d’œil au film d’époque avec les grands séducteurs du temps comme Douglas Fairbanks et une révolte contre le parlant à la Chaplin, mais avec une décente aux enfers plus saisissante. Un bijou qui a fait crouler de rire les journalistes durant la projection du matin. À voir ! Prix en vue, j’espère !

Ensuite, j’avais au programme trois conférences de presse. J’ai tout laissé tomber et je me suis plongée dans les courts métrages. J’en ai vu plusieurs comme celui de Nicolas Roy, le seul Québécois en compétition à Cannes cette année. Le film est Ce n’est rien et il met en vedette Martin Dubreuil, le pas fin dans les 7 jours du Talion. C’est vraiment bon. J’ai d’ailleurs rencontré le réalisateur plus tard, lors d’un cocktail Téléfilm Canada pour une entrevue. Nicolas a d’ailleurs monté le film Curling de Denis Côté avec Emmanuel Bilodeau et sa fille Philomène.

Également au programme, un court avec des personnages littéraires faits en feutrine. Une coréalisation de Spike Jonze (Adaptation, Being John Malkovich) et Simon Cahn. Un petit bijou d’animation que j’ai trouvé très sympathique et qui se nomme avec raison : Mourir auprès de toi.

Ensuite course rapide vers l’appartement. Douche, power nap, écriture, préparation, etc.

Retour et cocktail au pavillon canadien avec Danny Lennon, grand boubou du court métrage au Québec et partout en fait. J’ai rencontré Nicolas Roy, comme mentionné, mais aussi ses productrices Gabrielle et Ménaïc de Voyous Films et aussi Sophie Goyette et Élaine Hébert, respectivement réalisatrice et productrice (Micro_scope : Incendies de M. Villeuneuve, les films de Philippe Farladeau, etc.) du court La ronde. Belles rencontres.

Le montage audio a commencé dans ma tête pour être prêt le lendemain.

Lundi

 

Plusieurs personnes dans le monde auraient voulu avoir ma passe de presse pour aller voir le dernier de Terrence Malick ce matin. J’en suis sûre et certaine. Les affiches de The Tree of Life sont placardées partout. Le film était attendu de pied ferme. Un O.V.N.I cinématographique. Le 2001, odyssée de l’espace de Malick avec Brad Pitt, Sean Penn, mais surtout la jeune et solide Jessica Chastrain. Une histoire sur la vie, la mort, je ne sais pas trop, vraiment je cherche encore et l’audience du matin était pareille. La moitié de l’assistance a  hué, l’autre a applaudi. C’est 50/50. Une chose est sûre, la direction photo est absolument superbe. L’histoire est un mélange entre une histoire de famille, père strict, mère plus innocente, trois fils et un documentaire du National Geographic où l’on voit la Terre, les mers, les déserts et même des dinosaures. Alors là, j’ai vraiment ri. Des dinosaures… Et boy!

Encore une fois, je n’ai pu entrer à la conférence de presse où l’on attendait Brad « j’me prends vraiment pour Brando » Pitt. Il est passé devant moi, contre mon gré, alors que j’étais dans son passage et que le gardien de sécurité m’a arrêtée juste avant son passage. J’étais vraiment dans la lune et le gardien m’a crié : « Nooonnnnn Mlle!!! Arrêtez, vous ne pouvez pas passer!!!!! » « Pourquoi?! », que je lui ai dit d’un air étonné. Il a fait un signe de tête en direction de Brad. Ah ok, ouain, c’est beau là, j’ai compris, statut! Je suis revenue sur mes pas.

Je suis retournée à l’appartement, pour commencer mon montage. Vite, vite, ça prend du temps!! Un autre cocktail le soir, cette fois de retour au pavillon québécois pour la SODEC et Prend ça court. De la gélato (c’est si bon!), un appel à Échos pour parler à Normand et voir si tout est beau.

Et patati et patata.

Mardi

J’adore le cinéma scandinave. JE L’ADORE!! Pour me gâter, il y en a plein ici. Youppi! Ce matin, le Finlandais Aki Kaurismäki (L’homme sans passé) avec Le havre. J’adore son humour. Le jeu d’acteur est toujours froid, mais les dialogues et les actions sont chaleureux et très humanistes. J’ai beaucoup aimé son film qui parle l’immigration et d’entraide. Les répliquent sont absolument jouissives! Merci la vie pour Aki!

Bon, là c’est la journée Foster, comme dans Jodie Foster. C’est une femme que j’admire énormément. J’ai fait quelques demandes d’entrevue seul à seul, mais sans succès. Alors, il n’était pas question que je rate la conférence de presse pour son film The Beaver. J’étais un mandat pour une super belette comme moi. Tout d’abord, j’ai vu le film où Mel Gibson tient le rôle principal d’un homme en grave dépression qui, pour se sortir du gouffre, passe par une marionnette en peluche a l’effigie d’un castor, qu’il fait parler avec un accent australien. Le castor prend donc toute la place dans la vie personnelle, dans le couple sur le point de rompre, au travail, etc. Mel Gibson est vraiment très bon dans le rôle, mais le film tombe un peu à plat, on ne sait pas où ça s’en va. C’est un beau risque comme film quand même.

Je me suis levée 5 minutes avant la fin. Je suis montée vers la sortie. J’ai attendu le générique. On s’entait la frénésie d’un départ de Formule 1. J’allais courir ma vie de la salle de cinéma à la salle de conférence. Pas question de devoir me faire dire que je n’avais pas accès.

J’ai couru ma vie comme une déchainée. J’étais première en ligne. Je suis entrée dans la salle de conférence avec un sentiment de détente. Il fallait que je pose une question courte et pertinente. Il n’est malheureusement pas rare d’entendre des questions sans intérêt et qui s’éternisent. Le répondant devient alors tout confus et c’est long et pénible.

Arrivée de madame Foster avec le scénariste et le producteur. Présentation. Jodie indique qu’elle a reçu l’ordre de parler strictement en anglais. SCANDALEEE!!!! QUOI? Pour ceux qui ne savent pas, Jodie Foster parle un français exemplaire. Elle a étudié au lycée français de Los Angeles et n’a fait que s’améliorer ensuite.  Les anglos étaient heureux, les Français ont presque déclenchés une grève, j’étais du groupe, mais elle a souri et l’on s’est tous écrasés.

J’ai levé ma main au moins 40 fois avant d’avoir une place au soleil. On me faisait signe que j’étais la suivante puis on m’oubliait. Un air méchant allait apparaître sur mon visage quand la lumière a changé au vert et que j’ai su que j’étais la suivante.

J’avais deux questions. Je me suis levée, j’ai dit bonjour, je me suis nommée, comme le veut la procédure. J’étais confiante. La première était pour le producteur Keith Redmon de la boîte Anonymous Content. Très créative, l’entreprise offre une grande liberté à leurs créateurs et ils ont sous leur tutelle des gens d’expérience comme Mark Romanek (Never Let Me Go) et pour de la pub les Inarittu, Fincher, Soderberg, Kar-Wai et j’en passe. Je voulais donc savoir pourquoi il avait choisi le film.

Alors qu’il me répondait, on a tenté de piquer le micro. J’ai résisté. Y’en était pas question. D’emblée, j’avais mentionné clairement que j’avais deux questions. J’avais posé la première, l’autre était pour Jodie et y’était pas question que ma participation s’arrête là. J’ai donc mentionné poliment à la charmante hôtesse que j’avais une autre question. Des yeux de belette larmoyants, ça pogne tout le temps, elle a donc lâché le micro afin que je me concentre sur la réponse du producteur qui me regardait dans les yeux.

Et puis, je me suis relevée. J’ai monté le micro à mes lèvres. J’ai regardé Jodie et je lui ai dit en français (alors que la question au producteur était en anglais): « Madame Foster, qu’attendez-vous des acteurs lorsque vous êtes réalisatrice et qu’attendez-vous d’un réalisateur lorsque vous êtes actrice? » Elle a dit : « Puisque vous êtes canadienne, vous parlez anglais alors je vais répondre en anglais. » J’ai crié « NNOOONNNN!!! Je suis Québécoise!!!! » C’est là qu’elle a dit en imitant notre accent et je cite «En québécois? C’est ben ben ben l’fun fun fun. Tabarrrrnak. » Et puis, elle a répondu à ma question en anglais. Je suis restée complètement sous le charme. J’ai fait sacrer Jodie Foster! Oh boy! Juste pour ça le voyage valait la peine… et la fatigue. Bonheur quand tu nous tiens. Je savais qu’elle avait de bons amis montréalais, mais là c’était le bout de la crotte. J’adore Jodie Foster! Même si elle n’a pas voulu me signer un autographe quand je me suis ruée vers elle à la fin de l’entrevue. C’est mon erreur en fait, j’aurai dû aller voir le producteur pour un autographe et ensuite lui demander.

Voilà pour l’instant. Il est encore près de 2 heures du matin. Je dois encore me lever tôt demain pour le nouveau Almodovar. Une chance que j’ai fait deux grandes siestes aujourd’hui et que j’ai encore de la gélato dans l’estomac. Je ne soupe jamais avant 21h00 ou 22h00. C’est d’ailleurs, la plupart du temps, mon seul vrai repas contenant toutes les catégories du guide alimentaire canadien sauf que je m’ennuie du brocoli. Pas assez de légumes et trop de viande ici, c’est difficile pour la végé que je suis. Merci aux fruits de mer et au poisson, mais à mon retour attention, je vais vider le marché Jean-Talon de leurs brocolis.

Ah oui j’oubliais, c’était la projection et conférence du dernier Lars von Trier aujourd’hui, Melancholia. Si vous en avez entendu parler, c’est sûrement parce qu’il était attendu (c’est quand même un favori de la croisette ce Lars) et aussi parce qu’il a fait des blagues douteuses… J’y reviendrai. Je sais, je sais, j’aime créer le suspense.

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