La patience

12 septembre 2012 at 20:27 (TIFF 12)

Ça fait 12 ans que je vais au TIFF. Ça fait 12 ans que je croise Gavin Smith, rédacteur en chef de la revue Film Comment. Ça fait 12 ans que je le croise et que je deviens une statut devant lui, incapable de réagir et d’aller lui parler. Comme un Somalien tombé dans un igloo d’un coup, je gèle. Aujourd’hui, je l’ai croisé trois fois. La première fois, il s’est assis à côté de moi à la billetterie de la presse. La deuxième, il m’a suivie dans un cinéma, jusqu’à ce que nos choix de films nous séparent. La troisième, il m’est apparu alors que je sortais de la librairie média. Je lui ai ouvert la porte et j’ai pris mon courage à deux mains.

–       Bonjour… euh… M. Smith?

–       Oui?

–       Bonjour, je m’appelle Julie et j’adore votre revue et votre façon de voir le cinéma. Je vous croise depuis longtemps, mais j’ai toujours été gênée de vous dire bonjour, alors voilà, maintenant c’est fait.

–       Merci beaucoup, c’est très gentil. Merci de nous lire! Bonne soirée.

–       Vous faites de l’excellent travail. Bonne soirée, bon festival.

Sa poignée de main était un peu molle. La main était délicate et douce. Le regard un peu fuyant. C’est un nerd, c’est clair! J’en ai eu quand même pour mon argent.

Merci à mon instinct d’avoir sauté sur l’occasion. Enfin, c’est fait et c’est mon cadeau de 12e année. Surtout que je suis accréditée pour la première fois pour le New York Film Festival, qui célèbre son 50e anniversaire, du 13 septembre au 14 octobre prochain. Le festival ouvre avec Life of Pi de Ang Lee, d’après le livre de Yann Martel.

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The Master, le lien.

12 septembre 2012 at 07:26 (TIFF 12)

Voici finalement le lien pour la conférence de presse du film The Master. Ma voix apparaît à 21 minutes 50 secondes.

http://www.youtube.com/watch?v=QSjcDcpSOG4

Le festival se poursuit et je tente de sortir ma tête de l’eau. Je vous reviens dès que je le pourrai, avec d’autres anecdotes alléchantes!

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Comment faire dire à Paul Thomas Anderson qu’on est son idole

8 septembre 2012 at 18:43 (TIFF 12)

Je ne sais pas ce qui se passe au TIFF cette année, mais les retards s’accumulent. Je ne parle pas de 10 minutes, je parle de 30 minutes à 1h00 de retard pour certaines projections publiques. Habituellement, ils sont assez ponctuels, mais cette année, et on n’en est qu’au deuxième jour, ça dérape un peu. Je ne crois pas, et je tiens à le préciser, que ce soit l’organisation le problème. Des grandes vedettes, ça veut dire aussi de grand égo. Il y a également d’autres facteurs importants comme le trafic.

J’ai donc vu, hier, le tant attendu The Master de Paul Thomas Anderson (Magnolia, Boogie Nights, There Will Be Blood, etc.). Le film présenté précédemment au théâtre Princess of Wales était The Place Beyond the Pines de Derek Cianfrance (Blue Valentine). Le film avait commencé en retard, donc The Master aussi, avec près d’une heure à attendre à l’extérieur. C’était long, je suis contente d’avoir renoncé à mes Fluevog à talons…

Le chef-d’œuvre (Oui!!!) a d’ailleurs été primé aujourd’hui à Venise, remportant le prix du meilleur réalisateur (Ours d’argent) et celui de meilleurs acteurs pour Philip Seymour Hoffman et Joaquin Phoenix. Le film devait commencé à 21h00, mais il a commencé il était presque 22h00, après un trop court bonjour du réalisateur. À la fin du film, tout le monde s’attendait à une période de questions/réponses, mais rien et personne dans le personnel ne semblait au courant (gros fail!). Plusieurs sont restés assis jusqu’à la fin du générique et finalement, voyant que personne ne venait sur scène, les gens sont partis… très déçus.

Après Jodie : Paul!

La seule véritable conférence de presse qui m’intéresse cette année est celle de The Master qui devait commencer à 16h30 (Photocall à 16h25). Il était 16h45, quand j’ai aperçu le producteur Harvey Weinstein dans le passage, à travers une mince ouverture de rideau. J’ai alors twitté : Harvey Weinstein, I see you, don’t try to hide! ‪#TIFF12 Come on start the damn press conference! Late!! TIFF, you’re better than that usually.  Bizarrement, quelques minutes plus tard, l’ouverture se refermait et Weinstein, en compagnie du directeur artistique du festival, Cameron Bailey, montait sur scène pour s’excuser du retard et mentionner qu’il y avait ironiquement une parade sur Jésus et que le trafic bloquait l’arrivée de Anderson. Il a également mentionné la présence de Joaquin Phoenix, mais il n’était pas présent, au grand déplaisir des journalistes présents.

La conférence a commencé quelque temps plus tard. À cause du retard, elle a été malheureusement écourtée. Tristesse. Je voulais poser au réalisateur une question sur le fait que The Master était le premier film sans son directeur photo habituel : Robert Elswit, mais le journaliste juste avant moi, lui a posé. Quand le micro m’a été prêté, j’ai demandé pourquoi Phoenix n’était pas là. Anderson a répondu qu’il était imprévisible et a prestement mentionné (oui, y’a comme détourné la question, le coquin !) : « I have that same tape recorder at home. » (J’ai le même enregistreur audio que vous à la maison.) J’ai pas pu m’empêcher de dire : « You’re my idol ! » Et là… il a dit, et je cite : « You’re my idol ! ».

He said IT !

J’ai le don particulier de faire rire la galerie en conférence de presse, ça l’air. Il y a deux ans, on se souviendra du sacre québécois pousser par madame Foster, à Cannes…

Alors, voilà l’histoire. Je ferai jouer l’extrait quand je le pourrai à CISM et je mettrai le lien de la conférence de presse quand elle sera en ligne.

Bon, maintenant je pars pour voir le documentaire sur David Geffen.

TIFF, je t’aime… et tu me le rends bien !

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Mon George, mon burger

6 septembre 2012 at 22:53 (TIFF 12)

Arrivée hier affamée, j’avais le goût de mon burger végétarien préféré : celui du Tequila Bookworm, situé tout près de mon appartement. Après avoir déposé mes valises, je suis partie vers le sympathique resto. Il était fermé pour rénovation et il était mentionné qu’il rouvrirait ses portes le lendemain, donc aujourd’hui. Je me suis dit que ce n’était que partie remise. J’y suis donc retournée sur l’heure du midi. Mea culpa ici, puisque j’ai enrayé de ma liste le film Sans soleil de Chris Marker, l’œuvre préférée du directeur artistique du festival, Cameron Bailey, afin de déguster le burger que j’avais en tête. Ben oui, mais j’avais faim, bon! Mon sourire s’est éteint lorsque j’ai vu que le resto n’ouvrait qu’à 17h. Il est évident que la loi de Murphy a mis en œuvre mon oubli de lire correctement la note sur la porte du restaurant. Merci salaud! Je suis donc rentrée à l’appartement bredouille, en espérant que la troisième prise serait la bonne.

Les mauvaises nouvelles ne s’arrêtant pas là, j’ai appris que le gugusse qui permet les entrevues téléphoniques à CISM est décédé de sa belle mort. Or donc, aucune possibilité pour moi de faire un topo en direct à La Swompe. J’ai donc décidé de préenregistrer un topo. Craignant une vingtaine de prises minimum, je me suis parlée dans le miroir, en me regardant bien dans les yeux et en m’encourageant comme une cheerleader le jour du Superbowl.  Après une dizaine de prises, j’ai réussi. J’ai gossé comme une mongole pour tenter d’envoyer le fichier trop lourd. Courriel = impossible. Sendspace = téléchargement trop long. Dropbox aussi. Ma lumière cent watts a finalement repris ses esprits lorsque j’ai pensé à mettre le fichier en MP3, au lieu de le garder en WAV. Allume maudit!! Je suis donc passée d’un fichier de 180 Mo à un fichier de moins de 9 Mo. Le temps était contre moi, je voulais voir le nouveau film de Ben Affleck : Argo, à 14h et il était moins une. Finalement, j’ai décidé de m’étendre sur le lit pour une sieste en tentant de me calmer les nerfs.

Joies!

C’est bien beau les malheurs, mais il y a eu des joies aussi. Primo, mon premier film était moyen. Je commence en douceur… C’était All That Matters is Past de Sara Johnsen. Film norvégien. Ensuite, j’ai tenté d’avoir un billet pour la première de The Master, ne pouvant attendre à la projection de presse de samedi. La première est demain, vendredi, alors… Ma première tentative n’a pas été fructueuse, mais la deuxième… OUI! J’étais sûre qu’il ne resterait plus de billet dans la réserve des journalistes, et puis… bonheur, joie, orgasme! Il y en avait un qui m’attendait. Mes Fluevog sont prêts! Mon béguin pour Joaquin Phoenix aussi, mais, tristesse, j’ai su que Philip Seymour Hoffman n’y serait pas.

J’ai presque fini de préparer mon horaire. En soi, c’est une nouvelle qui me fait vraiment chaud au cœur! YÉ! Certains seront surpris d’apprendre que la quantité de films est assez basse. L’âge du Christ, la fatigue, le soleil, la sagesse… peu importe! Je prends ça relax.

J’ai également pu avoir un billet pour la lecture publique de American Beauty dirigé par Jason Reitman (réalisateur de Juno, Up In The Air, etc.). Malgré l’heure de retard, ce fut le temps pour moi de décompresser et de voir et entendre, entre autres, MON George! Oui, Strombo en personne. Ah tellement incroyable! J’ai également utilisé ma nouvelle caméra pour la première fois. Je l’ai déviergé avec American Beauty… quand même! Très sympathique lecture publique de ce film aux répliques assassines et jouissives de 1999, réalisé par Sam Mendes avec le divin Kevin Spacey.

Falafels

De retour vers l’appartement, je salivais follement. Je suis entrée avec beaucoup d’aplomb au Tequila Bookworm, qui s’est doté d’une refonte au niveau décor, en gardant le style chaleureux. J’ai demandé le menu et j’ai cherché partout le burger végétarien. J’ai désespéré et avec des yeux de chat meurtri, j’ai demandé au serveur où était passé le burger. Il m’a dit que ça faisait un bon moment qu’il n’était plus au menu. Ah ben hostie! Ils l’ont remplacé par une poutine à la joue de bœuf! Franchement! J’ai donc opté pour le sandwich falafel et des frites ou comme je l’ai demandé : « with a slice of fries, please ».

–       « You mean a side of fries? », a renchéri le serveur.

Aye! Essaye pas de faire le plus fin avec moi. Le « side » m’a « slidé » sur la langue, l’important c’est les frites, bordel! Mes yeux ont parlé plus que d’autres choses…

C’était bon, mais la digestion risque de nuire au sommeil.

Bonne nuit! Demain, c’est THE MASTER!!!! En 70mm!!!! Mais on va commencer par le dernier Claude Miller : Thérèse Desqueyroux et aussi Le magasin des suicides de Patrice Leconte. Youppi!

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Smile if you masturbate. Spare some change if you enjoy it!

5 septembre 2012 at 21:15 (TIFF 12)

Décidément, les sans-abris torontois ont de l’humour! Ah! Y’a rien comme une bonne sieste, une petite marche dans le quartier, un petit détour dans une bouquinerie et l’achat de deux boules à bain chez Lush pour me remettre sur pieds et être d’attaque pour vous mentionner les films que je suis impatiente de voir.

1)   The Master de Paul Thomas Anderson (Le retour de Joaquin Phoenix, en duo avec Mon Phil Hoffman préféré! YÉ! Avec Amy Adams en bonus et projeté en 70mm. Je vais m’évanouir!!)

2)   Tout ce que tu possèdes de Bernard Émond (Pour ceux qui ne le savent pas… J’aime Bernard Émond et j’ai même le macaron pour le prouver. J’aime aussi Patrick Drolet, même sans macaron pour le prouver.)

3)   Love is All You Need de Susanne Bier (La grande Susanne, aussi connue comme celle qui a eu l’Oscar l’année où Denis Villeneuve était en nomination.  Avec l’immensément talentueuse Paprika Steen, grande actrice danoise, qu’on a vue dans Festen de Vinterberg et Les idiots de Trier. J’ai un bémol de voir Pierce Brosnan dans le casting… mais j’ai foi en Susanne!)

4)   Le magasin des suicides de Patrice Leconte (Raté à Cannes, j’ai presque mordu le gardien de sécurité qui ne voulait pas que je passe, mais j’ai bien vu que c’était pas de sa faute. Ouf, je peux me reprendre!)

5)   Ex aequo, trois films scandinaves (j’inclus ici l’Islande dans la Scandinavie…) :

a)    All That Matters is Past de Sara Johnsen (Norvège) (J’aime le cinéma scandinave)

b)   Blondie de Jesper Ganslandt (Suède) (J’adore le cinéma scandinave)

c)    The Deep de Baltasar Kormákur (Islande/Norvège) (Je vénère le cinéma scandinave et aussi parce que c’est le réalisateur de 101 Reykjavik)

Bon, évidemment, cette liste est sommaire. Vous résumez les 350 films que je veux voir m’aurait pris tout le festival, alors j’ai résisté à la tentation de rester devant mon ordi pendant une semaine et demie. J’irai plutôt me plonger dans des salles obscures pendant 11 jours. Youp, youp, youp, youppi!!

Bonne nuit!

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Loin de la maison

5 septembre 2012 at 15:51 (TIFF 12)

C’est le grand retour du Festival International des films de Toronto (TIFF pour les intimes). Quelques heures de sommeil difficiles, après une soirée d’élection historique, survoltée et tragique, je suis arrivée dans la ville Reine, le cœur embrouillé.

Douze ans à venir au TIFF, mais c’est la première année où je ne suis pas sûre d’être là où je devrais être. L’attentat d’hier m’a vraiment secouée et je n’ai jamais eu autant de difficulté à faire ma valise.

Mon arrivée s’est faite en douceur et pour la première fois par l’aéroport Billy Bishop. Pourquoi je n’ai jamais pensé à cet aéroport avant?! C’est formidable! Sauf pour le 10 minutes où ma phobie du vol aérien m’a fait paniquer et espérer ne pas atterrir dans l’eau. Maudit que j’hais ça! Sinon, en moins de deux heures, j’ai pu admirer à quel point les tours à condos poussent comme ça n’a aucun sens à Toronto, faire mon check-in à l’hôtel (et donc, revoir Clara, qui m’a fait un rabais… YÉ!), aller chercher ma passe de presse (et me tromper de salle deux fois…), faire l’épicerie (dans mes boutiques préférées, incluant le nouveau Loblaw au coin de la rue de l’hôtel, enfin!!) et commencer à écrire une nouvelle aventure cinématographique, version TIFF 2012.  Oui, tout ça en moins de deux heures!! Ah oui, j’ai oublié : suer comme un cochon! Insupportable, mais c’est beaucoup mieux que des réparations qui n’en finissent plus en bas de chez moi, les soirées et les fins de semaine.

Cette année, aucune discrimination pour les nananes envers les journalistes et le public. Les deux ont dans leur sac : un condom, une petite bouteille de coca-cola diète, des allumettes, du popcorn et des coupons-rabais de toutes sortes. Bon, c’est vrai que contrairement au public, les journalistes ont droit à plein d’autres choses, comme une salle avec de la bouffe incroyable (et gratuite, bien sûr!). Ça fait parti du travail… tant que tout le monde à son condom et sa bouteille de coca…

Dans cette brume qui m’entoure le cœur et l’esprit, je n’ai pas pu conclure encore mon horaire. Le pire, c’est que j’ai la vive sensation d’un je-m’en-foutisme que j’essaie d’éviter. Certaines réponses ont pris du temps à venir et ensuite, les élections ont pris le dessus. Je vais donc m’y mettre tout de suite. Une chose est certaine, samedi matin, le 8 septembre prochain, je verrai The Master de Paul Thomas Anderson. C’est l’un des trois ou quatre films qui me donnent envie de rester.

À bientôt!

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Cachez cette pluie que je ne saurais voir.

22 mai 2012 at 09:13 (Cannes 12, Festivals 2012)

Voici un bref aperçu des derniers jours :

  • Un locataire saoul nous a réveillés à 3h45 cette fin de semaine. On ne savait pas qu’il était locataire, mais on a su qu’il était saoul, fou et furieux. Il a avait oublié sa clé pour entrer dans l’immeuble. Il a sonné à répétition et quand je lui parlais du balcon, il ne répondait pas. La police municipale a été rejointe (ils sont lents en maudit!), mes proprios aussi et le gars a finalement, après une heure 20 minutes d’acharnement, été demandé du secours à son propriétaire. Un conseil : il est mieux de ne pas me croiser.
  • Il pleut, il pleut bergère, rentre ton tapis rouge.
  • La pluie persiste et signe.
  • J’ai rencontré Robert Charlebois. Vu le film Un bonheur n’arrive jamais seul de James Huth avec Gal Elmaleh, Sophie Marceau et Robert Charlebois dans un petit rôle. Le tout en visionnement privé. Je suis choyée. Contente d’Échos Vedettes ait pris mon article.
  • Je ne dors pas beaucoup (old news…)
  • Je me suis achetée des macarons aux foie gras et figue et foie gras et confit d’oignon. « Mais t’es pas végétarienne toi?! » Ouain, so what? Chacun son péché mignon. J’attends le bon moment pour les déguster.
  • J’ai vu le dernier Ken Loach (et tant d’autres…) Ça m’a fait du bien!
  • J’ai une invitation pour le Silencio Club de David Lynch. On verra bien.
  • Y’a eu un visionnement de clips du prochain Tarantino, j’ai pas été invitée (old news…).
  • Le linge ne sèche pas. Ça fait chier!
  • J’ai pas trop le temps d’en dire plus.

Le soleil se pointe, enfin.

De retour bientôt!

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La pluie tombe sur l’amour

20 mai 2012 at 18:29 (Cannes 12, Festivals 2012)

Temps de merde à Cannes, c’est la flotte totale aujourd’hui et je suis en sandale. Scandale! Malgré qu’elles sont imperméables. Ridicule me direz-vous, eh bien pas tant que ça. Ce sont des Keen à trous, et donc partiellement dénudé. Je n’ai pas vraiment senti la pluie sur mes pieds, mais je l’ai senti dans les os et lorsque j’enfilais mon (tout nouveau) kangourou signé Cannes, acheté hier, parce que j’ai oublié une petite laine.

J’ai pris en grippe toutes les personnes qui me dépassaient durant les files d’attente. J’en ai eu pour mon argent, ils en ont eu plein la gueule.

Hier, j’ai vu le nouveau Thomas Vinterberg (Festen, Dear Wendy, Submarino), réalisateur danois que j’aime beaucoup. Par contre, je dois dire que depuis Festen (Célébration), ses œuvres n’ont pas été très transcendantes pour moi. Je suis donc entrée dans la salle Debussy avec appréhension pour voir Jagten (La chasse) mettant en vedette une grande star du Danemark, l’acteur Mads Mikkelsen (Casino Royale, After the Wedding). Je suis sortie de la complètement marqué par ce suspense dramatique et psychologique où une fillette épris du meilleur ami de son père, et son gardien au jardin d’enfants, j’en prends à lui et dit à la directrice de la garderie qu’il lui a montré son pénis. Le doute ravage, parce que tout le monde sait qu’un enfant (qui plus est une jolie mignonne blonde au sourire et à l’intelligence adorable) ne ment pas, alors la directrice, les collègues de travail, les amis et la famille de Lucas. Ce qui est très intéressant, c’est que Vinterberg nous met d’emblée dans la vérité et nous propulse, tout comme le personnage principal, dans l’enfer de l’injustice. Ça va loin. Lucas devient une proie. Un drame psychologique d’une grande puissance, sauf pour certains critiques français que j’aurais assassinés tellement ils étaient condescendants par rapport à l’œuvre. Je ne comprends pas, je crois que Vinterberg est revenu dans un chemin de haut calibre avec ce film. YYYÉÉÉ!!!! Vive le cinéma danois!

J’aimerais ici vous reconfirmer que mes proprios sont absolument merveilleux. La preuve? J’ai demandé à mon proprio William où il avait pris les chocolats fourrés à l’expresso Ferrero. Et vlan, il fait des recherches pour en trouver, parce qu’il les a reçus en cadeau et ça vient d’Italie. Comment résister?

D’autre part, vous savez qui j’ai rencontré hier? Notre Robert Charlebois préféré! Oh que oui. J’ai même été invitée à la projection privée d’un film dans lequel il a un petit rôle et où Gad Elmaleh et Sophie « beauté criminelle » Marceau y ont les rôles principaux. Une comédie romantique fort sympathique! J’en dirai plus bientôt.

Amour/haine

Oui, j’ai vu le dernier Michael Haneke (Le ruban blanc). Son dernier opus intitulé Amour met en vedette Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Rivas. C’est jamais facile de sortir indemne d’un Haneke. Les acteurs sont formidables!!!! La vieillesse entraine Anne dans la paralysie et son mari doit s’occuper d’elle. Un film sans complaisance, un peu froid bien sûr, mais puissant. Par contre, en terme d’œuvre, il ne dépasse pas le Audiard et le Vinterberg. Et on a eu droit à un concerto en toussotement majeur durant tout le film. Je bouillais! Je crois que l’entassement perpétuel dans les foules commence à me ronger.

D’un autre côté, le nouveau Abbas Kiarostami (Copie conforme) m’a tuée raide, dans le sens que j’ai perdu deux heures de ma vie. Son Like Someone in Love, tourné au Japon avec des acteurs japonais, est tellement épuisant en vide que j’aurais déchiré la toile de l’écran si je n’avais pas été assisse au balcon à côté d’un critique qui puait de la bouche. J’ai également amené dans la souffrance les deux (autres) critiques français qui voyaient le film comme un chef-d’œuvre. « Ah! Vous savez, cher ami, Abbas est vraiment le maître de l’observation! » Ta gueule, merdeeeee!!!! Une jolie jeune femme est call-girl, son client est un vieux, il ne la touche pas, il ne veut que parler (une chance où j’aurai crié…). Elle a un petit ami, il est assez crétin et veut la marier pour pouvoir la garder à vue. Un quiproquo les fait rencontrer pis c’est pas mal ça. La deuxième scène du film est réservée aux messages que la jeune fille a sur son répondeur. Interminable, je mangeais mon siège jusqu’à tant que je commence à rêver aux pâtes que je pourrais me faire en arrivant à l’appartement… avec beaucoup de fromage et de poivre. Ça c’était le bout le fun du film, pour moi.

J’ai voulu aller voir Confession of a child of the century de Sylvie Verheyde avec Pete Doherty et Charlotte Gainsbourg. Je croyais que c’était dans la salle Bazin, c’est ce que j’avais écrit au calendrier. J’ai attendu, le film a commencé avec la mention Abbas Kiarostami. Tu me niaises tellement?! Je me suis trompée de salle, c’était à la salle Debussy. J’ai couru, j’ai foncé dans Doherty qui passait pour faire son entrée dans le couloir. Vraiment amoché pauvre petit. Je suis sortie et je n’ai pas pu entrer… J’étais en maudit contre moi, jusqu’à tant que je voie un taxi qui débarquait des passagères. Je suis embarquée dedans, croyant trouver un sauveur pour me ramener au sec (façon de parler parce que mes vêtements étaient mauditement humides…) chez moi et il m’a dit : « Ah non, mademoiselle, je ne peux pas vous prendre, je dois aller à l’arrêt de taxi de l’autre côté de la rue pour prendre les gens qui attendent. » Hein?! QUOI?! On s’est obstiné un peu, j’ai claqué la porte et je suis devenue fâchée contre lui. J’ai marché sous la pluie battante tout en souhaitant éviter une pneumonie.

Je suis saine et sauve, mais trempée. Mes pâtes étaient aussi délicieuses que dans mes pensées durant le Kiarostami.

Un pur bonheur dans ma journée : le film The Sapphires de Wayne Blair, premier long métrage, avec l’acteur irlandais Chris O’Dowd (le policier dans Bridesmaids) que j’adore d’amour pur! Pas juste pour son corps et son accent, mais parce que je le trouve bon… et adorable. Un film sympathique, rien d’exceptionnel, mais de la bonne musique soul, même en temps de guerre du Vietnam avec de jeunes femmes aborigènes de l’Australie essayant de faire carrière en chanson. Avec le bruit de la pluie en background et bien assisse dans la salle Bunuel, j’étais aux anges, même avec mes pantalons qui séchaient directement sur les jambes.

Bonne nuit.

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Jour 2 : Nanni m’a fait peur.

17 mai 2012 at 18:01 (Cannes 12, Festivals 2012)

Un peu déçu de ne pas avoir pu entrer à l’ouverture de la Quinzaine des réalisateurs avec un nouveau Michel Gondry : The We and the I et la remise du Carosse d’Or à Nuri Bilge Ceylan. Par contre, alors qu’on annonçait que c’était complet, j’entendais crier une femme : Nanni, Nannnnniiiii!!!! Je me suis retournée et le beau (et fort sympathique) Président du festival de cette année, Nanni Moretti, me touchait l’épaule. J’ai eu tellement peur, j’ai fait une moue d’horreur, il m’a souri bizarrement. Je me suis excusée, il m’a souri sincèrement. Charmant Président. J’aimerais bien savoir s’il a aimé le Gondry. Je tenterai de le voir demain.

Dans la catégorie, ça n’arrive qu’à moi (et évidemment ça m’est arrivé alors que j’étais affamée et fatiguée) : je marche jusqu’au terminus d’autobus. Je prends le bus 8, qui j’en suis presque certaine passe devant l’appartement. Il m’envoie dans la direction contraire, exactement là où j’avais commencé ma marche. Attente pour un taxi. Attente vraiment longue pour un taxi… Et hop, à la maison. Ouf, mon bout de sandwich était bon.

Je ne suis pas encore revenue du film d’Audiard : De rouille et d’os. Dans le journal Libération, le journaliste (cruche) commence comme suit son texte sur le film : « Tout est bien dans De rouille et d’os, sauf cette petite faute de goût qui ternit tout : c’est un chef-d’œuvre. C’est du moins dans cet esprit qu’il a été conçu et c’est naturellement cet esprit qui l’empêche de l’être. Sinon, tout est bien. Le décor naturel par exemple : La Côte d’Azur, banale et moche comme en vrai. […] »  Amenez-moi ce « critique » que je lui étampe la tête sur un mur de béton afin que se dégonfle son égo ridicule. Quel con! J’ai pas pu lire la suite, j’étais trop en maudit. Ça prend bien un Français pour écrire de la sorte. Que de pédanterie pour une œuvre et un maître du cinéma aussi sincère.

La description de film la plus drôle se trouve à la Semaine de la critique, la voici pour votre plaisir :

La bifle (The Dickslap) de Jean-Baptiste Saurel, France, 2012, 25 minutes 30 secondes

Francis un patron d’un vidéoclub qui doit son succès aux films de Ti-Kong, satr de king-fu. Complexé par sa bite, il n’arrive pas à avouer ses sentiments à Sonia, son employée. Mais lorsqu’elle se voit offrir un rôle dans Evil Nurse – dernier opus de Ti-Kong – Francis n’a plus le choix… Il doit sauver Sonia d’un terrible danger : La Bifle.

Est-ce que les programmateurs du festival Spasm pourraient y jeter un œil? Merci.

Film créant le plus de malaise? Paradis : Amour du réalisateur autrichien Ulrich Seidl (Dog Days, Import/Export). C’est le Todd Solondz à la puissance mille (dans le temps de Happiness, parce qu’avec son dernier film, Dark Horse, Solondz déçoit en sale). C’est une version du film Vers le sud plus trash et pornographique de dames qui s’en vont se faire culbuter au Kenya par de jeunes hommes en manque d’argent. Oh boy, c’est un deux heures qui à la fin, n’en finit plus de gratter le bobo. C’est aussi la première partie d’une trilogie sur la recherche de bonheur. J’ai hâte de voir la suite.

La phrase entendue le plus souvent aujourd’hui : « Le film que je veux voir le plus est le Dolan, et toi? » « Ah ouain, c’est sûr! » Bon, j’y vais ou j’attends à la maison?

Bombardement sur la ville par des feux d’artifice!!!! Tasse-toi NY, la ville qui ne dort pas, c’est Cannes, jusqu’au 27. Ça résonne en maudit, je crois qu’on va mourir. Tabar…

J’ai reçu une invitation pour le club privé Silencio de David Lynch. C’est tentant en maudit, où est-ce que je vais mettre ça dans mon horaire bordel? Allons-y pour mardi.

Meilleur lapsus en onde de ma part : À la Swompe, j’ai mentionné que j’allais, la semaine prochaine, poursuivre mon descriptif du Festival de femmes. Ha ha, je me suis bien reprise.

Observation au niveau des titres en compétition long métrage :  Je remarque que le mot amour revient beaucoup, mais je sens que la façon de traiter le sujet sera ironique.

Paradis : amour de Ulrich Seidl (Sté que ça par bien comme observation)

Amour de Michael Haneke (ça ne sera pas de la tarte…)

Like someone in love de Abbas Kiarostami (Ça se passe au Japon entre un vieil homme et une jeune femme, ouain… à voir…)

J’adore que le titre du film de Resnais : Vous n’avez encore rien vu. Surtout qu’il célébrera son 90e anniversaire le 3 juin. Bravo!

On se plaît depuis des lunes que les synopsis de films en français et en anglais dans le programme du FFM ont des différences majeures. J’ai découvert que Cannes faisait la même chose. La preuve :

Film : V Tumane (Dans la brume) de Sergei Loznitsa.

Description française :

« Les yeux et les oreilles sont de pauvres témoins pour celui dont l’âme est barbare. » Héraclite

Une forêt. Deux résistants.

Un homme à abattre, accusé à tort de collaboration.

Comment faire un choix moral dans des circonstances où la morale n’existe plus ?

Durant la Seconde Guerre mondiale, personne n’est innocent.

Version anglaise :

Western frontiers of the USSR, 1942. The region is under German occupation, and local partisans are fighting a brutal resistance campaign.

A train is derailed not far from the village, where Sushenya, a rail worker, lives with his family. Innocent Sushenya is arrested with a group of saboteurs, but the German officer makes a decision not to hang him with the others and sets him free. Rumours of Sushenya’s treason spread quickly, and partisans Burov and Voitik arrive from the forest to get revenge.

As the partisans lead their victim through the forest, they are ambushed, and Sushenya finds himself one-to-one with his wounded enemy.

Deep in an ancient forest, where there are neither friends nor enemies, and where the line between treason and heroism disappears, Sushenya is forced to make a moral choice under immoral circumstances.

Ah ben oui hein, comme c’est bon d’être bilingue.

Meilleur titre d’article vu aujourd’hui : The Wrap : Cannes 2012: It’s a Man’s World (But at Least That Man Isn’t Lars von Trier) Ha ! ha !

Et bonne soirée!

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Jour 2: Des hommes et des bobinettes.

17 mai 2012 at 07:31 (Cannes 12, Festivals 2012)

C’est vraiment parti! Première journée avec la conférence du jury du festival. Évidemment, tout le monde est poli dans leurs réponses, même Andrea Arnold qui s’est fait poser la fameuse question : « Que pensez-vous du fait qu’il n’y ait aucune réalisatrice en compétition? » « Je ne voudrais pas qu’on choisisse mon film parce que je suis une femme», a-t-elle répondu. Ben oui, c’est ça, tous les films réalisés par des femmes n’étaient pas de calibre. C’est gros films américains présentés en compétition sont mieux de valoir la peine, et non j’y être parce qu’ils sont américains…  On verra bien. À ce sujet, toujours à l’avant-plan… ça l’air, Coline Serreau, Virginie Despentes et Fanny Cottençon ont signé un texte qui dénonce le fait que la place des femmes reste plus importante sur l’affiche officielle et en tant que maîtresse de cérémonie que dans la compétition, derrière la caméra. L’article s’intitule : À Cannes, les femmes montrent leurs bobines, les hommes, leurs film. J’adore le titre et elle vise juste. Une seule palmée, Jane Campion pour The Piano (1993), et ex aequo (en plus !) avec Chen Kaige pour Adieu, ma concubine. L’an passé, pour la première fois en 64 ans, le festival avait permis 4 réalisatrices en compétition. 4. Lynne Ramsay, Julia Leigh, Maïwenn et Naomi Kawase.

En réponse Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes, a répondu ceci dans le journal L’Express. Sérieux, il n’y avait AUCUN film vu et réalisé par une femme qui valait sa place en compétition ? Eh ben, j’ai vraiment hâte de voir si le film avec Brad Pitt vaut tant la peine que ça… Ou peut-être pas.

Si y’a un film que je ne trouvais pas de calibre, personnellement, malgré un intérêt dans le synopsis, c’est celui du réalisateur égyptien Yousry Nasrallah : Après la bataille. Faire un film ayant en intérêt les événements de la place Tahrir, c’est très intéressant. L’histoire d’amour par contre, un peu incompréhensible.

Mais revenons à nos moutons du début… BBBÊÊÊÊÊ. J’ai raté le premier visionnement de presse de Moonrise Kingdom de Wes Anderson, ainsi que sa conférence, pour accueillir ma sympathique coloc. Je me suis reprise après la conférence de presse du jury. En gros : ça charme, mais pas autant que je l’aurais cru. Direction artistique impeccable, mais musique vraiment trop pesante et présente. À vous de voir lorsqu’il sortira en salles.

Ce fût à peu près ma journée d’ouverture de festival. La fébrilité est là, toujours au rendez-vous!

Ce matin, j’ai vu le film de Jacques Audiard (Le prophète) : De rouille et d’os. Si ce film n’est pas sélectionné pour la clôture avec un prix, je crie SCANDALE!!!! C’est magnifique, brutal et émouvant. Si l’an passé, Lynne Ramsay m’avait complètement renversé avec We Need to Talk about Kevin, cette année Audiard remporte un french d’or de ma part. Cibôle Jacques, comment vous faites? En conférence, le grand maître est généreux, tout comme Marion Cotillard et l’acteur belge Matthias Schoenaerts (attention chaud devant! Ouf! Oh que oui! Mmmmm!! Il est dans la même veine que Michael Fassbender…), les deux acteurs principaux qui livrent des performances très justes. À la sortir du film, je devais communiquer avec Robert Charlebois (oui, le chanteur, je vous raconterai plus tard…), je tremblais encore du film, mais je n’étais plus nerveuse de composer le numéro.

Pour l’instant, c’est ça. Je dors un peu et reviendrai avec d’autres nouvelles!

En passant, deux textes ont déjà été publiés :

CISM : http://www.cism.umontreal.ca/blogue/2012/05/cism-a-cannes-65-ans-toujours-aussi-fringant.html

Méconnus : http://www.lesmeconnus.net/fievre-cannoise-a-lattaque/

Vers 17h, je serai en direct de la Swompe sur les ondes de la marge de Montréal, 89,3FM!!

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