Avant de revenir.

21 mai 2011 at 12:33 (Cannes 11)

Cré journalistes!

À un jour de la fin du festival, je reprends l’écriture avant de perdre Internet. Alors que j’avais promis lors du dernier texte de revenir sur le SCANDDAAALLLEEE!!! de ce cher Lars, je crois qu’il serait préférable de passer l’éponge, mais j’ai quand même quelques mots pour les journalistes.

N’importe quoi!! C’est trop facile de prendre une phrase et de la sortir de son contexte. De faire un fait avec une blague, qu’elle soit de mauvais goût ou non. C’est beaucoup, beaucoup trop facile. Il y a eu trop peu de journalistes qui ont osé écouter ou regardé la conférence de presse au complet et au mieux qui ont suivi attentivement, patiemment assis dans la salle, la rencontre médiatique autour du film Melancholia (un excellent film en passant). Je me demande bien comment les journalistes auraient réagi si la blague avait comporté le nom Pinochet, de Milošević ou des Tonton Macoute. La donne aurait probablement été très différente, mais ce n’est qu’hypothèse. Le scandale, aussi virulent soit-il, est bon pour la promotion. Quand Antéchrist a été présenté à Cannes, Trier s’est exclamé qu’il était le plus grand cinéaste du monde. Encore une blague, qui je dois l’admettre contenait selon moi un peu de vérité ! Les journaux s’en sont régalé et les gens ont été dégoutés. Qui a été au fond des choses ? Peu de gens, puisque c’est plus facile de se faire nourrir par une main automatique, que de le faire nous-mêmes. Tout au long de la conférence de Melancholia, Trier a été assez baveux, il est comme ça. Il peut être tellement plate en entrevue puisque de un, il déteste ça et de deux, il s’en fout. Il ne répond pas vraiment aux questions, il ne cesse de sortir des phrases insensées, c’est un excellent pince s’en rire. Pourquoi vient-il alors, pensez-vous ? Parce qu’il est invité et parce que sa présence remplit la salle de journalistes. Je me range du côté de Catherine Deneuve, lorsqu’elle a répondu à une journaliste concernant Trier, lors de la conférence de presse des Bien-aimés de Christophe Honoré et qu’elle a dit ne pas endosser les propos, mais que le pire dans l’histoire c’est la façon dont la presse internationale a réagi.

 

C’est tout le temps à moi que ça arrive !

Cette semaine, j’ai pris ma culpabilité et ma politesse judéo-chrétienne et je l’ai balancé à la mer, quelles aient nourrir les requins ! Je suis donc arrivée à la première projection du matin avec la ferme intention de ne pas me laisser dépasser par personne et de ne pas m’excuser non plus. Ils sont comme ça ici, pourquoi pas moi ? En arrivant dans la file, j’ai donc pris ma place en bousculant un peu un homme. Il n’a pas semblé en faire de cas sauf pour le court soupir exprimé. Il était en conversation avec des gens. Je suis devenue blanche comme un drap. J’ai reconnu sa voix. J’ai voulu m’enfoncer dans le ciment jusqu’au cou avec un marteau piqueur pour être sûre de ne pas survivre (mais comme le dit une collègue : « Même si tu te mets la tête dans le sable, tes fesses, elles, ne sont pas protégées). J’ai retourné ma tête lentement pour voir le badge de l’homme afin de confirmer la peur. POURQUOI ???!!! C’est bien lui. J’ai tenté de cacher mon visage, de faire semblant que je n’étais pas en train de faire pipi dans mon pantalon. Vous pensez peut-être à une vedette, Robert De Niro ou Jude Law. Mais non, c’est pas quelqu’un de connu nécessairement. Une personne importante pour moi par contre. Son nom : Piers Handling. Profession : Directeur du Festival international des films de Toronto. Ze master zu TIFF. Évidemment, il doit s’en foutre comme dans l’an 40. Il ne me connaît pas une miette. Mais moi, j’admire vraiment cet homme. Les requins m’ont donc retourné en pleine face ce que je leur avais donné, ils ont un excellent lancer. Pourquoi est-ce que les gentils ont toujours torts ?

 

Petits rênes aux nez rouges

Les visages ont changé du blanc au rouge au brun ici. On a tous un teint d’enfer ! Y’a juste le nez qui reste plus rouge. Entre le joli halo de soleil et l’imitation de homard cuit, les cinéphiles ont eu droit à une température incroyable. Trois heures de pluie. 3 heures en deux semaines. Je parle de la température ici puisque ce sera la première question de ma mère à mon retour. Ensuite, elle me parlera de ma sécurité, de ma gentillesse avec les autres et finalement, il y a des chances qu’elle ose : « T’as vu plein de bons films ? » Je sens aussi que le plus vieux de mes frères, si jamais je le croise dans la prochaine année, me demandera le nombre de films vus afin de ne pas en revenir et de me faire sentir comme si ma vie était une perte de temps. Vous êtes curieux du nombre vous aussi ? À Toronto, l’an dernier, j’ai battu mon record et j’ai vu 49 films en 10 jours. À Cannes, je n’ai pu en voir autant, mais ça doit approcher la trentaine. Il faut quand même relativiser et mentionner qu’avec des courts métrages de quelques minutes, ça va vite. Alors, voilà pour le nombre de films et la température, ça pourrait m’aider à réduire le nombre de réponses en leitmotiv.

Silence et toussotements

Je suis fascinée par un rituel bien étrange qui arrive partout et de plus en plus, mais qui ici semble être installé depuis longtemps. À chaque ouverture de rideau, alors que l’annonce visuelle et sonore du festival arrive devant nous et que les derniers mots s’essoufflent pour laisser place au silence, tout le monde en profite pour tousser de bon cœur. C’est systématique chaque fois, sans que personne ne se conscientise, les gorges se débloquent à qui mieux mieux. C’est un concert ridicule et agaçant qui prépare mal l’entrée d’un film. Une habitude qui me fait frissonner. Pour mieux comprendre le phénomène, j’ai tenté l’expérience ce matin. J’ai toussé de bon cœur et en chœur avec tout le monde. Résultat, aucune sensation de bien être particulière, je suis restée la même personne, mis à part mon nez et mes yeux qui étaient comme deux robinets possédés par Satan. J’avais quand même une bonne raison de le faire étant donné mon état, mais je n’ai pas senti le mieux-être auquel je m’attendais. Rien, nada, nothing niet. C’était très décevant comme expérience et je me suis donc résolue à ne plus recommencer à moins d’avoir une bonne raison de le faire, comme un gros matou dans la gorge.

Moment de réveil matinal

 

Quand ça fait une semaine que tu te lèves à 6h30 alors que tu as dormi plus ou moins 4 heures, le réveil est de plus en plus brutal. Donc, ça donne des situations où tu te crèmes à l’antiphlogistine au lieu de mettre de la crème solaire. Ça permet donc de rater ton bus et d’arriver assez juste pour la séance de 8h30 où tu as le cou tordu parce que le dernier siège qui reste est dans la section la plus proche et à l’ouest de l’écran, mais au moins ça te donne un autre paragraphe à mettre dans ton blogue. Positivisme quand tu nous tiens, tu nous tiens en maudit !

Sean

 Sean Penn est un grand acteur. This Must Be The Place de Paolo Sorrentino, un excellent film où il interprète une ancienne vedette de rock (mélange entre Robert Smith de The Cure en habillement, crinière incluse et Ozzy Osbourne au niveau de la démarche et la parole) qui, suite à la mort de son père, part à travers les États-Unis pour le venger. La seule chose de bien intéressante est que j’ai eu son autographe à la sortie de la conférence de presse. J’en suis très fière. Voilà, Sean et moi, on a connecté le temps qu’il glisse le stylo-feutre sur mon magazine, les yeux dans la graisse de bine due à un party qui s’est éternisé. Salut Sean et merci !

Hommage

Moment d’émotion ici, attention. Je tiens à rendre hommage aux jeunes (et un peu moins jeunes…) créateurs venus ici présenter leurs courts métrages. Certains mieux aidés que d’autres, ils sont venus rencontrer le grand monde qui sauront peut-être leur ouvrir les portes du marché cinématographique. Beaucoup ont sacrifié leurs économies, ont dû emprunter pour être dans le feu de l’action. Ceux qui pensent que c’est la belle vie et que tout est payé pour ceux qui se déplacent vous vous tirez dans le pied ! Leur fougue est exemplaire, leur audace grande puisqu’ils se mesurent à une foule très dense de créateurs féroces. La grande différence sera leur authenticité, leur parole singulière, leur manière de voir le monde et de raconter des histoires.

Certains croient à tort que les artistes sont des enfants gâtés. On leur demande de changer de voix, de changer ce qu’ils sont depuis la nuit des temps, comme l’Église le faisait si bien il n’y a pas si longtemps. Demande-t-on à des architectes de devenir des avocats en droit criminel ? En Belgique, il existe un fonds d’aide aux artistes afin de les aider à survivre aux périodes creusent puisque ce n’est pas parce qu’on parle de toi dans les magazines que tu peux beurrer tes toasts. Au Québec, on les met sur le bien-être social, en leur proposant la voix du changement de carrière. Si vous saviez qui est passé par cette voix, dans les grands noms, vous resteriez bouche bée.

Alors, voilà, je lève mon verre à ceux et celles qui persistent et signent. J’ai parlé avec des gens absolument géniaux. J’ai vu des œuvres incroyables, du talent à revendre. Tout le monde le dit, aux Québec on est bourré d’artistes formidables ! Je vous souhaite donc, chers créateurs et créatrices, le plus bel avenir professionnel chez vous, à Cannes et ailleurs. Vous avez tout mon respect d’être venu affronter le grand marché du film cannois.

Pain is not a final destination, but it sucks.

Bon, on est dans le dernier tournant du festival. La fin, la clôture, le trait final, c’est demain ! Mon corps a choisi d’accepter un microbe et de le laisser se multiplier à volonté créant ainsi yeux larmoyants et vitreux, écoulement nasal, un peu de fièvre et beaucoup d’écoeurement. Je suis une combattante, mais y’a des moments où j’aimerais vraiment qu’on me foute la paix. Comme présentement. Là, maintenant. Je parle du microbe, pas du festival. Au contraire, je sens que je vais pleurer lundi lors de mon départ. Autant à mi-chemin, et ça m’arrive tout le temps, j’ai envie de retrouver ma routine montréalaise, autant à la fin du séjour, je ne veux plus partir. J’ai donc trouvé une quincaillerie où j’ai acheté des chaines et des cadenas pour m’attacher au palais du festival, côté plage. J’ai quand même vérifié la température et il semblerait que le beau temps sera au rendez-vous. Deux choses très importantes alors, un bon chapeau et de la crème solaire. Les Québécois aussi sont capables de faire la grève ! J’espère juste que j’aurai encore un peu de force pour le faire, se cadenasser quand on ne voit rien à cause des yeux qui coulent, c’est pas évident.

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Ils n’avaient jamais vu ça

19 mai 2011 at 00:22 (Cannes 11)

C’est étonnant ce qui peut m’arriver des fois. Prenez par exemple mon casier de presse. C’est là que tous les dossiers de presse, les horaires de la journée, les infos importantes sont mises à chaque jour. On scanne notre carte de presse et on ouvre notre casier attribué. Il y a quelques jours, mon casier était vide depuis près de 36 heures. Quelque chose clochait, puisque j’allais le vider au moins 5 fois par jour tous les jours depuis une semaine. J’ai donc été faire un tour au centre de presse audiovisuelle afin de m’informer. On m’a dit que je n’avais pas de casier. Hein?! Ben là, ça se peut pas j’ai une tour de pise en dossier de presse chez moi! Un Empire State Building de papier qui va me coûter la peau des fesses en surplus de bagages! Impossible, il paraît, car sur ma passe ce n’était pas indiqué : Caisier : # …

La dame a pris ma passe et elle est partie voir le patron. Elle est revenue avec les points d’interrogation dans les yeux. « Vous n’aviez pas de casier, mais on va vous en fournir un. » Euh, s’cuse-moi, ça fait une semaine complète que j’en vide un. Je scanne, j’ouvre, je vide. HHEEELLLLOOOO!!!! J’suis un peu folle, mais pas complètement partie quand même?! Je suis restée calme. On m’a dit qu’il serait prêt le lendemain. J’ai donc maintenant, un nouveau casier de presse. Tous les membres, incluant leur patron, n’en sont pas revenus. Ça ne leur était jamais arrivé. « Mais qui vous a dit que c’était ce nombre sur votre passe qui vous indiquait le numéro de casier? », m’a-t-on demandé. « La personne qui m’a remis ma passe la veille de l’ouverture du festival. Je vous le dis que ça fait une semaine que j’y vais. J’ai même, une fois, oublié de scanner ma passe et la porte refusait de s’ouvrir. » On m’a invitée à aller leur montrer. Devant la petite porte, J’ai tenté l’ouverture sans avoir scanner en signifiant que la loi de Murphy allait faire en sorte que j’allais passer pour folle. Elle s’est ouverte, sans qu’on est scanné la carte de presse. Elle était vide. La préposée est restée aussi bête que moi. Je suis sûre qu’elles ne m’ont pas crue.

J’ai été ouvrir mon nouveau casier. Il était bondé, j’ai fait du recyclage intense et je me suis procuré ce qui manquait. Deux jours complets sans dossiers de presse. J’ai maintenant la tour la plus haute au monde. Elle monte vers l’apocalypse que me mènera définitivement vers l’enfer des frais insupportables d’excès de bagages. Allons à la poste tout de suite.

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Jour 7-8-9-10 : Festival 5-6-7-8 (en accéléré)

18 mai 2011 at 19:00 (Cannes 11)

J’ai pris trop de retard dans mon blogue pour y aller en détail et je m’en fous. Je tente d’arrêter de m’excuser, alors voilà, je m’en fous! Mais non, ça me trouble au fond, mais si l’expérience Cannes m’a appris quelque chose, c’est de dépasser tout le monde s’en avoir honte de le faire ni s’excuser de l’avoir fait. Ma culpabilité judéo-chrétienne de Québécoise en prend pour sa pneumonie! (Rhume c’était pas assez fort, j’aurai aussi pu y aller pour phase terminale de tuberculose, mais je trouvais ça un peu dépassé.)

Alors, voici en accéléré :

C’EST TOUT. FIN!

Mais non, c’est pour rire, je ne vous laisserai pas tomber. Je fais également un lien avec le premier film vu dimanche dernier soit The Artist du réalisateur de OSS 117, Michel Hazanavicius et son acteur Jean « sourire d’enfer » Dujardin. Un film extraordinaire et sans paroles (ou presque) avec musique grandiose et en noir et blanc. Un pastis, un clin d’œil au film d’époque avec les grands séducteurs du temps comme Douglas Fairbanks et une révolte contre le parlant à la Chaplin, mais avec une décente aux enfers plus saisissante. Un bijou qui a fait crouler de rire les journalistes durant la projection du matin. À voir ! Prix en vue, j’espère !

Ensuite, j’avais au programme trois conférences de presse. J’ai tout laissé tomber et je me suis plongée dans les courts métrages. J’en ai vu plusieurs comme celui de Nicolas Roy, le seul Québécois en compétition à Cannes cette année. Le film est Ce n’est rien et il met en vedette Martin Dubreuil, le pas fin dans les 7 jours du Talion. C’est vraiment bon. J’ai d’ailleurs rencontré le réalisateur plus tard, lors d’un cocktail Téléfilm Canada pour une entrevue. Nicolas a d’ailleurs monté le film Curling de Denis Côté avec Emmanuel Bilodeau et sa fille Philomène.

Également au programme, un court avec des personnages littéraires faits en feutrine. Une coréalisation de Spike Jonze (Adaptation, Being John Malkovich) et Simon Cahn. Un petit bijou d’animation que j’ai trouvé très sympathique et qui se nomme avec raison : Mourir auprès de toi.

Ensuite course rapide vers l’appartement. Douche, power nap, écriture, préparation, etc.

Retour et cocktail au pavillon canadien avec Danny Lennon, grand boubou du court métrage au Québec et partout en fait. J’ai rencontré Nicolas Roy, comme mentionné, mais aussi ses productrices Gabrielle et Ménaïc de Voyous Films et aussi Sophie Goyette et Élaine Hébert, respectivement réalisatrice et productrice (Micro_scope : Incendies de M. Villeuneuve, les films de Philippe Farladeau, etc.) du court La ronde. Belles rencontres.

Le montage audio a commencé dans ma tête pour être prêt le lendemain.

Lundi

 

Plusieurs personnes dans le monde auraient voulu avoir ma passe de presse pour aller voir le dernier de Terrence Malick ce matin. J’en suis sûre et certaine. Les affiches de The Tree of Life sont placardées partout. Le film était attendu de pied ferme. Un O.V.N.I cinématographique. Le 2001, odyssée de l’espace de Malick avec Brad Pitt, Sean Penn, mais surtout la jeune et solide Jessica Chastrain. Une histoire sur la vie, la mort, je ne sais pas trop, vraiment je cherche encore et l’audience du matin était pareille. La moitié de l’assistance a  hué, l’autre a applaudi. C’est 50/50. Une chose est sûre, la direction photo est absolument superbe. L’histoire est un mélange entre une histoire de famille, père strict, mère plus innocente, trois fils et un documentaire du National Geographic où l’on voit la Terre, les mers, les déserts et même des dinosaures. Alors là, j’ai vraiment ri. Des dinosaures… Et boy!

Encore une fois, je n’ai pu entrer à la conférence de presse où l’on attendait Brad « j’me prends vraiment pour Brando » Pitt. Il est passé devant moi, contre mon gré, alors que j’étais dans son passage et que le gardien de sécurité m’a arrêtée juste avant son passage. J’étais vraiment dans la lune et le gardien m’a crié : « Nooonnnnn Mlle!!! Arrêtez, vous ne pouvez pas passer!!!!! » « Pourquoi?! », que je lui ai dit d’un air étonné. Il a fait un signe de tête en direction de Brad. Ah ok, ouain, c’est beau là, j’ai compris, statut! Je suis revenue sur mes pas.

Je suis retournée à l’appartement, pour commencer mon montage. Vite, vite, ça prend du temps!! Un autre cocktail le soir, cette fois de retour au pavillon québécois pour la SODEC et Prend ça court. De la gélato (c’est si bon!), un appel à Échos pour parler à Normand et voir si tout est beau.

Et patati et patata.

Mardi

J’adore le cinéma scandinave. JE L’ADORE!! Pour me gâter, il y en a plein ici. Youppi! Ce matin, le Finlandais Aki Kaurismäki (L’homme sans passé) avec Le havre. J’adore son humour. Le jeu d’acteur est toujours froid, mais les dialogues et les actions sont chaleureux et très humanistes. J’ai beaucoup aimé son film qui parle l’immigration et d’entraide. Les répliquent sont absolument jouissives! Merci la vie pour Aki!

Bon, là c’est la journée Foster, comme dans Jodie Foster. C’est une femme que j’admire énormément. J’ai fait quelques demandes d’entrevue seul à seul, mais sans succès. Alors, il n’était pas question que je rate la conférence de presse pour son film The Beaver. J’étais un mandat pour une super belette comme moi. Tout d’abord, j’ai vu le film où Mel Gibson tient le rôle principal d’un homme en grave dépression qui, pour se sortir du gouffre, passe par une marionnette en peluche a l’effigie d’un castor, qu’il fait parler avec un accent australien. Le castor prend donc toute la place dans la vie personnelle, dans le couple sur le point de rompre, au travail, etc. Mel Gibson est vraiment très bon dans le rôle, mais le film tombe un peu à plat, on ne sait pas où ça s’en va. C’est un beau risque comme film quand même.

Je me suis levée 5 minutes avant la fin. Je suis montée vers la sortie. J’ai attendu le générique. On s’entait la frénésie d’un départ de Formule 1. J’allais courir ma vie de la salle de cinéma à la salle de conférence. Pas question de devoir me faire dire que je n’avais pas accès.

J’ai couru ma vie comme une déchainée. J’étais première en ligne. Je suis entrée dans la salle de conférence avec un sentiment de détente. Il fallait que je pose une question courte et pertinente. Il n’est malheureusement pas rare d’entendre des questions sans intérêt et qui s’éternisent. Le répondant devient alors tout confus et c’est long et pénible.

Arrivée de madame Foster avec le scénariste et le producteur. Présentation. Jodie indique qu’elle a reçu l’ordre de parler strictement en anglais. SCANDALEEE!!!! QUOI? Pour ceux qui ne savent pas, Jodie Foster parle un français exemplaire. Elle a étudié au lycée français de Los Angeles et n’a fait que s’améliorer ensuite.  Les anglos étaient heureux, les Français ont presque déclenchés une grève, j’étais du groupe, mais elle a souri et l’on s’est tous écrasés.

J’ai levé ma main au moins 40 fois avant d’avoir une place au soleil. On me faisait signe que j’étais la suivante puis on m’oubliait. Un air méchant allait apparaître sur mon visage quand la lumière a changé au vert et que j’ai su que j’étais la suivante.

J’avais deux questions. Je me suis levée, j’ai dit bonjour, je me suis nommée, comme le veut la procédure. J’étais confiante. La première était pour le producteur Keith Redmon de la boîte Anonymous Content. Très créative, l’entreprise offre une grande liberté à leurs créateurs et ils ont sous leur tutelle des gens d’expérience comme Mark Romanek (Never Let Me Go) et pour de la pub les Inarittu, Fincher, Soderberg, Kar-Wai et j’en passe. Je voulais donc savoir pourquoi il avait choisi le film.

Alors qu’il me répondait, on a tenté de piquer le micro. J’ai résisté. Y’en était pas question. D’emblée, j’avais mentionné clairement que j’avais deux questions. J’avais posé la première, l’autre était pour Jodie et y’était pas question que ma participation s’arrête là. J’ai donc mentionné poliment à la charmante hôtesse que j’avais une autre question. Des yeux de belette larmoyants, ça pogne tout le temps, elle a donc lâché le micro afin que je me concentre sur la réponse du producteur qui me regardait dans les yeux.

Et puis, je me suis relevée. J’ai monté le micro à mes lèvres. J’ai regardé Jodie et je lui ai dit en français (alors que la question au producteur était en anglais): « Madame Foster, qu’attendez-vous des acteurs lorsque vous êtes réalisatrice et qu’attendez-vous d’un réalisateur lorsque vous êtes actrice? » Elle a dit : « Puisque vous êtes canadienne, vous parlez anglais alors je vais répondre en anglais. » J’ai crié « NNOOONNNN!!! Je suis Québécoise!!!! » C’est là qu’elle a dit en imitant notre accent et je cite «En québécois? C’est ben ben ben l’fun fun fun. Tabarrrrnak. » Et puis, elle a répondu à ma question en anglais. Je suis restée complètement sous le charme. J’ai fait sacrer Jodie Foster! Oh boy! Juste pour ça le voyage valait la peine… et la fatigue. Bonheur quand tu nous tiens. Je savais qu’elle avait de bons amis montréalais, mais là c’était le bout de la crotte. J’adore Jodie Foster! Même si elle n’a pas voulu me signer un autographe quand je me suis ruée vers elle à la fin de l’entrevue. C’est mon erreur en fait, j’aurai dû aller voir le producteur pour un autographe et ensuite lui demander.

Voilà pour l’instant. Il est encore près de 2 heures du matin. Je dois encore me lever tôt demain pour le nouveau Almodovar. Une chance que j’ai fait deux grandes siestes aujourd’hui et que j’ai encore de la gélato dans l’estomac. Je ne soupe jamais avant 21h00 ou 22h00. C’est d’ailleurs, la plupart du temps, mon seul vrai repas contenant toutes les catégories du guide alimentaire canadien sauf que je m’ennuie du brocoli. Pas assez de légumes et trop de viande ici, c’est difficile pour la végé que je suis. Merci aux fruits de mer et au poisson, mais à mon retour attention, je vais vider le marché Jean-Talon de leurs brocolis.

Ah oui j’oubliais, c’était la projection et conférence du dernier Lars von Trier aujourd’hui, Melancholia. Si vous en avez entendu parler, c’est sûrement parce qu’il était attendu (c’est quand même un favori de la croisette ce Lars) et aussi parce qu’il a fait des blagues douteuses… J’y reviendrai. Je sais, je sais, j’aime créer le suspense.

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Cannes jour 6, Festival jour 4 (retour en arrière)

18 mai 2011 at 17:29 (Cannes 11)


ARRRGGG!!

J’ai pas été voir Pirates des Caraïbes ce matin 8h30. J’ai préféré dormir. Il paraît que je n’ai rien manqué. Par contre, Johnny m’en a tellement voulu que je n’ai pas pu entrer pour la conférence de presse.

Laissez-moi vous dire qu’une horde de journalistes furieux, ça fait peur, très peur, sauf si vous êtes gardien de sécurité, vous restez alors de glace. J’avais la barrière au bas du ventre, j’étais la prochaine à entrer et puis les vedettes sont arrivées. Johnny m’a fait coucou bien sûr et Pénélope avait une taille de guêpe dans sa robe bleu azur. C’est ensuite que tout s’est enclenché. Ils ont fermé l’accès, même s’il restait un peu de la place à l’intérieur, selon certains, mais puisque la conférence commençait personne ne pouvait entrer. J’ai eu droit à des coups, de la bousculade. Devant moi les gardiens qui incitaient au calme, derrière un groupe de Cro-Magnon en furie comme si l’on venait de leur couper leur ratio de farine pour la vie. J’ai eu peur, j’ai demandé de l’aide, avec un teint pâle à rendre jaloux un fantôme, à un gardien. Ça fait chier de ne pas être entré, mais je n’irai pas jusqu’à engueuler les gardiens pour leur travail, ils sont supers chouettes et compétents. Ne tirez pas sur le messager. Un coup parti, ne le bousculez pas non plus. Ça prit quelques instants pour me ressaisir. Ensuite, je suis passée à autre chose et j’ai dit bye bye à Johnny sur l’écran qui diffusait la conférence, près de moi.

Films en compétition

J’aime beaucoup découvrir de nouveaux talents. Fouiner dans des sélections de festival à part, mais étant donné la préparation au niveau travail que j’ai à faire, j’ai pas trop le temps de le faire et ça me manque. Je reste donc à voir plus de grands films en compétition que des trouvailles. Même si du côté court métrage, j’en ai vu d’excellents.

Après Marie-Jan Seille au Québec qui est passé, le temps d’un film, de directrice de casting à réalisatrice en 2004 pour La lune viendra d’elle-même,  il est rare de voir ce genre de changement de voie. Le directeur de casting de Michael Haneke (Le ruban blanc) vient d’entreprendre ce chemin professionnel. Avec Michael, Markus Schleinzer signe une première réalisation et le film est présenté en compétition cette année. Pas pire, pas pire et surtout très attendu. Quand tu es lié à Haneke, tu es respecté. Il a été accueilli en salle par des applaudissements nourris. Un visage droit et fier, il me rappelait un peu Tom Ford (le designer et cinéaste du magnifique A Single Man), élégant et digne, mais avec un air autrichien un peu surélevé (jugement gratuit ici…). Pour ce qui est du film, certains l’ont trouvé insupportable et se sont retenus de juger leur désapprobation en présence du réalisateur et de l’acteur principal. On entre dans la vie d’un pédophile qui tient un enfant prisonnier chez lui. Des scènes graphiques? Non, oubliez ça et c’est tant mieux! Par contre, quelques fois moins on en montre, pire c’est. La tension est soutenue par la lenteur de l’action, si action il y a. C’est par contre dans les moments de calme que les surprises nous prennent au détour. La fin en queue de poisson nous laisse sur notre faim. « Tout ça pour ça??!! », s’est exclamé mon voisin de droite.

Ensuite, c’était le p’tit dernier des frères Dardenne. J’en ai croisé un par hasard quelques jours plus tard près du Short Film Corner, je l’ai salué d’un sourire. Était-ce Luc ou Jean-Pierre? Je crois que c’était Jean-Pierre, mais sait-on jamais, je suis du genre à me tromper facilement de personne. Les noms et les visages, je n’y arrive pas facilement.

Le gamin au vélo a donc été très bien accueilli. Histoire touchante et simple, d’un petit bonhomme rejeté par son père qui est pris en charge par une inconnue rencontrée par hasard. Le jeu du jeune garçon est super. Un bon moment de cinéma, mais pas le meilleur pour moi à ce jour.

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Quel jour? Quelle date?

17 mai 2011 at 18:58 (Cannes 11)

Mon nom, s.v.p.?

 

Pas d’inquiétudes! Je vais bien. Ça ne paraîtra pas à 100% dans le texte suivant, mais sincèrement, je vais bien. Cannes c’est dur, très dur. Mes 10 ans de TIFF, ont été un terrain de jeu précaire où le calme prévalait contrairement à la folie d’ici. C’est vraiment difficile ici. Peut-être est-ce à cause des topos à faire, du travail à rédiger  pour Échos, des films que je ne veux pas rater, des événements à assister des repas à prendre (parce qu’il faut bien manger! Je mange peu, mais je fais de mon mieux).  Mon nom? Je ne m’en souviens plus. Lorsqu’on me le demande, je tends ma passe de presse, il est écrit dessus.

Mon Normand.

Mon collège, ami et mentor, Normand, est un homme extraordinaire! Je désire fortement lui rendre hommage en cette journée débile puisqu’il me réconforte, m’encourage, me fait du bien et me remet les pieds sur terre. Normand, je l’aime d’un amour pur, doux, intense et éternel. « T’exagères fille, arrête là! », pourrait-il me dire. Mais non, je n’exagère pas. Il a été la personne la plus « cheerleader » de mon pré et présent périple! J’ai quand même mangé deux incroyables gélatos à son honneur! Normand, je t’aime et merci pour les bons mots aux bons moments, en courriel ou au téléphone!

Aujourd’hui, on parle d’aujourd’hui, demain on parlera du passé.

Rapidement, aujourd’hui :

  • Film de Jodie Foster : The Beaver. Bof, mais Mel Gibson y est solide!
  • Conférence de presse de Jodie Foster. Pas question de la rater. Je ne l’ai pas raté. J’ai posé une question à Jodie qui ne répondait qu’en anglais, comme demandé par le festival. 25 minutes 40, je pose ma question au producteur du film, dans j’admire la boîte de production : Anonymous Content : http://www.anonymouscontent.com/
  • Vers les 27 minutes, ma question à Jodie est posée et elle répond en anglais. Je lui dis que je suis québécoise et demande qu’elle réponde en français… Elle répond finalement, en imitant l’accent québécois, ce que vous découvrirez dans la conférence. http://www.festival-cannes.com/fr/mediaPlayer/11366.html
  • Je suis sous le choc, c’est géant de rencontrer Jodie Foster! Je l’adore et elle a un français exemplaire. Sauf lorsqu’elle parle le québécois, elle se relâche un peu! ;0)
  • Ensuite, l’enfer a commencé.
  • J’ai été demandé au quartier général pourquoi je n’ai plus rien dans mon casier de presse depuis 2 jours. Ils m’ont dit que je n’avais pas de casier de presse. Ben, voyons donc?! Ça fait une semaine que je scanne ma carte et que j’ouvre la petite porte en lien avec le numéro spécifié sur ma carte. Ben non, il paraît que c’était pas mon casier… Ils vont m’en donner un… Et ben. Ça fait donc une semaine que je prends des dossiers de presse de films dans un casier qui est barré lorsque je ne scanne pas ma carte de presse et c’est pas supposé m’appartenir. À ce qu’il parait, ils n’ont jamais vu ça. Ben là! C’est long, je perds du temps.
  • Lavage oblige. Entre dans l’appartement. Prends le linge sale. L’enfouie dans un sac. Sors, attends le bus, arrive à la buanderie. Pleins de problèmes, mais réussi à laver et sécher mon linge. C’était censé prendre 50 minutes, ça prit 1h45. Je suis en retard pour un cocktail où j’avais rendez-vous avec quelqu’un depuis un bout!!
  • J’attends le putain de bus pendant 20 minutes… à l’heure de pointe. Je veux hurler de rage. Je déteste être en retard.
  • J’entre enfin à l’appartement, je suis découragée. Je devais écrire à la buanderie, mais pas de prise de courant. Ma batterie se vide trop facilement. Mon ordinateur s’éteint pour rien. Ma clé Internet se décompose et tombe en morceaux… J’ai failli échapper et briser mon ordi. Je sus comme jamais, je pus encore plus.
  • Douche froide pour les idées, la tête et le corps. Je voulais assister à l’hommage de Jean-Paul Belmondo, mais finalement, je me désiste.
  • J’arrive au cocktail 40ème anniversaire du FNC 15 minutes avant la fin. Je rencontre la personne, je l’adore. Une promesse, c’est une promesse. Dommage que je sois en retard.
  • Je suis tannée, la fatigue est complète. Je veux juste aller souper avec des amis et me détendre autour d’un vrai bon repas avec une bouteille, mais avant je saute sur Claude Chamberlan pour lui demander un câlin. C’est le cofondateur du Festival du nouveau cinéma. Il n’est pas retissant. Un câlin bien senti!
  • Gang de collègues, on marche vers le resto. Indécision.
  • Le groupe se divise. Je reste avec Lawrence Côté-Collins et Sophie Goyette, deux réalisatrices que j’aime dans la vie privée et professionnellement. On parle, on fait l’amour à notre nourriture, on boit. Le tout au resto La Bravarde. J’ai adopté ce resto, c’est bon, magique et les confidences se font complètes et sincères.
  • Je marche jusqu’à l’appartement avec Sophie, qui reste proche. Des feux d’artifice avec comme musique de fond les vagues de la mer se font entendre et voir tout au loin. Quel pays en compétition? Où est le pont Jacques-Cartier? Je suis à Cannes! C’est génial!!
  • J’entre chez moi. Coloc est là. On jase. Je regarde finalement la conférence de Jodie et commence à y croire. C’est bon la vie!
  • Je suis crevée morte… pus capable, mais je tiens bon. Cannes c’est un feu roulant et constant. Un tourbillon entrainant où on ne veut rien manquer et comme j’ai de la difficulté à mettre des barrières d’arrêt (surstimulée?), je veux être partout. C’est un défaut incontrôlable ici. Un  carrousel dont le manège dérape et tourne à une vitesse folle, alors qu’on tente de capturer tous les moments qui passent trop vite et où l’on s’accroche comme jamais à la tige du cheval de métal qu’on avait choisi.
  • Demain, c’est le dernier du maître danois, M. Lars von Trier. J’aimerais porter mon t-shirt d’Ingmar Bergman en lettrage Iron Maiden lors de la conférence de presse. Est-ce que je lui poserai une question? Pourra-t-il surpasser Jodie Foster? Je crains que non.
  • Dodo, c’est primordial pour ma survie.

Bonne nuit! Et merci à Lawrence et Sophie pour la belle soirée. Vous êtes vraiment des personnes que j’admire profondément!

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Cannes jour 5 Festival jour 3 : Rencontres et confusion.

14 mai 2011 at 02:48 (Cannes 11)

Ouf, c’est dur là. Le lever. Très difficile! Mais bon, c’est le dernier de Nanni Moretti ce matin, alors un coup de pied dans le derrière et hop… je retombe dans mon lit. Quelques claques au visage et ça y est, je suis partie vers la position assise. C’est déjà un bon début. Hop, debout, quelques pas vers le réfrigérateur pour un bon jus d’orange. Jus d’orange? Ah merde, je l’ai fini hier. Bon, une chance que j’avais tout préparé mes affaires avant de tomber dans la brume du sommeil. En moins de 30 minutes, je suis prête. J’entends l’alarme de ma coloc se déclencher toutes les 5 minutes. Je ne suis pas seule dans cette situation difficile, mais je crains que je resterai seule dans l’adversité du réveil. Never give up, never surrender, même sans café. Ouais je sais, je suis vraiment dure avec moi-même.

La circulation des transports en commun est fluide maintenant et comme partout ailleurs, le matin c’est plein. Laissez-moi un peu d’espace en quelque part merde! Dans le bus c’est plein, dans les rues la même chose, dans les salles c’est la même rengaine… J’étouffe comme dans un scaphandre. Il fait chaud en plus. Oui, je m’en plains. Ben oui! Parce que, je ne me plains pas de l’hiver, alors je me plains de la chaleur, de l’humidité. Pas capable! Je suis une véritable belette d’automne.

Arrivée au pied du palais, j’entre comme une déesse. C’est la deuxième fois au Grand Théâtre Lumière et c’est un réel plaisir renouvelé. Le film commence et une chance, il est bon. Habemus Papam est en soi une bonne idée de film. À l’annonce de sa nomination en tant que nouveau pape, le Cardinal Melville (Michel Piccoli très juste) remet en question sa compétence à accomplir la tâche papale. Évidemment, avec Moretti on peut s’attendre à avoir de bons moments de rigolade. Surtout qu’il joue un psychanalyste au Vatican.

Je sors de la projection contente de l’avoir vu, mais crevée. Je dois aller faire une sieste où je vais tomber sur place au milieu de la foule et je perdrais mon accréditation et mon sac. Juste avant, envoyez des cartes postales (comprendre ici Chérisse que ça s’en vient et je crois que tu vas aimer… euh s’cusez la!) et allez sortir du casier de presse, la paperasse qui m’attend.

Power nap (sieste puissante, c’est pas très jolie…) de 35 minutes, bonjour! C’est comme si j’avais dormi 5 heures. Ma coloc vient de se lever. Un douze heures pour elle. Mon air de jalousie est perceptible de la plage. Vite, vite en vitesse pour une rencontre avec la cinéaste Sophie Goyette, la conférence de Gus Van Sant et autres merveilles de Cannes.

Avant de partir, je m’aperçois que la poche gauche de mon pantalon est vide. J’ai perdu ma passe d’autobus. Ça me met en maudit raide! Je m’en veux. Je ne l’avais pas encore utilisé pour son prix total. Coloc essaie de me rassurer, mais ça ne marche pas. Je m’étais dit de la mettre dans mon sac aussi! Pourquoi je ne m’écoute jamais?! Le premier bus à venir à nous, c’est le no.1. On le prend. Il est midi et il est plein à craquer. Je suis juste dans le temps, et comme c’est toujours bon de se mettre en danger dans la vie, je dis à ma coloc qu’on va sortir à l’autre arrêt après celui de la gare de bus, en pensant que le bus tournerait à gauche, direction palais du festival. Eh ben non, il tourne à droite et nous ramène quelques kilomètres sur nos pas. Là vraiment, je suis super de bonne humeur, tellement que j’ai le goût d’hurler à la plage que je l’emmerde! Évidemment, le prochain arrêt pour débarquer semble ne jamais venir. Bonheur, joie et allégresse. Merci loi de Murphy de merde!

Finalement, on sort. Moi et les autobus depuis mon arrivée, on n’arrive pas à s’entendre. Soit il ne passe pas, soit j’arrive 2 secondes trop tard à l’arrêt et j’en passe. J’ai un patern de malchance avec le transport en commun d’ici. Ça commence à me tomber royalement sur les nerfs.

 

Tente du Québec

J’aime marcher vite. À ce point, que je me prends parfois pour une championne olympique de course à pied. Sauf que moi, le truc du : il doit toujours y avoir un pied au sol sinon disqualifié, je n’adhère pas. Du à cette discipline, j’ai souvent l’air de quelqu’un qui sait où elle va.  Mais détrompez-vous, mon regard focalisé cache un questionnement existentiel intérieur, demandant un trajet plus complet, de l’aide ou un signe du destin. Je m’en allais au pavillon du Québec, là où je dois rencontrer Sophie.  J’me suis perdue, j’étais un peu en retard et la sueur me coulait partout. Par chance, les employés du festival sont absolument charmants et d’une politesse exemplaire. Toujours prêts à vous aider. J’arrive à la tente.

On dira ce qu’on voudra et l’on pensera de la même façon, mais quand une nation a son pavillon distinct de celui du pays émetteur du passeport, c’est un signe qu’une séparation devrait avoir lieu. Une nation  forte dans un Canada Dry très peu pour moi, malgré mon amour pour le gingembre. Les deux pavillons ne sont mêmes pas côte à côte, ils sont séparés par pleins de pays. C’est tout dire.

Sac en plastique recyclé au nom du Québec gratuit pour mettre une autre tonne de brochures. Bord de plage avec vent et température ambiante intéressante, j’attends. J’ai raté Sophie avant sa rencontre avec des acheteurs pour son court métrage. C’est finalement, mon amie Lawrence que j’ai rencontrée et qui vient de poser pied à Cannes. On jase.

Sophie finit sa rencontre. Je me présente, on jase comme si l’on s’était toujours connu, je lui suggère des films. Elle est au Short Film Corner pour présenter La ronde. Je croyais n’avoir jamais vu de ses films et finalement en parlant, je me rends compte que j’ai vu son oeuvre précédente, Manèges, au TIFF. C’est vraiment super plaisant comme rencontre. Par contre, je dois partir pour la conférence de presse du film Restless. C’est ça les festivals de films, l’horaire peut rendre fou!

Confusion Toilettes

 

Une chance que j’ai un bon sens de l’humour. Une chance! Je devais passer par les toilettes avant la conférence. On me dit qu’elles sont au fond du couloir et à gauche. J’arrive devant l’emplacement. À droite, la porte avec le sigle du bonhomme en pantalon, tout droit celui  de la personne handicapée, à gauche la porte d’entrée du cubicule. Elle est où la porte avec la personne en robe?! Je sors, je demande : « Excusez-moi, est-ce que les toilettes des femmes sont à la même place que celles des hommes? » La réponse est oui. Ah ouain?! Bon, ben allons-y pour l’universalité! De toute façon, je porte le pantalon, donc le sigle correspond à ce que je suis. J’entre, y’a des urinoirs. Je trouve ça bizarre, car habituellement dans les toilettes mixtes ce sont toutes des cabines fermées, mais bon le dicton de la France c’est bien : Liberté, égalité, fraternité… non? C’est vrai aussi que le gars en train de se laver les mains me regarde bizarre, mais bon, c’est pas le premier alors je n’en fais pas de cas.

Après avoir évacué au moins 5 litres d’eau, qui s’est amusé à filtrer mon corps. Je sors de mon cubicule, j’arrive devant le cadre de porte et devant moi… la toilette des dames! Ben oui, elle était cachée par la porte noire de l’entrée! J’ai tellement ri! Non, mais fallait le savoir bordel! Qui avait le plus beau des sourires idiots dans le visage? MOI! Mais là, la question qui vous chicote est : t’es-tu lavé les mains au moins? La réponse est évidente : mets-en! Juste au cas où ma mère lirait le blogue…

 

Aye ma question!!

C’est beau avoir les privilèges de la presse, on agite sa tite passe et hop dans la salle de conférence. Assis à la table principale, semblant être concentré, Henri Béhar, le modérateur/traducteur des conférences, est là. J’me dis que je devrais aller le voir et lui demander une entrevue. Avant que la peur me paralyse, j’y vais. Je m’approche de lui, je m’excuse de le déranger, je lui tends ma main, il l’a serre dans la sienne. Je lui dis que j’aime beaucoup son travail et que j’aimerais l’avoir en entrevue. Sa réponse… «Très difficile, très difficile. » Ouais, je comprends, pas le temps de respirer lui non plus hein?! Il s’excuse, je lui mentionne ma compréhension sans lui montrer ma déception. Effectivement, je suis une personne compréhensive. Ce ne sera que partie remise.

Gus arrive, Gus arrive!! Tout le monde s’assoit, les photos sont prises, les flashes se font aller. Les questions ne sont pas tout intéressantes. Certains crient au génie par rapport à son film. J’irai vraiment pas jusque-là quand même! Tout à coup, moi aussi j’ai une question. Une question sur son film. Je lève ma main. M. Béhar m’indique que je suis prise et que je suis 5e en ligne. J’attends. Les questions précédents la mienne sont interminables, toutes des variations sur le même thème. Je deviens avant-dernière, c’est presque mon tour et finalement, on annonce la fin de la conférence. QUOI?! Ben là! J’avais une super question bon! Là, je suis vraiment déçue. Alors, je la pose ici ma question : « M. Van Sant, vous avez collaboré à la composition de certaines chansons sur votre film avec Danny Elfman, le compositeur principal. Pourriez-vous nous parler de votre collaboration et aussi de ce que vous cherchiez de précis dans la musique? » Elfman, c’est LE compositeur de Tim Burton, de la série télé Les Simpsons, Desperate Housewives et j’en passe puisqu’il en a plus d’une soixantaine à sa feuille de route. Il avait également fait la musique pour le film Milk de Van Sant. Alors, voilà, j’étais curieuse, je voulais vraiment savoir. Si jamais vous savez ou vous êtes Gus Van Sant, une réponse est bienvenue.

Kurosawa interprété

Je me suis permis un autre film. Un documentaire réalisé par la traductrice du réalisateur japonais Akira Kurosawa, mort il y a 12 ans et qui laisse des œuvres absolument incroyables. L’an passé, plusieurs hommages lui ont été rendus à travers le monde, puisqu’il aurait eu 100 ans. Une idole des réalisateurs phares Coppola, Scorsese et j’en passe qui l’ont fait sortir de l’ombre. Un cinéaste majeur, le premier japonais à connaître du succès, cinématographiquement parlant, à l’extérieur du Japon.

Catherine Cadou a commencé à être son interprète, il y a 30 ans, durant le Festival de Cannes. Elle est en fait l’interprète officielle pour les réalisateurs japonais au festival. Elle a voulu, par son documentaire, donner la parole aux Scorsese, Gonzalez Inarritu, Taymor, Bertolucci, etc. afin qu’ils parlent de leur amour pour Kurosawa. Un documentaire avec des entrevues très chouettes, surtout celle avec Scorsese qui parle toujours de cinéma avec des étoiles dans ses yeux et un sourire taquin aux lèvres.

Avant la projection, j’ai rencontré une photographe qui présente un court à Cannes sur un sculpteur de 94 ans qui semble hyper intéressant. Elle m’a invitée à sa première. Mon horaire me fait peur, mais elle était trop heureuse que je sois intéressée, elle veut qu’on en parle après. Wow, comment dire non.

La fin dans le bonheur

 

J’attendais l’appel d’une amie, appelons-la Frisette. Elle m’a laissé un message téléphonique alors que j’étais en visionnement. Finalement, je n’ai pu la rejoindre. J’ai croisé par hasard Lawrence, une cinéaste choisi aussi pour le Short Film Corner. On a décidé d’aller manger ensemble dans un petit resto nommé La bravarde. Pour elle, un risotto au foie gras qui caressait le palais et pour moi des pâtes aux fruits de mer goûtant le bonheur et les produits de qualité. Sympathique, serveurs et serveuses hyper charmant, on a fait l’amour à notre bouffe et on a parfumé ça d’un vin blanc, le moins cher sur la carte, mais le plus extraordinaire. C’était divin, on a parlé, on a ri, on a presque pleuré, les confidences étaient profondes. Le chef est venu voir si ça nous plaisait. C’était le cas et je lui ai mentionné qu’on faisait l’amour à sa nourriture depuis le début. Avouez que c’est le plus beau compliment à dire à un chef! À la serveuse, je m’étais laissée à dire qu’on baisait la bouffe, tellement c’était jouissif, mais au chef je me suis un peu retenue… Les employés nous ont adorés et nous aussi.

Ensuite direction la croisette pour seul but de trouver un party où entrer ou alors de boire une autre bouteille. L’option deux s’est avérée la plus enviable dans le moment. Sur le point de s’asseoir, Lawrence connaissait des amis du Festival international du cinéma francophone en Acadie (Moncton). On s’est installé à leur table. Le dieu de la diffusion du court métrage au Québec est venu nous rejoindre. On est ensuite partie vers un autre endroit pour finir la soirée. Le petit Majectic, l’endroit par excellence pour un verre. Évidemment, il y a foule dehors, mais l’atmosphère est agréable. J’y ai rencontré la relationniste de presse de PhiGroup (Next Floor de Denis Villeneuve, Danse macabre de Pedro Pires). Vraiment là, c’était le comble du nirvana!

J’me suis couchée tard, le cœur rempli de bonheur. Une brosse, ça fait toujours du bien. Évidemment, vous m’auriez rencontrée dans la rue, vous auriez pensé que j’étais quelqu’un qui avait l’air focalisé et qui s’entraînait pour les olympiques en marche rapide, mais jamais vous n’auriez pensé que mon taux d’alcoolémie était à en faire péter la baloune d’un policier.

Épilogue

Ma coloc avait raison. Je l’ai retrouvé ma passe d’autobus. Quand je suis entrée dans la toilette, cette fois-ci sans aucune confusion, elle m’attendait par terre. En conclusion, saoule toi et le ciel t’aidera!

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Cannes jour 4, Festival jour 2: 1 chef d’oeuvre, déjà.

12 mai 2011 at 11:54 (Cannes 11)

Des frissons devant l’excellence!

 

Jusqu’où iriez-vous pour votre enfant si celui-ci commettait un irréparable carnage sans avoir de remords? Comment serait votre vie? Comment feriez-vous face à la situation, au jugement des autres? Comment feriez-vous pour survivre? Serait-ce de votre faute? Est-ce que votre comportement avec lui aurait à jouer dans la suite des choses? Et si vous étiez sa femme, celle qui l’a porté, mais qui ne le voulait pas vraiment?

Il y a de cela un bon moment, j’avais entendu la critique du livre We Need to Talk About Kevin de la romancière étasunienne Lionel Shriver avec la jolie voix de René Homier-Roy (que j’aime d’un amour pur, doux et simple… et il sent bon en plus…). Il était eeexxxccceesssiivveeement sous le charme du livre. Un livre puissant selon lui. J’avais gardé le nom en tête.

Digression : Oui, c’est une écrivaine et elle s’appelle Lionel. Pourquoi? Parce que son vrai nom est Margaret Ann Shriver et qu’elle a changé son nom durant l’adolescence, car elle croyait que la vie serait plus facile avec un nom masculin. Poursuivons maintenant…

Ce matin, j’allais donc voir l’adaptation cinématographique de la réalisatrice Lynne Ramsay. Je croyais ne pas la connaître, mais en faisant mes recherches, je me suis aperçue que c’est la réalisatrice de Morvern Callar qui avait eu un certain succès au début des années 2000.

La présentation avait lieu au Grand Théâtre Lumière. LE théâtre des premières. Là où LE tapis rouge est installé. Des poils de bras dressés (si mes cheveux n’avaient pas été attachés, j’aurais eu le plus beau des mohawks!), j’ai monté les célèbres marches cannoises. Le nombre de légendes ayant fait de même est hallucinant, j’ai marché sur les pas de mes idoles, j’ai frôlé le nirvana de l’élégance cinématographique et tout en haut, je me suis arrêtée, je me suis retournée et j’ai regardé la vue la gorge nouée par l’émotion. J’ai pas manqué le moment présent, je l’ai respiré à plein poumon, je lui ai souri à pleines lèvres crémées d’un baume à la pomme grenade. La classe en pantalon court et en chemise de tous les jours!

« Mesdames, Messieurs, veuillez gagner vos places, la séance va commencer! » Pendant l’heure cinquante qui a suivi, j’ai vu un film d’exception, une interprétation d’exception (Tilda Swinton), un scénario qui hante, des regards qui brûlent, une histoire qui détruit en apprenant à ce reconstruire. La dernière fois que j’ai eu un visage muet et aussi bouche bée après une représentation, c’était Magnolia de Paul Thomas Anderson ou alors la plupart des films de Von Trier.  Si la réalisatrice avait été là, je lui aurais sauté au corps pour la frencher! J’en reviens pas encore. C’est un film très maîtrisé qui allie sensibilité, discrétion et présence des sens, horreur et tendresse ainsi qu’un suspense dramatique soutenu. Si jamais Tilda Swinton ne gagne pas la palme de la meilleure interprète féminine, je crierai SCANDALE à pleins poumons! Lynne Ramsay mérite également des honneurs pour la réalisation. La découverte du film reste le jeune Ezra Miller qui en un regard vous glacera le sang, dans le rôle de Kevin adolescent. Un excellent film, une œuvre majeure. C’était le meilleur film que je pouvais voir en premier dans cette salle mythique.

Soyons fous!

 

Il y a de ces réalisateurs qui font en sortent qu’on ne peut voir d’autres œuvres après les leurs de peur que notre jugement soit brimé. Lynne Ramsay étant maintenant de cette catégorie, j’ai failli ne pas aller voir Restless de Gus Van Sant, qui ouvrait la section Un certain regard. Mais je me suis secouée un peu.

Charmant film. Histoire d’amour entre un jeune homme perturbé par la mort de ses parents et une jeune fille en phase terminale d’un cancer. Jeunes fous dans les bras de l’amour à court terme. Tout est à jouer, rien n’est à perdre, sauf l’un et l’autre. Vraiment charmant. Évidemment, c’est pas la première fois qu’on entend ce scénario, mais Van Sant est tellement bon pour filmer la folle jeunesse! Un Harold et Maude version ados. Un excellent film de sortie amoureuse. Le seul bémol, j’avais encore mon premier film en tête et dans le corps.

 

Attendre pour rien

La conférence de presse pour le film Restless devait se faire à 15h00. J’ai donc pris du temps pour écrire et faire quelques trucs urgents que je tardais de faire. J’ai donc appris vers 14 h 40 que la conférence était reportée au lendemain. Aucune idée pourquoi, personne ne semblait savoir. Eh ben! Probablement qu’ils ne sont pas tout arrivés.

Courrier

Quand tu es journaliste et que tu vas dans un festival de film avec cette fonction, tu as droit à un casier où est déposé chaque jour des programmes et publicité de toutes sortes. Pour nous renseigner et nous charmer à la fois. Chaque année, je rapporte au moins 15 livres de paperasse. C’est pas des blagues! J’ai quand même payé un supplément de 50$ au dernier TIFF pour excès de bagages et c’est pas à cause des deux t-shirts que j’avais acheté. Cette fois, je ne sais pas comment je vais faire pour tout garder. Ça fait juste 2 jours que le festival est commencé et j’ai déjà une pile impressionnante de magazine, de papiers, de dossier de presse. Là-dessus, je n’inclus pas le fait que mon appartement n’a plus de place pour ce genre de truc. Je crois que je vais en envoyer par la poste d’ici pour m’aider… Si vous avez un meilleur conseil, n’hésitez pas!

Conclusion live!

Ce soir, mon topo radio sera  en direct de Cannes! Mes chers animateurs de La Swompe, ainsi que leurs auditeurs, seront gâtés rare! Après trois ans de couverture du TIFF à CISM, je suis très heureuse d’être leur première journaliste envoyée à Cannes. C’est ma façon de célébrer les 20 ans de la station. La marge à Cannes. WOW!!

Bon, je dois préparer plein de trucs et aller voir si je peux foncer dans des vedettes sur la plage.

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Cannes Jour 3. Festival jour 1. De Woody à Allen.

12 mai 2011 at 10:56 (Cannes 11)

C’est aujourd’hui que ça se passe! Oh que oui! Today is ZE day! Le Festival de Cannes s’ouvre aujourd’hui, pour la presse dès 11h00, pour l’officialité de la chose dès 19h00, incluant tapis rouge, montée des marches et paparazzis au pied du palais.

J’ai terminé mon dixième Festival Intl des films de Toronto (TIFF) au mois de septembre dernier avec le film You Will Meet a Tall Dark Stranger du plus névrosé des réalisateurs étasuniens, Woody Allen. Je commence Cannes, huit mois plus tard, avec un nouveau film du même réalisateur, Midnight in Paris. Je ne sais pas si c’est parce qu’il m’en veut de ne pas avoir trop apprécié ses récentes œuvres ou s’il a peur de mourir bientôt et veut en mettre plein la vue, mais il cartonne le mec !  J’aime bien Woody Allen, en fait non, j’aime bien les films de Woody Allen, pour ce qui est de sa vie privée, elle me donne encore un peu la chair de poule, mais bon, c’est pas de mes affaires. Je suis par contre encore accrochée à ses plus vieux succès comme Annie Hall, Zelig, Bananas, Manhattan et j’en passe. Ses plus récentes œuvres n’ont pas, sauf peut-être Vicky Christina Barcelona, eu trop de charme sur moi. Il est devenu selon moi, et je sais que ses inconditionnels risquent de me ramasser s’ils ne s’assument pas, sur le neutre au niveau des thèmes et du traitement. Woody à son charme, certes, mais son cinéma est devenu une routine comme des pantoufles qu’on porte depuis longtemps. Quand on va voir du Woody Allen, on sait à quoi s’attendre, il reste dans ses pantoufles : confortable, sympathique, rigolo, il nous fait son charme. Je ne m’attendais donc pas à être éblouît pour le premier film vu sur la croisette.

Je me suis retrouvée dans la section Badge presse rose entouré de journalistes de partout à travers le monde. Le finlandais du coin me faisait de l’effet, les Luxembourgeois étaient très rigolos. La couleur des badges classe les gens en priorité ou en sous-merde, c’est selon la couleur. Les blanches sont vénérées, les rose avec pastille aussi, la mienne (rose sans pastille) indique que je suis journaliste qui doit publier souvent, car en lien avec la radio. Si j’avais écrit pour un mensuel, j’aurais peut-être eu la bleue et ça aurait été terrible, puisque ce sont supposément les derniers à entrer. Nous, on entre après les badges blancs et rose pastille. Mon badge a été touché pour être sûr qu’il n’était pas faux, ensuite les détecteurs de métal corporel et finalement la vérification des sacs. La montée des marches, vers la salle Debussy, où l’on frôle des pieds le tapis rouge (pas l’officiel, mais tout comme !) c’est un moment magique. Je n’ai pu m’empêcher de me retourner en haut des marches, mais je me suis retenue d’envoyer la main… quand même ! L’entrée dans la salle, des gardiens partout habillés dans leur costume beige très sombre, mais classe. Je me suis assise dans la section de gauche. Bancs rouges confortables, écran immense, ambiance fébrile. Trop fatiguée pour être énervée comme une puce, je suis restée ébahie et profitant du moment présent avec fierté.

On annonce le début du film en indiquant les messages habituels : « FERMER VOS MAUDITS CELLULAIRES !! » Bien sûr, le tout est fait avec classe et de façon polie. La musique officielle du festival se fait entendre. À l’écran, des marches défilent annonçant les marques de noblesse du festival. Le film commence, la salle est remplie à craquer. Je suis avec des journalistes du monde entier !

Woodywooo !

Fantastique ! Oui, j’ai complètement craqué pour le film Midnight in Paris. Un délire cinématographique complet. L’humour charmant est là et on voyage dans le Paris des années 2010, 1920 et 1890. On rencontre Hemmingway, Lautrec, Degas, Cole Porter, Zelda et Scott Fitzgerald, Bunuel, Man Ray, Dali (sublime Adrien Brody). Au début, j’avoue que le jeu de Rachel McAdams et Owen Wilson détonnait, mais le tout s’est bien enchaîné. Une lettre d’amour à Paris et aux grands artistes signé Woody Allen, avec beaucoup de charme. Les applaudissements ont suivi la fin de la projection. Sortie bientôt, un conseil… COUREZ le voir ! Sortie prévue le 3 juin au Québec.

Jeanne

Il y a de ces gens qui nous marquent. Ayant fait mon cégep en Lettres profil art dramatique et ayant choisi de ne pas entrer en concentration théâtre, mais de continuer en littérature et cinéma, j’ai balayé d’un coup les encouragements que des professeurs me donnaient au niveau théâtre. Ce n’est rien de bien extraordinaire, j’ai suivi un autre chemin, c’est tout.  Mais je le prends toujours comme un privilège de me faire encourager de la sorte.

Plus de 13 ans (déjà !) après avoir fini mes classes collégiales, je recroise Jeanne Ostiguy, professeur, mentor pour certains, actrice, productrice et aventurière. Professeure jadis à mon cégep, elle a été l’une des personnes à me faire les plus beaux compliments sur mon jeu, alors que je n’ai jamais eu la chance d’être son élève. Alors qu’elle présente un court métrage réalisé par Humberto Mendez, en tant que qu’interprète et productrice, dans le cadre du Short Film Corner.  Énergique femme, je l’ai interpellé. La surprise était aussi grande de part et d’autre. On s’échange nos contacts, on se retrouvera bien.

2 conférences et demie avec les plus grands

 

Après une courte ballade dans un trafic humain, je suis arrivée pour voir la fin de la conférence de M. Allen et ses copains. À la finale, un gros plan sur lui, s’en allant la goutte au nez, un mouchoir à la main. L’élégance du nerveux !

En deuxième partie, le récipiendaire de la palme d’or d’honneur : Bernardo Bertolucci. Assise cette fois, dans la salle de presse, crayon et calepin en main, il est arrivé en chaise roulante avec une casquette style Serge Losique. Je suis restée bête. Hein ? Mais Bernardo, que sait-il passé ? Je n’en sais pas plus pour l’instant. On a seulement souligné dans la presse des problèmes de santé depuis 2 ans. Par contre, rassurez-vous, il n’a pas perdu de sa verve ! S’exprimant dans un français où l’accent l’italien ajoutait au charme, il a expliqué tout l’honneur de recevoir le prix, qui sera désormais remis à chaque année à un réalisateur qui n’a jamais été honoré par une Palme D’or. C’est d’ailleurs De Niro qui lui a remis le soir même. En réponse à la question d’un journaliste qui se demandait si Robert allait dire quelque chose. Bertolucci a mentionné que le célèbre Bob était  un « homme assez laconique ». Tout le long de la conférence, il s’est adressé la plus part du temps en français.  Il a parlé d’une fête qu’il a déjà donnée chez lui avec les membres de la nouvelle vague chinoise qui incluait des réalisateurs comme Zhang Yimou ou Chen Kaige, qui d’ailleurs joue le rôle de capitaine de garde dans The Last Emperor. Ensuite, il a parlé futur avec son nouveau projet, lui qui n’en avait plus depuis quelques années et qui ne croyait pas refaire un film, voici qu’il désire tourner en 3D, probablement avec beaucoup de mouvements de Dolly, dus à sa chaise roulante, s’est-il exclamé.  Henri Béhar, le célèbre modérateur et traduction des conférences de presse de Cannes et Toronto a lancé : « Alors le film comprendra 1 lieu, 2 personnages et 3D ? » Bertolucci a acquiescé en riant. Il a ensuite mentionné que le succès peut rendre fou et s’est ce qui a de pires quand on remporte les honneurs. Il donnait en exemple le succès d’Un tango à Paris où dans l’année qui s’en suivit, il a vécu à cent à l’heure pensant que tout lui était dû. Bref, une belle rencontre avec le maestro qui est reparti sous les applaudissements chaleureux de la presse après avoir répondu à une dernière question sur l’importance de la sexualité dans ses films. Henri Béhar a alors dit : « Désolé, mais tu as seulement 30 secondes pour répondre. »  Et Bertolucci de répondre: « So it’s will be a quicky ! ».

Le jury et son président

 Eh bien oui, ils sont tous là ! Robert De Niro au centre et dans le champ de vision de toutes les caméras, accompagné par les réalisateurs Olivier Assayas, Johnnie To, Mahamat-Saleh Haroun (le cinéma du Tchad, c’est lui seul… ou presque !), des actrices Uma Thurman (avec ses grosses lunettes fumées et l’air de s’emmerder), Martina Gusman d’Argentine, le séducteur Jude Law (et son air supérieur, espérons que c’était une façade…), la productrice Nansun Shi et finalement l’écrivaine norvégienne Linn Ullmann (oui, fille du grand Ingmar Bergman et de la légendaire Liv Ullman. Présidente de la fondation Ingmar Bergman également. Une beauté très sophistiquée qui était des plus aimables et sympathique avec la presse. Un charme !). Tout ce beau monde devant moi ! Bizarrement, je n’étais pas le moindrement impressionnée. Eh non. Ça doit être la fatigue.

Les points forts de la conférence en accéléré :

  • Ça fait 35 ans que De Niro vient à Cannes.
  • Le président ne cherche rien en particulier dans les films qui viendront à ses yeux. Pas de points précis. Rien d’autres de vraiment pertinent à ajouter… Vraiment un homme de peu de mots.
  • Le réalisateur Tchadien, Mahamet-Saleh a fait en sorte, avec son prix à Cannes l’an dernier pour Un homme qui crie, de démontrer l’importance du cinéma dans son pays. Il y aura donc une école de cinéma qu’il dirigera et des fonds débloqués pour les jeunes cinéastes et le Tchad a maintenant depuis quelque temps son premier cinéma nommé Le Normandie.
  • Lynn Ullman a répondu à une question très peu pertinente (ou seulement mal posé…) indiquant si elle s’attendait à ce que ses copains du jury lui posent des questions sur ses parents. Elle a mentionné qu’elle n’en avait aucune idée, mais que le but de l’exercice du jury était de parler cinéma.  Elle a enchaîné que son père, depuis son enfance et ce jusqu’à la mort du réalisateur de Persona, lui faisait voir environ 2 films par jour, tous les jours. « This is your education. », lui aurait dit le paternel. WOW ! Là, j’étais sous le charme !
  • Le jury s’est rencontré pour la première fois lundi dernier.
  • Ils verront 20 films au total en 2 semaines.
  • Le modérateur Henri Béhar a lancé en conclusion : The fun is over ! Now the work begins !

Mais pourquoi ?!

 Un second film. Sleeping Beauty de Julia Leigh. Je ne sais pas quoi dire à part ceci : si un homme avait réalisé ce film long et à la limite de l’emmerdement sur une jeune fille libertine et paumée qui prend un emploi en tant que « dormeuse » et se fait toucher par des hommes qui ont payés cher pour le privilège, pénétration exclue… Et bien, tous les féministes du monde seraient aux barricades en train de vouloir le brûler. Mais c’est une femme alors… Vraiment, j’ai presque hâte de voir la conférence en différer parce que je veux comprendre POURQUOI ??!!

Fin avant de continuer

 Maudite grève des transports en commun ! C’est intolérable ! Mais ça ne sera qu’une journée alors tant mieux. Je suis crevée, j’ai peu mangée et beaucoup trotté, j’en vais me coucher.

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Cannes jour 2: St-Tite et visite.

11 mai 2011 at 02:18 (Cannes 11)

Deux heures de retard sur mon itinéraire original, mais sincèrement je m’en fous comme l’an 40. J’me suis couchée tard et j’avais besoin de récupérer. Les bouchons dans mes oreilles ont fait en sortent d’éliminer le bruit urbain des shooters au moteur de choppers castrés ainsi que l’alarme de mon cadran qui a dû sonné à répétition depuis les deux dernières heures. Rien entendu.

Je récupère mon accréditation de presse tantôt et j’aurai (enfin!!) accès à Internet.

Accès

 

À l’aise comme un poisson dans l’eau! Oh que oui! Je m’en vais vers le Palais afin de récupérer mon accréditation, comme si j’avais fait ça toute ma vie. Ou presque.  Je me suis procuré une passe de transport pour la semaine. Pour 11 euros, faudrait être fou de s’en passer. J’attends l’autobus. Il arrive. Je monte. Je présente ma carte et je demande comment on l’utilise à la chauffeuse. On la montre, on la met sur une plaque électronique, on la glisse quelque part, on fait une danse? Elle me regarde d’un air interdit et me répond qu’il faut la mettre dans la machine située à un mètre derrière elle. Je me dirige donc vers la fameuse machine. Comment l’insérer? C’est à mon tour d’avoir un air interdit au visage. Ne m’expliquez surtout pas clairement comment faire s.v.p.! Heureusement, une gentille dame, comme il s’en trouve beaucoup ici, présente chauffeuse d’autobus exclue, me montre comment faire. AAAAHHHH!!! OK! Et voilà, je suis maintenant une pro du car, comme il l’appelle ici!

Récupération

La cour des grands c’est ici, sur la croisette. L’avenue des accréditations est ouverte, j’y entre pour aller chercher ma passe, un sac, horaires et programmes. Je croyais qu’il y aurait foule et puis non, l’accès est facile lorsque tu ne portes pas d’arme blanche. Parce qu’ici tu es passé au détecteur toutes les cinq minutes. Récupération de l’accréditation rose nanane. Eh oui c’est bien moi, fière représentante de CISM 89,3FM la marge! Ma photo, mon nom, mon code-barre, mon numéro de casier postal de presse. Je suis maintenant officiellement fichée comme journaliste accrédité! YAHOO!!

Récupération du fameux sac à surprises, contenant l’horaire, le programme et qui, lorsque porté à l’extérieur de Cannes fait des jaloux. C’est à mon tour! Moi qui aie tout acheté du Festival Intl des Films de Toronto (s’il y avait eu des condoms à leur effigie, je les aurais!), j’ai maintenant quelques choses de Cannes.

En me retournant, il y avait un stand où se procurer clé Internet, téléphone cellulaire et autres appareils électroniques indispensables.  Je le cherchais de pied ferme celui-là! À moi le monde avec Internet!! La gentille dame, un peu néophyte dans la fonction, tente de m’aider, mais semble avoir quelques problèmes. Un sympathique British plus expérimenté lui vient en aide. « In which province is Montreal? », qu’il me demande. « Québec! », que je lui réponds fièrement. « Ah! Great! I heard an amazing Québécois group 2 weeks ago in London! » Hein? WOW! In French, en plus!  J’ai pas trouvé le nom, même avec une description complète et quelques rythmes de la part du vendeur qui ne se souvenait plus du nom. On sentait qu’il avait tripé raide.  Enfin, après quelques longues minutes d’attente, j’ai eu ma clé. J’avais également demandé un téléphone, mais la charmante dame ne l’avait pas compris… Donc j’ai passé mon tour pour cette fois.

Note ici à tous les pas fins qui aiment pas quand la toune gratuite ITunes de la semaine est une chanson en français : MANGEZ D’LA SCHOUTTE! J’ai la preuve qu’il y a des Britanniques qui sont plus ouverts que vous à écouter notre musique! Moi, j’me dis quand le beat est bon, peu importe la langue, on va aller tourner avec! Haïsseurs de toutes sortes se retenir ici, s.v.p.! Merci et bonne journée dans vos œillères!

Entrer dans le grand centre des projections ici, c’est presque comme entrer dans une église ou à l’oratoire. Sauf que je ne monterai pas les marches à genoux. La dime est ici remplacée par les gardiens de sécurité, tous aussi sympathiques les uns des autres. Mystique palace ou les noms Salle Bunuel, Salle Bazin, Salle pour conférence de presse et j’en passe, vous attendent. Ah, que c’est bon! Note à moi-même : Arrête de brailler cibôle! REVIENS-EN!

Bon cela dit, la vie continue… Et je dois aller récupérer ma coloc à la Gare, mais avant allons faire une épicerie et allons reporter les sacs qui me détruisent le dos et l’épaule à l’appartement.

Coloc!

Retour à l’appartement, dîner, regard rapide sur le programme et en route vers la gare de Cannes. Le cinéma est partout ici. Sur les façades, on découvre Charlot dans The Kid, Marilyn Monroe, des photos de stars placardées à perte de vue. La ville entière est à l’effigie du cinéma. Arrivée à la gare, j’attends le train. Coloc!

Ma coloc, c’est une jeune réalisatrice finissante de Concordia qui présente son court métrage dans la section Cannes court métrage ou Short Film Corner. Son film s’appelle L’Album et il met en vedette Andrée Lachapelle et Amélie Robitaille.

On se retrouve donc, elle me raconte son voyage en marchant jusqu’à l’appartement. Un arrêt à la gare d’autobus pour aller récupérer des horaires, me permet d’apprendre que dès demain, c’est le début d’une grève du transport en commun. Ah ben maudit! Elle va me servir à quoi ma passe de car?! Bon, alors il va falloir se lever plus tôt et marcher ou si je suis chanceuse, attendre un bus qui arrivera sans trop de retard. Nous continuons notre promenade vers l’appartement. Arrivée, repos de quelques minutes. Ensuite, c’est hop au palais pour qu’elle puisse récupérer sa passe. Ensuite visite de la partie droite du centre-ville. Droite dans le sens de capitalisme, de riche à craquer, de marque comme Chanel, Gucci, Valentino, Yves St-Laurent et j’en passe.  Sex and The City 2 aurait pu être tourné ici! Passe récupérée, de mon côté j’ai un téléphone qui sera probablement très pratique. On croise Roger Frappier, célèbre producteur québécois.

On dit que c’est à Cannes qu’on croise le Québec, j’en ai vécu quelques épisodes déjà en 2 jours, mais la plus fascinante est lorsqu’on a croisé le gardien de sécurité de la salle Internet de la presse. Il nous a demandé d’où on venait, on a répondu… The one and only MTL, QC! Il a dit : ah ouais! J’y vais chaque année! » Ah ouain?! « Ouais, je vais au Festival de St-Tite! » HEIN?! Le Festival country de St-Tite?! Sérieux là?! Nooonnnnn, c’est pas vrai?! Je suis restée tellement bête! Il faut bien que je sois à Cannes pour croiser un fervent admirateur de St-Tite. J’en reviens pas encore, c’est à se tordre de rire. St-Tite? Cannes vous aime!

Devant les marches du palais, qui sont finalement plus impressionnantes que je pensais (ce que je croyais être l’entrée officielle hier, ne l’étais pas…), nous nous retournons et je dis avec joie : « WIIILLLLDD BBUUNNCCHH!! », en regardant le quartier général de la fameuse boîte de distribution française, l’autre côté de la rue. Pour sa part, ma coloc lance un joyeux : « CCHHAAAANNNEEELL!!!! » et j’éclate de rire.  Glamour et cinéma, on se complète bien.

Nous marchons donc le long de la croisette où se trouve les mains cimentées de pleins de légendes comme Spike Lee, Bertrand Blier, David Lynch, Blake Edwards et la panthère rose, Akira Kurosawa, Isabelle Rossellini, etc. On prend des photos, les paparazzis sont partout, les restaurants à 60 euros minimum le couvert son bondés, il fait beau, Les guignols de l’humour sont en direct et entouré d’un public enthousiaste, les yachts sont présents en grands nombres. L’euphorie ne fait que commencer.

On a mangé dans un resto où les produits de la mer nous appelaient, c’était charmant et divin. En conclusion, un tiramisu de la mort qui m’a fait croire au nirvana. Le soleil qui se couche sur la plage, un petit vent qui se lève, une nouvelle nuit qui tombe comme un voile doux et serein sur mon visage qui prend rapidement de la couleur.

Retour à l’hôtel, préparatifs pour demain, journée officielle du début de la grève du transport en commun et journée d’ouverture du festival avec Woody Allen. Je suis brûlée, mais heureuse.

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Lecteurs, lectrices? Mes hommages!

10 mai 2011 at 06:56 (Cannes 11)

Cette première incursion dans mon aventure cannoise est dédiée à la personne qui est, à la base, responsable de ce périple. Elle a les mêmes initiales que Brigitte Bardot, mais détrompez-vous  c’est une femme qui n’a pas sa blondeur. Il y a plus de dix ans que je connais Mme B. et c’est quelqu’un que j’ai toujours beaucoup admiré. À 20 ans, je rêvais d’avoir sa force, à plus de 30 ans j’espère avoir sa verve à 40 et son air de jeunesse! Bien que nous nous donnions rendez-vous que trop peu souvent puisque nous sommes rarement dans la même ville, la revoir est toujours un plaisir.

Alors voilà, ma très chère B., tu m’es précieuse et puisque c’est grâce à toi si je peux réaliser le rêve d’être en corps, en esprit et en frénésie au plus légendaire des festivals de cinéma, je te dédie, bien humblement, mon périple et j’en profite pour te dire encore une fois un grand MERCI!!

Faut bien se rendre…

 

Je m’étais juré de ne jamais embarquer sur les ailes de KLM. Mais il ne faut jamais dire jamais. Le dicton s’avère exact. Trop de fois, je me suis fait chier et humilier à servir leurs arrogantes hôtesses de l’air alors que je travaillais pour le défunt Aéroport de Mirabel. Évidemment, lorsque les rôles sont inversés, la donne change.

Je déteste prendre l’avion, mais je crois que j’y prends goût pour une première fois. D’une manière un peu spéciale puisque j’étais coincée entre une grosse femme qui prenait énormément de place et ne cessait de me donner des coups de coude et un jeune français qui sentait le swing. J’ai pas vraiment dormi, mais j’ai aimé mon expérience. Un point pour moi. Surtout quand on survolait l’Irlande, que je n’ai malheureusement pas vue puisque je n’étais pas cerbère du hublot, mais c’est ce qui était indiqué sur l’écran tactile. L’Irlande! Mon périple au dessus des terres irlandaises de Dublin, Belfast et toutes les petites villes à moutons et champs à perte de vue fut, dans ma tête, délicieux. J’ai donc pensé à mon ami Bear, qui y sera dès mercredi, le chanceux!

Avec KLM, on passe par Amsterdam, la magnifique. Mon séjour a été de très courte durée puisque mon vol pour Nice décollait une heure plus tard. Le stress total, pas de moulin, pas de foule à bicyclette s’en allant travailler, seulement quelques cours d’eau et des arbres joliment alignés en bordure de l’aéroport. On sort tout endolori d’un vol de 6 heures, les yeux dans la graisse de bines, on est dans un nouvel endroit, je ne comprends rien des aéroports, ça parle le néerlandais (très sexy comme langue), que j’ai pu décoder un peu, ça prend 22 minutes pour se rendre à l’autre terminal sans compter les douanes, j’ai dû vider ma gourde d’eau, je me suis fait inspecter le body et j’ai recouru vers la bonne section. Et là…

On se raccroche bien à ce que l’on peut dans la vie. Pour ma part, je cherche toujours le signe qui me permettra de relaxer. Le signe familier qui me permettra de comprendre que tout est OK, que je suis sur le bon chemin. Souvent, y’a d’la musique là-dedans. Du R.E.M., par exemple. À l’aéroport de Montréal, c’était la mention Moeder Teresa sur le devant de l’avion. Wow, Mère Térèsa, le jour de la fête des Mères. Y’a pas plus positif comme signe, elle a aidé tellement de vies, c’est sûr que j’étais en sécurité. À l’aéroport Schiphol d’Amsterdam, je suis entrée en collision (non, je ne change pas mes bonnes habitudes de collision!) avec le sosie du chanteur Michael Stipe. Je suis restée le souffle coupé avant de comprendre que ce n’était pas lui. Toute en sueur, je lui ai fait le plus beau des sourires avant de reprendre mon souffle et ma course vers un autobus qui nous amenait à l’avion. Bonjour Amsterdam, pays de grands talents, de peintres formidables! Une petite pensée pour le réalisateur Théo Van Gogh assassinée quelques années plus tôt, pour sa volonté de questionner. C’est d’ailleurs le nom de mon ordinateur, en son honneur.

Le pilote a annoncé, avec une voix semblable à celle d’Anthony Hopkins version hollandaise, notre survole de Bruxelles, Berlin, et autres villes Européennes connues. Je les ai toutes ratées, trop épuisée. J’ai dormi durant quelques minutes bien profondément avant de me faire réveiller par l’hôtesse de l’air qui me présentait un sandwich. J’ai juste eu le temps de faire un signe de tête en guise d’acquiescement avant qu’elle me le mette presque en bouche.

Le pilote a annoncé, plus tard, le Mont Blanc. C’était d’une beauté innommable, un champ de neige avec l’épaisseur de la crème fouettée où des montagnes noir plomb surgissaient comme des pointes de chocolat noir. Ensuite, l’arrivée à Nice. Bord de mer, atterrissage tout en douceur, chaleur agréable et palmiers volonté. J’étais crevée, mais prête à l’aventure. Autobus jusqu’au centre de la croisette. Là, c’était trop et j’étais en avance donc je me suis assisse à regarder les bateaux accostés. Ça fourmille de monde, c’était prenant. Je me suis alors questionnée sur le fait que certains disent que Toronto est devenu LE plus gros festival de films, devançant le légendaire festival cannois. Et bien, c’est faux. Je peux le dire en toute impartialité, puisque de un, le festival n’est même pas commencé et j’ai toute de suite sentie la frénésie, la fête, la richesse, le plus des plages, du charme français (les Torontois sont plus courtois que les Québécois, selon moi, mais ça ne bat pas le charme français des Cannois). De deux, la richesse innommable présente à Cannes, la beauté des paysages, la liberté des habitants, la frénésie des automobilistes et des shooters, battent à pleine couture la passion cinéma qui se dégage du TIFF. Encore une fois, je le mentionne, le festival n’est pas encore commencé… D’ailleurs, en parlant au chauffeur de taxi qui m’amenait à l’immeuble où j’allais habiter, m’a mentionné que c’était complètement l’enfer durant le festival. C’était la fête perpétuelle pendant deux semaines complètement folles. Je n’en doute pas une seconde, même un ver de terre pourrait sentir la frénésie de l’endroit tellement c’est électrique.

Rencontre avec ma charmante nouvelle propriétaire. Paiement du logement. OUTCH! Je me suis dit que je n’allais pas dormir tout de suite. Dès le départ de Montréal, j’avais changé mon heure partout. Je voulais le moins possible souffrir du décalage. Je suis donc sortie explorer la plage, située à 200 mètres de l’appartement qui gît au-dessus d’une boulangerie. Je n’ai qu’une chose à dire : OSTIE QUE C’EST BEAU!!!! Paradisiaque et premier coup de soleil en plein visage depuis un bon bout. J’ai marché pendant au moins 1h30, j’ai été au palais, là où les premières ont lieu avec la fameuse montée des marches et le tapis rouge cardinal. J’ai pris quelques photos, je me suis aperçue que ma carte d’appel prépayée ne pouvait faire d’appels à l’étranger et que la clé Internet 3G que mon nouveau proprio m’a léguée demandait un numéro et que celui-ci ne se souvenait plus du code. Du coup, je n’ai pu aller sur Internet pour envoyer des messages où téléphoner à des amis ou pour le travail. Celle-là, je ne la trouve pas drôle… J’espère que ça s’arrangera… C’est le seul gros bémol.

Sieste vers 18h00. Je croyais avoir dormi au moins 6 heures, mais finalement ma montre m’indiquait 19h30. Une autre promenade sur le bord de la plage pour manger mon premier vrai repas de la journée avec le soleil couchant, le vent qui te caresse la peau comme un amoureux attentionné, des palmiers qui font la grosse vie, entourés de sable, d’eau et de gens festifs.

Un couché tôt, un réveil. Je croyais qu’il était environ 6h00 du matin, il était minuit trente. Grosse déception, le décalage fait son entrée. C’est pourquoi j’ai pu écrire autant. Il est 2h28 et le sommeil me rattrape, mais avant qu’il m’apporte de nouveau en contrée de détente profonde, je tiens à remercier mon amie Chérisse d’avoir été mon Valium et d’être venue me reconduire à l’aéroport. Sans toi, je serai encore en train de chercher le bon piton de l’ascenseur pour monter à l’étage des départs… MERCI!! Merci aussi à Mignonne d’être venue me faire la bise! J’ai été très choyée par vous, merci encore!

Le potin du jour : Karl Langerfeld, que je déteste particulièrement, a remodelé le design de 3 nouvelles bouteilles de la marque Coca-Cola light. C’est rose, très féminin et la publicité à dû coûter les yeux d’la tête puisqu’elle est juste en face du Palais des festivals.

Est-ce que je vous l’ai dit? OSTIE QUE C’EST BEAU CANNES!! Ne lier pas ma mention potin au fait que c’est beau s.v.p. Merci, bonne nuit.

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