La patience

12 septembre 2012 at 20:27 (TIFF 12)

Ça fait 12 ans que je vais au TIFF. Ça fait 12 ans que je croise Gavin Smith, rédacteur en chef de la revue Film Comment. Ça fait 12 ans que je le croise et que je deviens une statut devant lui, incapable de réagir et d’aller lui parler. Comme un Somalien tombé dans un igloo d’un coup, je gèle. Aujourd’hui, je l’ai croisé trois fois. La première fois, il s’est assis à côté de moi à la billetterie de la presse. La deuxième, il m’a suivie dans un cinéma, jusqu’à ce que nos choix de films nous séparent. La troisième, il m’est apparu alors que je sortais de la librairie média. Je lui ai ouvert la porte et j’ai pris mon courage à deux mains.

–       Bonjour… euh… M. Smith?

–       Oui?

–       Bonjour, je m’appelle Julie et j’adore votre revue et votre façon de voir le cinéma. Je vous croise depuis longtemps, mais j’ai toujours été gênée de vous dire bonjour, alors voilà, maintenant c’est fait.

–       Merci beaucoup, c’est très gentil. Merci de nous lire! Bonne soirée.

–       Vous faites de l’excellent travail. Bonne soirée, bon festival.

Sa poignée de main était un peu molle. La main était délicate et douce. Le regard un peu fuyant. C’est un nerd, c’est clair! J’en ai eu quand même pour mon argent.

Merci à mon instinct d’avoir sauté sur l’occasion. Enfin, c’est fait et c’est mon cadeau de 12e année. Surtout que je suis accréditée pour la première fois pour le New York Film Festival, qui célèbre son 50e anniversaire, du 13 septembre au 14 octobre prochain. Le festival ouvre avec Life of Pi de Ang Lee, d’après le livre de Yann Martel.

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The Master, le lien.

12 septembre 2012 at 07:26 (TIFF 12)

Voici finalement le lien pour la conférence de presse du film The Master. Ma voix apparaît à 21 minutes 50 secondes.

http://www.youtube.com/watch?v=QSjcDcpSOG4

Le festival se poursuit et je tente de sortir ma tête de l’eau. Je vous reviens dès que je le pourrai, avec d’autres anecdotes alléchantes!

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Comment faire dire à Paul Thomas Anderson qu’on est son idole

8 septembre 2012 at 18:43 (TIFF 12)

Je ne sais pas ce qui se passe au TIFF cette année, mais les retards s’accumulent. Je ne parle pas de 10 minutes, je parle de 30 minutes à 1h00 de retard pour certaines projections publiques. Habituellement, ils sont assez ponctuels, mais cette année, et on n’en est qu’au deuxième jour, ça dérape un peu. Je ne crois pas, et je tiens à le préciser, que ce soit l’organisation le problème. Des grandes vedettes, ça veut dire aussi de grand égo. Il y a également d’autres facteurs importants comme le trafic.

J’ai donc vu, hier, le tant attendu The Master de Paul Thomas Anderson (Magnolia, Boogie Nights, There Will Be Blood, etc.). Le film présenté précédemment au théâtre Princess of Wales était The Place Beyond the Pines de Derek Cianfrance (Blue Valentine). Le film avait commencé en retard, donc The Master aussi, avec près d’une heure à attendre à l’extérieur. C’était long, je suis contente d’avoir renoncé à mes Fluevog à talons…

Le chef-d’œuvre (Oui!!!) a d’ailleurs été primé aujourd’hui à Venise, remportant le prix du meilleur réalisateur (Ours d’argent) et celui de meilleurs acteurs pour Philip Seymour Hoffman et Joaquin Phoenix. Le film devait commencé à 21h00, mais il a commencé il était presque 22h00, après un trop court bonjour du réalisateur. À la fin du film, tout le monde s’attendait à une période de questions/réponses, mais rien et personne dans le personnel ne semblait au courant (gros fail!). Plusieurs sont restés assis jusqu’à la fin du générique et finalement, voyant que personne ne venait sur scène, les gens sont partis… très déçus.

Après Jodie : Paul!

La seule véritable conférence de presse qui m’intéresse cette année est celle de The Master qui devait commencer à 16h30 (Photocall à 16h25). Il était 16h45, quand j’ai aperçu le producteur Harvey Weinstein dans le passage, à travers une mince ouverture de rideau. J’ai alors twitté : Harvey Weinstein, I see you, don’t try to hide! ‪#TIFF12 Come on start the damn press conference! Late!! TIFF, you’re better than that usually.  Bizarrement, quelques minutes plus tard, l’ouverture se refermait et Weinstein, en compagnie du directeur artistique du festival, Cameron Bailey, montait sur scène pour s’excuser du retard et mentionner qu’il y avait ironiquement une parade sur Jésus et que le trafic bloquait l’arrivée de Anderson. Il a également mentionné la présence de Joaquin Phoenix, mais il n’était pas présent, au grand déplaisir des journalistes présents.

La conférence a commencé quelque temps plus tard. À cause du retard, elle a été malheureusement écourtée. Tristesse. Je voulais poser au réalisateur une question sur le fait que The Master était le premier film sans son directeur photo habituel : Robert Elswit, mais le journaliste juste avant moi, lui a posé. Quand le micro m’a été prêté, j’ai demandé pourquoi Phoenix n’était pas là. Anderson a répondu qu’il était imprévisible et a prestement mentionné (oui, y’a comme détourné la question, le coquin !) : « I have that same tape recorder at home. » (J’ai le même enregistreur audio que vous à la maison.) J’ai pas pu m’empêcher de dire : « You’re my idol ! » Et là… il a dit, et je cite : « You’re my idol ! ».

He said IT !

J’ai le don particulier de faire rire la galerie en conférence de presse, ça l’air. Il y a deux ans, on se souviendra du sacre québécois pousser par madame Foster, à Cannes…

Alors, voilà l’histoire. Je ferai jouer l’extrait quand je le pourrai à CISM et je mettrai le lien de la conférence de presse quand elle sera en ligne.

Bon, maintenant je pars pour voir le documentaire sur David Geffen.

TIFF, je t’aime… et tu me le rends bien !

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Mon George, mon burger

6 septembre 2012 at 22:53 (TIFF 12)

Arrivée hier affamée, j’avais le goût de mon burger végétarien préféré : celui du Tequila Bookworm, situé tout près de mon appartement. Après avoir déposé mes valises, je suis partie vers le sympathique resto. Il était fermé pour rénovation et il était mentionné qu’il rouvrirait ses portes le lendemain, donc aujourd’hui. Je me suis dit que ce n’était que partie remise. J’y suis donc retournée sur l’heure du midi. Mea culpa ici, puisque j’ai enrayé de ma liste le film Sans soleil de Chris Marker, l’œuvre préférée du directeur artistique du festival, Cameron Bailey, afin de déguster le burger que j’avais en tête. Ben oui, mais j’avais faim, bon! Mon sourire s’est éteint lorsque j’ai vu que le resto n’ouvrait qu’à 17h. Il est évident que la loi de Murphy a mis en œuvre mon oubli de lire correctement la note sur la porte du restaurant. Merci salaud! Je suis donc rentrée à l’appartement bredouille, en espérant que la troisième prise serait la bonne.

Les mauvaises nouvelles ne s’arrêtant pas là, j’ai appris que le gugusse qui permet les entrevues téléphoniques à CISM est décédé de sa belle mort. Or donc, aucune possibilité pour moi de faire un topo en direct à La Swompe. J’ai donc décidé de préenregistrer un topo. Craignant une vingtaine de prises minimum, je me suis parlée dans le miroir, en me regardant bien dans les yeux et en m’encourageant comme une cheerleader le jour du Superbowl.  Après une dizaine de prises, j’ai réussi. J’ai gossé comme une mongole pour tenter d’envoyer le fichier trop lourd. Courriel = impossible. Sendspace = téléchargement trop long. Dropbox aussi. Ma lumière cent watts a finalement repris ses esprits lorsque j’ai pensé à mettre le fichier en MP3, au lieu de le garder en WAV. Allume maudit!! Je suis donc passée d’un fichier de 180 Mo à un fichier de moins de 9 Mo. Le temps était contre moi, je voulais voir le nouveau film de Ben Affleck : Argo, à 14h et il était moins une. Finalement, j’ai décidé de m’étendre sur le lit pour une sieste en tentant de me calmer les nerfs.

Joies!

C’est bien beau les malheurs, mais il y a eu des joies aussi. Primo, mon premier film était moyen. Je commence en douceur… C’était All That Matters is Past de Sara Johnsen. Film norvégien. Ensuite, j’ai tenté d’avoir un billet pour la première de The Master, ne pouvant attendre à la projection de presse de samedi. La première est demain, vendredi, alors… Ma première tentative n’a pas été fructueuse, mais la deuxième… OUI! J’étais sûre qu’il ne resterait plus de billet dans la réserve des journalistes, et puis… bonheur, joie, orgasme! Il y en avait un qui m’attendait. Mes Fluevog sont prêts! Mon béguin pour Joaquin Phoenix aussi, mais, tristesse, j’ai su que Philip Seymour Hoffman n’y serait pas.

J’ai presque fini de préparer mon horaire. En soi, c’est une nouvelle qui me fait vraiment chaud au cœur! YÉ! Certains seront surpris d’apprendre que la quantité de films est assez basse. L’âge du Christ, la fatigue, le soleil, la sagesse… peu importe! Je prends ça relax.

J’ai également pu avoir un billet pour la lecture publique de American Beauty dirigé par Jason Reitman (réalisateur de Juno, Up In The Air, etc.). Malgré l’heure de retard, ce fut le temps pour moi de décompresser et de voir et entendre, entre autres, MON George! Oui, Strombo en personne. Ah tellement incroyable! J’ai également utilisé ma nouvelle caméra pour la première fois. Je l’ai déviergé avec American Beauty… quand même! Très sympathique lecture publique de ce film aux répliques assassines et jouissives de 1999, réalisé par Sam Mendes avec le divin Kevin Spacey.

Falafels

De retour vers l’appartement, je salivais follement. Je suis entrée avec beaucoup d’aplomb au Tequila Bookworm, qui s’est doté d’une refonte au niveau décor, en gardant le style chaleureux. J’ai demandé le menu et j’ai cherché partout le burger végétarien. J’ai désespéré et avec des yeux de chat meurtri, j’ai demandé au serveur où était passé le burger. Il m’a dit que ça faisait un bon moment qu’il n’était plus au menu. Ah ben hostie! Ils l’ont remplacé par une poutine à la joue de bœuf! Franchement! J’ai donc opté pour le sandwich falafel et des frites ou comme je l’ai demandé : « with a slice of fries, please ».

–       « You mean a side of fries? », a renchéri le serveur.

Aye! Essaye pas de faire le plus fin avec moi. Le « side » m’a « slidé » sur la langue, l’important c’est les frites, bordel! Mes yeux ont parlé plus que d’autres choses…

C’était bon, mais la digestion risque de nuire au sommeil.

Bonne nuit! Demain, c’est THE MASTER!!!! En 70mm!!!! Mais on va commencer par le dernier Claude Miller : Thérèse Desqueyroux et aussi Le magasin des suicides de Patrice Leconte. Youppi!

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Smile if you masturbate. Spare some change if you enjoy it!

5 septembre 2012 at 21:15 (TIFF 12)

Décidément, les sans-abris torontois ont de l’humour! Ah! Y’a rien comme une bonne sieste, une petite marche dans le quartier, un petit détour dans une bouquinerie et l’achat de deux boules à bain chez Lush pour me remettre sur pieds et être d’attaque pour vous mentionner les films que je suis impatiente de voir.

1)   The Master de Paul Thomas Anderson (Le retour de Joaquin Phoenix, en duo avec Mon Phil Hoffman préféré! YÉ! Avec Amy Adams en bonus et projeté en 70mm. Je vais m’évanouir!!)

2)   Tout ce que tu possèdes de Bernard Émond (Pour ceux qui ne le savent pas… J’aime Bernard Émond et j’ai même le macaron pour le prouver. J’aime aussi Patrick Drolet, même sans macaron pour le prouver.)

3)   Love is All You Need de Susanne Bier (La grande Susanne, aussi connue comme celle qui a eu l’Oscar l’année où Denis Villeneuve était en nomination.  Avec l’immensément talentueuse Paprika Steen, grande actrice danoise, qu’on a vue dans Festen de Vinterberg et Les idiots de Trier. J’ai un bémol de voir Pierce Brosnan dans le casting… mais j’ai foi en Susanne!)

4)   Le magasin des suicides de Patrice Leconte (Raté à Cannes, j’ai presque mordu le gardien de sécurité qui ne voulait pas que je passe, mais j’ai bien vu que c’était pas de sa faute. Ouf, je peux me reprendre!)

5)   Ex aequo, trois films scandinaves (j’inclus ici l’Islande dans la Scandinavie…) :

a)    All That Matters is Past de Sara Johnsen (Norvège) (J’aime le cinéma scandinave)

b)   Blondie de Jesper Ganslandt (Suède) (J’adore le cinéma scandinave)

c)    The Deep de Baltasar Kormákur (Islande/Norvège) (Je vénère le cinéma scandinave et aussi parce que c’est le réalisateur de 101 Reykjavik)

Bon, évidemment, cette liste est sommaire. Vous résumez les 350 films que je veux voir m’aurait pris tout le festival, alors j’ai résisté à la tentation de rester devant mon ordi pendant une semaine et demie. J’irai plutôt me plonger dans des salles obscures pendant 11 jours. Youp, youp, youp, youppi!!

Bonne nuit!

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Loin de la maison

5 septembre 2012 at 15:51 (TIFF 12)

C’est le grand retour du Festival International des films de Toronto (TIFF pour les intimes). Quelques heures de sommeil difficiles, après une soirée d’élection historique, survoltée et tragique, je suis arrivée dans la ville Reine, le cœur embrouillé.

Douze ans à venir au TIFF, mais c’est la première année où je ne suis pas sûre d’être là où je devrais être. L’attentat d’hier m’a vraiment secouée et je n’ai jamais eu autant de difficulté à faire ma valise.

Mon arrivée s’est faite en douceur et pour la première fois par l’aéroport Billy Bishop. Pourquoi je n’ai jamais pensé à cet aéroport avant?! C’est formidable! Sauf pour le 10 minutes où ma phobie du vol aérien m’a fait paniquer et espérer ne pas atterrir dans l’eau. Maudit que j’hais ça! Sinon, en moins de deux heures, j’ai pu admirer à quel point les tours à condos poussent comme ça n’a aucun sens à Toronto, faire mon check-in à l’hôtel (et donc, revoir Clara, qui m’a fait un rabais… YÉ!), aller chercher ma passe de presse (et me tromper de salle deux fois…), faire l’épicerie (dans mes boutiques préférées, incluant le nouveau Loblaw au coin de la rue de l’hôtel, enfin!!) et commencer à écrire une nouvelle aventure cinématographique, version TIFF 2012.  Oui, tout ça en moins de deux heures!! Ah oui, j’ai oublié : suer comme un cochon! Insupportable, mais c’est beaucoup mieux que des réparations qui n’en finissent plus en bas de chez moi, les soirées et les fins de semaine.

Cette année, aucune discrimination pour les nananes envers les journalistes et le public. Les deux ont dans leur sac : un condom, une petite bouteille de coca-cola diète, des allumettes, du popcorn et des coupons-rabais de toutes sortes. Bon, c’est vrai que contrairement au public, les journalistes ont droit à plein d’autres choses, comme une salle avec de la bouffe incroyable (et gratuite, bien sûr!). Ça fait parti du travail… tant que tout le monde à son condom et sa bouteille de coca…

Dans cette brume qui m’entoure le cœur et l’esprit, je n’ai pas pu conclure encore mon horaire. Le pire, c’est que j’ai la vive sensation d’un je-m’en-foutisme que j’essaie d’éviter. Certaines réponses ont pris du temps à venir et ensuite, les élections ont pris le dessus. Je vais donc m’y mettre tout de suite. Une chose est certaine, samedi matin, le 8 septembre prochain, je verrai The Master de Paul Thomas Anderson. C’est l’un des trois ou quatre films qui me donnent envie de rester.

À bientôt!

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