La pluie tombe sur l’amour

20 mai 2012 at 18:29 (Cannes 12, Festivals 2012)

Temps de merde à Cannes, c’est la flotte totale aujourd’hui et je suis en sandale. Scandale! Malgré qu’elles sont imperméables. Ridicule me direz-vous, eh bien pas tant que ça. Ce sont des Keen à trous, et donc partiellement dénudé. Je n’ai pas vraiment senti la pluie sur mes pieds, mais je l’ai senti dans les os et lorsque j’enfilais mon (tout nouveau) kangourou signé Cannes, acheté hier, parce que j’ai oublié une petite laine.

J’ai pris en grippe toutes les personnes qui me dépassaient durant les files d’attente. J’en ai eu pour mon argent, ils en ont eu plein la gueule.

Hier, j’ai vu le nouveau Thomas Vinterberg (Festen, Dear Wendy, Submarino), réalisateur danois que j’aime beaucoup. Par contre, je dois dire que depuis Festen (Célébration), ses œuvres n’ont pas été très transcendantes pour moi. Je suis donc entrée dans la salle Debussy avec appréhension pour voir Jagten (La chasse) mettant en vedette une grande star du Danemark, l’acteur Mads Mikkelsen (Casino Royale, After the Wedding). Je suis sortie de la complètement marqué par ce suspense dramatique et psychologique où une fillette épris du meilleur ami de son père, et son gardien au jardin d’enfants, j’en prends à lui et dit à la directrice de la garderie qu’il lui a montré son pénis. Le doute ravage, parce que tout le monde sait qu’un enfant (qui plus est une jolie mignonne blonde au sourire et à l’intelligence adorable) ne ment pas, alors la directrice, les collègues de travail, les amis et la famille de Lucas. Ce qui est très intéressant, c’est que Vinterberg nous met d’emblée dans la vérité et nous propulse, tout comme le personnage principal, dans l’enfer de l’injustice. Ça va loin. Lucas devient une proie. Un drame psychologique d’une grande puissance, sauf pour certains critiques français que j’aurais assassinés tellement ils étaient condescendants par rapport à l’œuvre. Je ne comprends pas, je crois que Vinterberg est revenu dans un chemin de haut calibre avec ce film. YYYÉÉÉ!!!! Vive le cinéma danois!

J’aimerais ici vous reconfirmer que mes proprios sont absolument merveilleux. La preuve? J’ai demandé à mon proprio William où il avait pris les chocolats fourrés à l’expresso Ferrero. Et vlan, il fait des recherches pour en trouver, parce qu’il les a reçus en cadeau et ça vient d’Italie. Comment résister?

D’autre part, vous savez qui j’ai rencontré hier? Notre Robert Charlebois préféré! Oh que oui. J’ai même été invitée à la projection privée d’un film dans lequel il a un petit rôle et où Gad Elmaleh et Sophie « beauté criminelle » Marceau y ont les rôles principaux. Une comédie romantique fort sympathique! J’en dirai plus bientôt.

Amour/haine

Oui, j’ai vu le dernier Michael Haneke (Le ruban blanc). Son dernier opus intitulé Amour met en vedette Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Rivas. C’est jamais facile de sortir indemne d’un Haneke. Les acteurs sont formidables!!!! La vieillesse entraine Anne dans la paralysie et son mari doit s’occuper d’elle. Un film sans complaisance, un peu froid bien sûr, mais puissant. Par contre, en terme d’œuvre, il ne dépasse pas le Audiard et le Vinterberg. Et on a eu droit à un concerto en toussotement majeur durant tout le film. Je bouillais! Je crois que l’entassement perpétuel dans les foules commence à me ronger.

D’un autre côté, le nouveau Abbas Kiarostami (Copie conforme) m’a tuée raide, dans le sens que j’ai perdu deux heures de ma vie. Son Like Someone in Love, tourné au Japon avec des acteurs japonais, est tellement épuisant en vide que j’aurais déchiré la toile de l’écran si je n’avais pas été assisse au balcon à côté d’un critique qui puait de la bouche. J’ai également amené dans la souffrance les deux (autres) critiques français qui voyaient le film comme un chef-d’œuvre. « Ah! Vous savez, cher ami, Abbas est vraiment le maître de l’observation! » Ta gueule, merdeeeee!!!! Une jolie jeune femme est call-girl, son client est un vieux, il ne la touche pas, il ne veut que parler (une chance où j’aurai crié…). Elle a un petit ami, il est assez crétin et veut la marier pour pouvoir la garder à vue. Un quiproquo les fait rencontrer pis c’est pas mal ça. La deuxième scène du film est réservée aux messages que la jeune fille a sur son répondeur. Interminable, je mangeais mon siège jusqu’à tant que je commence à rêver aux pâtes que je pourrais me faire en arrivant à l’appartement… avec beaucoup de fromage et de poivre. Ça c’était le bout le fun du film, pour moi.

J’ai voulu aller voir Confession of a child of the century de Sylvie Verheyde avec Pete Doherty et Charlotte Gainsbourg. Je croyais que c’était dans la salle Bazin, c’est ce que j’avais écrit au calendrier. J’ai attendu, le film a commencé avec la mention Abbas Kiarostami. Tu me niaises tellement?! Je me suis trompée de salle, c’était à la salle Debussy. J’ai couru, j’ai foncé dans Doherty qui passait pour faire son entrée dans le couloir. Vraiment amoché pauvre petit. Je suis sortie et je n’ai pas pu entrer… J’étais en maudit contre moi, jusqu’à tant que je voie un taxi qui débarquait des passagères. Je suis embarquée dedans, croyant trouver un sauveur pour me ramener au sec (façon de parler parce que mes vêtements étaient mauditement humides…) chez moi et il m’a dit : « Ah non, mademoiselle, je ne peux pas vous prendre, je dois aller à l’arrêt de taxi de l’autre côté de la rue pour prendre les gens qui attendent. » Hein?! QUOI?! On s’est obstiné un peu, j’ai claqué la porte et je suis devenue fâchée contre lui. J’ai marché sous la pluie battante tout en souhaitant éviter une pneumonie.

Je suis saine et sauve, mais trempée. Mes pâtes étaient aussi délicieuses que dans mes pensées durant le Kiarostami.

Un pur bonheur dans ma journée : le film The Sapphires de Wayne Blair, premier long métrage, avec l’acteur irlandais Chris O’Dowd (le policier dans Bridesmaids) que j’adore d’amour pur! Pas juste pour son corps et son accent, mais parce que je le trouve bon… et adorable. Un film sympathique, rien d’exceptionnel, mais de la bonne musique soul, même en temps de guerre du Vietnam avec de jeunes femmes aborigènes de l’Australie essayant de faire carrière en chanson. Avec le bruit de la pluie en background et bien assisse dans la salle Bunuel, j’étais aux anges, même avec mes pantalons qui séchaient directement sur les jambes.

Bonne nuit.

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