Deux histoires sans fin

19 septembre 2011 at 12:02 (TIFF 11)

Les salles de cinéma du festival ont tellement reçu de gens qu’elles sentent toutes un peu le renfermé. Une odeur macabre. Une annonce que la fin est proche. Durant la dernière journée du TIFF, soit dimanche le 18, j’ai opté pour deux visionnements.

Le premier, Turin Horse du hongrois Bélà Tarr, m’a permis de rater le dîner gratuit que me proposait le TIFF lors qu’il annonçait leur prix au Four Season Hotel. Si j’avais choisi cette option, j’aurai ensuite été me gaver de gélato, puisque la boutique n’est pas très loin de là. Mais puisqu’on est cinéphile ou on ne l’est pas, j’ai choisi d’aller en visionnement.

D’une beauté magistrale en noir et blanc, rappelant aisément Le ruban blanc de Michael Haneke, Turin Horse est supposément la dernière œuvre cinématographique du plus célèbre réalisateur de la Hongrie. C’est du moins ce qu’il a annoncé lors du festival de Berlin en février dernier. Il est d’ailleurs, avec le défunt réalisateur britannique Derek Jarman, la principale inspiration de Gus Van Sant. De peu de mots, l’histoire se regarde avec contemplation durant plus de 2h30. Malheureusement, après 1h15 je n’en pouvais plus. Rien ne se passe et ma voisine de gauche faisait des bruits de bouche insupportables en se rongeant les ongles. INSUPPORTABLE!! Or donc, avant de mettre fin à ses jours et de transformer le visionnement en histoire d’horreur, j’ai décidé de quitter la salle. Des fois, on est à moitié cinéphile. Je suis quand même capable de dire que ce film reste une œuvre majeure de Bélà Tarr et qu’un jour je verrai volontiers la deuxième partie.

Avant de m’aventurer vers le dernier film, voici ce que j’ai pu faire :

  • Faire une sieste. Elle m’a semblé être de plusieurs heures, elle n’a pourtant pas dépassé le 40 minutes.
  • Pris mes courriels
  • Parler à Simon pour le souper, une dernière rencontre avant mon départ.
  • Acheter une bouteille de porto. Faut fêter ça!
  • Me balader sur Queen West en dépassant pour la première fois la rue Bathurst (j’aime bien dire ce nom de rue : Bathurst!)
  • Me procurer un café moka glacé pour me réveiller chez Dark Horse, le café hipster de Toronto, proposé par Simon.
  • Rester béante en découvrant une boutique de sacs Crumpler. J’en reviens pas encore!!! Fuck Vuitton, vive Crumpler!! (C’est le facteur nº 15 qui permet d’affirmer que je suis loin d’être ou de vouloir être une princesse…) J’adore les sacs Crumpler!!
  • Entrer dans la boutique Crumpler et dévorer des yeux la marchandise. Ne rien acheter, parce que trop fauchée et loyer, comptes, etc., à payer à mon retour… En pleurer.
  • Retourner au Bell Lightbox pour une photo du mur annonçant l’expo de Fellini et celle de James Franco et Gus Van Sant inspirée de My Own Private Idaho, qui finissaient toute deux dimanche.
  • Regarder les tasses pour en rapporter une à Normand. Elles étaient crissement laides, désolée Normand ça sera un câlin à la place. En fait, tout était assez laid. Je me reprendrai!
  • Sortir du Lightbox pour la dernière fois, la gorge un peu serrée.
  • Me rendre au Scotiabank Theater pour le dernier film.

Le dernier film du festival a été choisi en raison de son titre : Un amour de jeunesse de Mia Hansen-Love (Le père de mes enfants et copine du réalisateur Olivier Assayas). Traduit en anglais par Goodbye First Love. Je trouvais ça thématique comme dernier film. La mauvaise nouvelle est que le film renferme une chose que je déteste : une jeune fille qui pleurniche après un gars qui ne le mérite pas. Les hommes font trop peu souvent la différence entre amour et désire. Les deux peuvent s’entremêler, mais la plupart du temps les hommes désirent et les femmes aiment. Les femmes pensent souvent que les hommes aiment et les hommes pensent que les femmes désirent, mais c’est souvent un leurre à moins d’un engagement profond de part et d’autre et je ne parle pas nécessairement ici de fiançailles ou de mariage. Alors moi les poulettes qui pleurnichent alors que leur « amour » préfère partir à l’aventure pour faire de nouvelles expériences de vie et que quelque temps après le départ, le gars leur écrit pour dire que ça lui fait tellement mal d’être loin sans elle qu’il préfère terminer la relation, ça me tue littéralement. Câlisse me niaises-tu?! Ça m’a mise dans le même état que lorsque j’ai fini Un amour de Swann de Proust et que j’ai garroché le livre sur le mur de la chambre de toutes mes forces. Va chier! J’pense même qu’il a été lancé par la fenêtre et qu’il a atterri sur le terrain. Bref, avant que je commence à hurler et que Atom Egoyan et Arsinée Khanjian (ils étaient dans la salle, quel couple!) me jettent des regards et me face rougir de mes actes, j’ai préféré en finir là, trente minutes avant la fin, et partir vers chez Simon pour le souper de fin de voyage. Je n’avais plus la patience d’être cinéphile.

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