La beauté Baillargeon

17 octobre 2011 at 18:52 (Aventures parallèles, FNC 11 40 ans, Hommages)

Le FNC est commencé depuis près d’une semaine déjà. 40 ans de cinéma novateur. Bien que mon pas soit au ralenti côté cinéma depuis le TIFF, le tout attribuable à plusieurs éléments dont une montée des heures de travail et donc de gagnage de croûtes. C’est dur de résister au paiement de loyer, des comptes et de se vautrer dans les grilled cheese. J’ai trop repoussé l’écriture des films à voir, des suggestions pour le FNC, que je n’ai finalement rien écrit jusqu’à aujourd’hui. Il a suffi d’un commentaire de ma part sur le film 30 tableaux de Paule Bailllargeon sur Twitter et une mention du compte de l’ONF sur ledit commentaire pour que je m’assoie et parte à la rencontre de l’écriture.

Me voici donc deux jours après le visionnement de 30 tableaux de Paule Baillargeon. Un film créé grâce à sa résidence à l’ONF. J’avais rencontré madame Baillargeon à la fin janvier 2010, alors que la cinémathèque faisait une rétrospective de son œuvre. Une rencontre inoubliable avec Olivier, cofondateur et animateur de l’émission Cinéclectique à CISM, dans laquelle j’étais chroniqueuse. On lui avait offert un martini, elle avait été d’une gentillesse, d’une franchise infinie. Elle avait alors reçu le premier prix French D’or, elle l’avait bien rit. C’était juste avant le visionnement de son film Le sexe des étoiles, j’étais sortie presque en larmes de la cinémathèque après l’entrevue. Mon cœur bondissant, mon corps palpitant après une rencontre d’un bonheur inexplicable. Jamais attendre l’autobus n’avait été une expérience si réjouissante.

Pour plus de détails sur l’expérience: https://amenicart.wordpress.com/2010/01/27/je-l’ai-fait/

French d’or : https://amenicart.wordpress.com/2010/01/22/prix-french-dor-hiver-2010-remis-a/

 

 

Comme vous l’avez sentie, j’ai une grande admiration pour Paule Baillargeon. Plusieurs points en commun nous relient malgré les années qui nous séparent. Cette colère inassouvie, un état d’urgence envers les injustices, surtout ceux reliés au féminin. Et puis sa beauté, une beauté franche et naturelle. Ce n’est pas un point commun, mais un point d’admiration. Je déplore activement le fait que certaines femmes qui ont défriché les terres vierges de la culture et de l’émancipation des femmes au Québec tombent présentement dans les pièges mercantiles qui nous assaillent concernant la beauté. Je hurle de savoir que certaines de ces femmes qui ont tenu le fort, malgré eux peut-être, du modèle de la force et de l’intelligence féminine s’en remettent  aux soins de l’esthétique plastique pour ne pas perdre une image au détriment d’une autre qu’elles ont peur de voir et qui est, relativisons les choses, reliée au cycle naturel de la vie. Que nous montrez-vous maintenant? Que nous devons passer sous le bistouri pour s’appartenir dès un certain âge, pour continuer à avoir une voix lorsque les rides de la vie apparaissent? Qu’est-ce qui vous a fait baisser les bras? Je croyais que vous aviez plus de force et d’expérience que ça, c’est du moins ce que vous aviez laissé sous-entendre à tant de femmes et d’hommes qui vous admirent. Vous avez encore beaucoup à dire, mais vos visages sont maintenant malsains. Alors que la femme invisible (terme emprunté à madame Baillargeon) est de mise sur la plupart des tribunes, dans le supposé idéal de beauté, dans les publicités de bière comme  dans celles de balais avec moumousses rechargeables. On en est encore là… hélas.

Ceux qui auront lu le paragraphe ci-haut et qui en auront déjà assez, je ne vous conseille pas 30 tableaux de Paule Baillargeon. Ce n’est pas pour vous. Ce film n’est pas colérique ni ne regarde le passé d’un air malsain.  Ce film parle de l’intériorité bouillante d’une artiste. Une artiste qui a su se questionner, d’hier à aujourd’hui, de façons passionnées. La source du questionnement est expliquée, pas énormément dans les détails, mais on comprend et surtout on réfléchit. Un portrait intimiste d’une artiste dont la voix est importante. Une incursion par les dessins de la principale intéressée et l’animation de ceux-ci. Des dessins de blessures, de bonheur intime entre Val-d’Or et Montréal. On commence tous les tableaux par l’âge avec l’appellation : « J’ai 64 ans. J’ai 27 ans. J’ai 60 ans. J’ai 10 ans. » On va et on vient dans l’âge en illustrations construites de mots narrés et d’images colorés. On parcourt ainsi les divers événements marquants de la vie personnelle de la réalisatrice de La cuisine rouge.

Plusieurs générations étaient représentées lors de la deuxième représentation. La réalisatrice a humblement répondu aux questions et a reçu les divers commentaires remplis d’espoir de part et d’autres. Certains auraient aimés passer la soirée à prendre des martinis avec l’artiste, je suis de celle-là.

Le film 30 tableaux de Paule Baillargeon, produit par l’ONF, devrait sortir au mois de mars 2012.

Pour plus d’informations sur le film, voici quelques liens intéressants :

ONF (Investigateur du film) :

http://blogue.onf.ca/2011/10/11/trente-tableaux-dans-la-vie-de-paule-baillargeon/

Entrevue à l’émission Désautels de la radio de Radio-Canada :

http://www.radio-canada.ca/emissions/desautels/2011-2012/chronique.asp?idChronique=178388

André Duchesne de La presse pose cinq questions à Paule Baillargeon :

http://moncinema.cyberpresse.ca/nouvelles-et-critiques/entrevues/entrevue/15857-cinq-questions-a-paule-baillargeon.html

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Golden French Kiss Award : Because to “French” is to love in a deep and passionate way.

11 avril 2010 at 13:42 (Frenchs d'or / Golden French Kiss Award)

The Golden French Kiss Award is the highest gratitude reward giving by Amenicart.  It is a virtual reward giving to a creative person who has charmed the heart of the cinéphile weasel that I am by his or her humanism, perseverance to create and integrity in his or her life and work.  Those three qualities reflect the importance to never give up and, therefore, to hold on to our dreams so we can keep on going on our path without caring about the arrogance of some and the indifference of others.  The award is giving every season, depending on the inspiration of the moment.

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Récipiendaire du French d’or printemps 2010… / Spring 2010 Golden French Kiss Award Winner…

11 avril 2010 at 12:13 (Frenchs d'or / Golden French Kiss Award)

Mr. Roger Ebert, film critic extraordinaire.

http://rogerebert.suntimes.com/

Adhérer au Ebertclub!

Join the Ebertclub!

English version will follow.

Mon Roger, mon critique de cinéma.

La première fois que j’ai vu Roger Ebert et Gene Siskel, c’était à la télévision, par hasard, durant les premières années de mon adolescence.  Je suis tout de suite tombée amoureuse d’eux. Incroyable duo de cinéphiles passionnés!  Je me souviens du jour où l’on a annoncé la mort de Gene Siskel, je me suis sentie tellement triste que j’aurai pu acheter un billet d’avion direction Chicago pour aller donner un câlin à Roger Ebert.  Sa mort était soudaine et injuste.  L’argent étant un problème, je suis restée avec ma peine durant toute cette première semaine du mois de février 1999.  Je me souviens également du retour de Rober Ebert, seul, à son émission « At The Movies ».  Respectueux et courageux, j’ai espéré dès ce moment pouvoir un jour le rencontrer.

J’ai commencé à utiliser mes 2 semaines de vacances annuelles pour aller au Festival international des films de Toronto en 2000 afin d’expérimenter un grand festival de films.  Je, me, moi et ma passion pour le cinéma, seule et en extase.  Je me souviens d’avoir vu M. Ebert à quelques reprises dans les files d’attente publiques attendant d’entrer voir un film qu’il n’avait pu voir en visionnement de presse ou proche du Varsity Theater, où les visionnements de presse sont tenus la plupart du temps. Deux ans plus tard, je l’ai vu à un visionnement de presse du film « Décalage horaire » de Michèle Thompson qui mettait en vedette Jean Reno et Juliette Binoche.  J’avais alors eu la chance d’emprunter la passe « industrie » d’une amie.  Ou peut-être, était-ce durant un autre visionnement, mais je me souviens que c’était complet et que j’étais devenue rouge tomate à la vue du célèbre critique qui se cherchait désespérément une place.  À toutes les fois que j’ai eu la chance de le croiser par hasard, mon cœur se liquéfiait dans ma poitrine, je restais sans voix et je ne trouvais pas la force ni le courage d’aller lui parler.  Je suis affublée de ce mal qui  m’empêche d’aller vers les gens que j’admire, car j’ai peur, due à une très mauvaise expérience, de me rendre compte que la personne sympathique que je m’étais imaginée, est en fait extrêmement déplaisante et me révèle un ego de la grosseur d’un météorite fonçant tout droit vers ma petite planète.  Maudite peur!

Comme plusieurs de ses admirateurs, j’ai entendu et lu à propos du cancer de M. Ebert, des chirurgies qu’il a dû subir ainsi que de ses batailles pour s’en sortir le plus dignement possible, le tout entouré de son ange Chaz.  Merveilleuse Madame Ebert!  Je le croisais alors de temps en temps à la télévision, cette fois avec le critique Richard Roeper que je détestais.  Désolé M. Roeper!  L’amour que je portais à Roger Ebert augmentait de fois en fois et puis, me perdant dans le travail à temps plein, j’ai perdu de vue mon critique préféré.  Ce n’est qu’en novembre 2009, alors qu’entrait chez moi Internet pour la première fois de ma vie (oui, ça m’a pris du temps!), que je repris la lecture des critiques et des histoires de Roger Ebert.  Je me suis même abonnée à Twitter pour avoir plus de nouvelles de lui.  Dieu sait qu’il « tweet » beaucoup!  Il m’a toujours paru comme quelqu’un de qui je pourrais apprendre énormément.  C’est pourquoi, je suis extrêmement fière de remettre le French d’or printemps 2010, pour humanisme exceptionnel, persévérance et intégrité dans la vie personnelle et dans le travail au plus merveilleux des critiques de cinéma (c’est mon opinion) encore vivant, gagnant d’un prix Pullitzer et étoile dans mon chemin des plus fabuleux, j’ai nommé M. Roger Ebert.

Cher M. Ebert, veuillez accepter cette modeste récompense virtuelle d’une de vos admiratrices et belette cinéphile passionnée.  Vous avez pris, à bout de bras et de souffle, des moments difficiles et vous les avez transformés en histoires courageuses utilisant les bons mots pour traduire le tout.  J’admire votre persévérance et votre amour du cinéma.  Vous êtes irremplaçable dans  ce monde où trop de journalistes/critiques oublient de façon régulière le sens véritable et la beauté du mot « intégrité ».  Ils préfèrent la facilité; la politesse au lieu de la vérité, faire plaisir au lieu de  critiquer.   Le cinéma est, comme plusieurs autres formes d’art, une façon de voyager, de permettre des perceptions différentes de la vie, n’oublions pas qu’il existe encore dans certains pays et par certains créateurs, des films qui sont des actes de rébellion contre une façon de vivre ou contre un système intolérant.  Le cinéma devrait être, la plupart du temps, une façon d’ouvrir nos yeux, trop souvent fermés à double tour, à d’autres perceptions et aux vérités ignorées.

Merci pour votre travail formidable et veuillez accepter ce French d’or, qui peut-être, pourra vous apporter du bonheur dans les moments plus difficiles, sans avoir peur d’avoir été infidèle à votre amoureuse.

Sincèrement,

Amenicart

Une belette cinéphile qui est très heureuse de votre retour en force et qui espère peut-être vous rencontrer au TIFF en septembre prochain.

Pour plus d’informations à propos de M. Ebert:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Roger_Ebert

Une entrevue (en anglais) incroyable avec Roger Ebert par Chris Jones du magazine Esquire:

http://www.esquire.com/features/roger-ebert-0310?click=main_sr

My Roger, my movie critic.


I was a teenager when I first saw Roger Ebert and Gene Siskel on TV.  I felt in love with them both immediately.  Amazing duo, passionate cinéphiles!  I remember the day the death of Gene Siskel was announced, I felt so sad, I could have bought a plane ticket to Chicago to give a gigantic hug to Roger Ebert. It was so sudden and unfair. But the damn money was an issue, therefore I stayed alone with my sadness for that whole specific week in February 1999.  I remember seeing Roger Ebert coming back, alone, on the show « At the movies », with grace and in a very respectful way.  I then hoped that one day I could meet him.

In 2000, I started to go to the Toronto International Film Festival.  I, therefore, started to take my annual 2 weeks’ vacation to experiment a big film festival on my own.   Me, myself and my passion for cinema.  I remember seeing Mr. Ebert in the public ticket holders line.  Waiting. Or near the Varsity Theater, where most of the press screening are held during the festival.  I think a few  years later I even sat next to him during the press screening of the french movie « Décalage horaire » (Jet Lag) directed by Michèle Thompson and starring Jean Reno and Juliette Binoche. I had the chance to borrow the industry pass of a friend.  Or maybe, it was during another movie, but I know that it was a sold out press screening  and that my jaw dropped, my face turned red and that I couldn’t stop staring at him when he entered the room kind of mad to see that there was so many seats left and all in the front rows.  Every time I would encounter him, my heart would melt and I never could find the courage to go talk to him.  I regret that.  I’m unfortunately afraid to meet people I admire to finally find that they are not what I expected: nice, passionate and just welling to talk to a fan in a pleasant way.  Stupid me, stupid fear!

Like a lot of his fans, I heard about Mr. Ebert’s cancer, surgeries and battles, surrounded by his angel Chaz.  Lovely and wonderful Mrs. Ebert! He was still on TV, but with Richard Roeper, who I really hated and most of the time couldn’t stand his movie critics (Sorry Mr. Roeper!).    Therefore, the love I had for Roger Ebert grew stronger and stronger.  And then, I lost track for a while, losing myself into work.  I finally started to read him regularly when I got Internet at home back in November 2009.  Yes, it took me some time!  The joy was back on sunny road, reading his critics and stories.  I even got link to his Twitter page, how fun, he tweets so much!  He looks like someone I could learn so much from in an amazing and fun way.  This is why, I am proud to give the « French d’or » (Golden French Kiss) for outstanding humanism, perseverance and integrity in the life and work of the most wonderful film critic living, Pullitzer price winner and star of my heart of fame: Mr. Roger Ebert!

Dear Mr. Ebert, please accept this humble virtual reward from one of your fans and a passionate cinéphile weasel.  You took difficult moments and transformed them into a courageous story using the perfect magical words to go along.  Your perseverance provided me, each time, ways to admire and love you more.  You are irreplaceable in this world where so many journalists/critics are missing the meaning of the strong and beautiful word: integrity.  Where so many, instead of criticizing, prefer the « lick-and-kiss-ass-road» to talk about an art form that makes us travel and think differently (hurray for international and indie films!) about ourselves, the world we live in, and beyond.  Shall we not forget that it is still, in some countries and in fewer resisting creators, a form of rebellion against a way of life or a system in place.  A way to open our to often shut eyes to other perceptions or the often ignore truth.

Thank you and please appreciate this well deserved kiss (a French d’or!), without any doubt of being unfaithful to your love, when times are more sour then sweet.

Sincerely,

Amenicart

The Cinéphile Weasel who is glad to see you back on track and sure hope to encounter you at the TIFF in September this year.

For more informations on Mr. Ebert:

http://en.wikipedia.org/wiki/Roger_Ebert

An amazing interview  with Roger Ebert in the Esquire Magazine  by Chris Jones:

http://www.esquire.com/features/roger-ebert-0310?click=main_sr

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Je l’ai fait. Je l’ai fait….JE L’AI FAIT!!!

27 janvier 2010 at 21:25 (Aventures parallèles, Frenchs d'or / Golden French Kiss Award)

Oui, mission accomplie et maintenant du calme Loulou!   Ça  va me prendre au moins une quinzaine de bonnes parties de sudoku niveau expert pour me calmer les nerfs et reprendre mon air de belette tranquille.  Je le savais que d’accepter un café de mon Grand Loup (alias Olivier THE Cinéclectique Double D) me perdrait dans les vallées de la nervosité, mais je me suis laissé convaincre que mes neurones avaient besoin de se remontant pour l’entrevue avec Paule Baillargeon en directe de la chaleureuse Cinémathèque québécoise.  Surtout que j’avais préparé des notes, que j’ai oubliées à la maison.  Quelques fois, les écrits s’envolent c’est pourquoi la mémoire doit rester alerte.

L’entrevue, tenue alors que les flocons dansaient avec le vent et recouvraient le printemps de ce janvier monotone, était appréhendée depuis un peu plus de 24hres.   Plus les heures se rapprochaient du moment, plus je me pratiquais mentalement à remettre le premier prix French d’or, à formuler des questions pertinentes que je voulais lui poser depuis longtemps ainsi qu’à m’encourager comme une meneuse de claques sur l’ecstasy durant le Super Bowl en me disant que tout irait très bien, mais que je devais m’attendre au pire, tout d’un coup, on sait jamais.

Cinémathèque québécoise. Intérieur. 17h30.  Moi et Olivier à l’aventure.

Elle nous attendait, assisse tout près de la réception, sur un des confortables bancs rouges.  On s’est présenté, on s’est serré la main, je l’aimais déjà tout plein!  On s’est installé au resto, ensuite on s’est réinstallé plus loin, faute d’un environnement sonore inadéquat.  Olivier, galant homme, est venu nous rejoindre verre de martini double olive à la main, pour notre réalisatrice, scénariste, actrice et récipiendaire du prix Albert-Tessier 2009 préférée.   J’étais étonnamment calme durant l’entrevue (dû moins j’essayais en maudit!) où l’on a parlé de son projet actuel sur lequel elle travaille en résidence à l’ONF, de son film La cuisine rouge (1980), de la femme invisible que l’on aime montrer, de sa joie de peindre et de sa volonté à pousser l’interdit.  Et puis, l’heure est venue où je lui ai remis le premier prix French d’or de ma voix enjouée de groupie remplie de fierté.   Elle était contente, je ne tenais plus en place, Olivier riait de bon cœur et nous a photographié ensemble, nos têtes se touchant presque et madame Baillargeon tenant fièrement la photo que je lui donnais de moi lui envoyant un baiser agrémenté de quelques mots qui définissaient le pourquoi de ma gratitude envers son travail : « French d’or #1 : Paule Baillargeon.  Humanisme, persévérance et intégrité dans l’ensemble de votre œuvre.  C’est pourquoi vous méritez toute ma gratitude ainsi qu’un baiser doré.  Merci! »

Olivier nous a quittés, il avait un rendez-vous, madame Baillargeon est allée présenté son film Le sexe des étoiles (1993), je suis partie me calmer et attendre l’autobus.  J’ai fait les 500 pas/secondes en attendant la 30 Nord au coin de Berri et Maisonneuve pendant 10 minutes.  J’avais le goût de pleurer, je ne me suis pas retenue.  À quoi bon?  Je suis une belette sensible qui est fière de reprendre ses rêves, ça me fait trop de bien pour garder ça en dedans.  C’est bon de faire des folies,  j’ai été trop sage toute ma courte vie, je ne suis pas docile comme on a voulu me le dicter, moi aussi je veux défricher.

Finalement, pas besoin de notes pour dire à quelqu’un qu’on l’aime!  Merci Paule Baillargeon!  Bon, je m’en vais courir Montréal au grand complet pour me calmer.  Bonne soirée!

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Prix French d’or hiver 2010 remit à…

22 janvier 2010 at 14:21 (Frenchs d'or / Golden French Kiss Award)

Certains se font refaire le visage pour ressembler à Barbie, la poulette blonde et surfaite fait de plastique, pour ma part si j’avais vraiment à changer de visage je demanderais au chirurgien de ressembler à Paule Baillargeon : réalisatrice, actrice, scénariste québécoise et première récipiendaire du French d’or hiver 2010.   J’entends déjà le chirurgien me dire un bref : «Qui ça?».  C’est alors que je lui montrerais une photo de madame Baillargeon le visage serein, l’humanisme débordant de par sa force et sa sensibilité.  Oui, je désire ce visage, cette force de combattre, cette vitalité des idées, je désire ce visage féminin et révolutionnaire de notre cinématographie qui m’a bouleversée plus d’une fois, notamment dans le film d’Anne-Claire Poirier, Le temps d’avant (1975) ou par sa réalisation du Sexe des étoiles (1993) nommée aux Oscars dans la catégorie meilleur film étranger.  Je la trouve belle, vraiment belle cette récipiendaire de la plus haute distinction québécoise section cinéma : le prix Albert-Tessier en 2009.  Je remets donc ce premier French d’Or à Paule Baillargeon, pour son travail, mais aussi parce que c’est une réalisatrice, car il est temps que les femmes fassent plus leur place, qu’elles soient équitables ou non, afin de montrer notre point de vue, nos capacités, nos forces, nos faiblesses et nos idées sur le grand écran de la fiction.  Allez debout camarade chirurgien, donnez-moi la beauté Paule Baillargeon!

Bravo à la cinémathèque québécoise qui fait découvrir ou redécouvrir son œuvre jusqu’au mois de mars prochain.

Merci Madame Baillargeon et félicitations!  J’ai très hâte de voir votre prochain projet.

Informations

Paule Baillargeon, bref aperçu :

http://femfilm.ca/director_search.php?director=paule-baillargeon&lang=f

Prix du Québec (Albert-Tessier) 2009:

http://www.prixduquebec.gouv.qc.ca/recherche/desclaureat.asp?noLaureat=409

Cinémathèque québécoise, horaire et informations :

http://www.cinematheque.qc.ca/

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Les Frenchs d’or: puisque frencher c’est aimer profondément et passionnément.

22 janvier 2010 at 14:13 (Frenchs d'or / Golden French Kiss Award)

Le French d’or est la plus haute distinction de gratitude d’Amenicart, pour cause de bienfaits reçus et remise virtuellement à un humain créateur qui a conquis le cœur de la belette cinéphile de par son humanisme, sa persévérance à créer ainsi que par son intégrité qui reflète l’importance de ne pas lâcher ses rêves et de continuer son chemin malgré l’arrogance de certains et l’indifférence des autres.  Ce prix sera remis chaque saison selon l’inspiration et le courant de création du moment.

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Rohmer restera en images. Rohmer restera un classique.

11 janvier 2010 at 16:20 (Hommages)

2010, tu commences à m’embêter car la mort se fait sauvage depuis ton début!

Éric Rohmer (4 avril 1920 – 11 janvier 2010) a quitté notre monde ce matin à l’âge vénérable de 89 ans (presque 90!).  Il restera un des grands cinéastes français, un critique cinéphile (Les Cahiers du cinéma sont en deuil!) et un classique dans son cinéma et par ses connaissances.  La nouvelle vague française voit partir un de ses cinéastes dont la carrière compte 24 films en 50 ans.

Voici quelques liens relatant sa vie et son œuvre :

IMDB :

http://www.imdb.com/name/nm0006445/

Journal Le Monde :

http://www.lemonde.fr/carnet/article/2010/01/11/mort-d-eric-rohmer-legende-du-cinema-francais_1290329_3382.html

Cyberpresse :

http://moncinema.cyberpresse.ca/nouvelles-et-critiques/nouvelles/nouvelle-cinema/10464-eric-rohmer-meurt-a-89-ans.html

Marc-André Lussier (La Presse/Cyberpresse) :

http://blogues.cyberpresse.ca/moncinema/lussier/?p=1058

Réaction de Fabrice Luchini (alias MON Fabrice) :

http://fr.news.yahoo.com/78/20100111/tcu-fabrice-luchini-eric-rohmer-est-l-ho-54da62d.html

Autres réactions :

http://www.lemonde.fr/carnet/article/2010/01/11/eric-rohmer-a-ete-notre-createur_1290363_3382.html

Et puis Roger Ebert (grand critique états-uniens) lui rend hommage aussi en anglais:

http://rogerebert.suntimes.com/apps/pbcs.dll/article?AID=/20100111/PEOPLE/100119999

Mes condoléances aux amis et à la famille.

M. Rohmer allez rejoindre Truffaut en paix et bonne conversation!  Peut-être trouverez-vous également Howard Hawk et Alfred Hitchcock?

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Mon Francis.

4 janvier 2010 at 15:16 (Hommages)

La nostalgie de fin d’année et maintenant de début d’année me donne envie de rendre hommage à ce grand réalisateur dont l’essor nouveau de son œuvre récente est sous-estimé.  Très peu de critiques, à part la revue des Cahiers du cinéma, ont mis son dernier film « Tetro » sur leurs listes des meilleurs films de l’année 2009.  Les Cahiers du cinéma l’ont également mis en couverture et j’en suis ravie, car ce cinéaste fait depuis quelque temps les films qu’il aurait voulu faire dans sa jeunesse avec une complète liberté.  Vous imaginez?!!?  C’est extraordinaire et ça mérite d’être louangé!

Ma première rencontre avec Coppola fut au début des années 90 alors que passait à la télévision le film « Tucker, un homme et son rêve » avec Jeff Bridges, Christian Slater, Martin Landau, etc.  Ce film m’a sonnée, oui littéralement et malgré sa simplicité le film m’a accrochée à remarquer un réalisateur pour la première fois de ma jeune vie.  C’est à cet instant que je suis complètement devenu gaga de Francis Ford Coppola. Bien sûr s’en suivit Bram Stoker’s Dracula et ensuite, un peu plus tard et pour faire durer le plaisir de le découvrir, j’ai loué la plupart de ces grandes œuvres.  Apocalyspe Now reste une aventure cinématographique pure en tant qu’œuvre, mais aussi en tant que travail, difficultés et risques.   Le documentaire sur le tournage intitulé « Hearts of Darkness : A Filmmaker’s Apocalypse » (1991) est une totale merveille.  Un réel tour de force à plusieurs niveaux.

Afin de vous faire partager sa sagesse, voici un lien qui vous permettra de voir et t’entendre des moments de la classe de maître qu’il a donné à Montparnasse en novembre dernier dû à la sortie de son dernier opus : Tetro.

http://www.fnaclive.com/videos/list/tag/4207

En passant, pour ceux qui aiment manger et boire en plus d’aimer le cinéma et de vénérer Coppola, voici un autre lien qui vous donnera accès à une autre dimension de Coppola, son vignoble et ses restaurants (à San Francisco entre autres). En anglais seulement et pour commander et bien dommage, si vous ne restez pas ou ne connaissez pas quelqu’un qui vit aux États-Unis:

http://www.ffcpresents.com/

Bon appétit chers cinéphiles!

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À Gilles Carle, de la vie dans les maux.

7 décembre 2009 at 21:04 (Hommages)

D’entrée de jeux, je dois spécifier que je ne suis pas la plus grande admiratrice de l’œuvre de Gilles Carle.  Elle m’a toujours un peu accrochée et c’est la faute de mes racines conservatrices que ma mère m’a inculquée malgré moi.  Bernadette  (Micheline Lanctôt dans La vraie nature de Bernadette, 1972) qui masturbe des vieux afin de leur donner un peu de bonheur, Michèle Richard à quatre pattes habillée façon chevreuil sexy (La postière, 1992), le tout m’a toujours refroidie les ardeurs de la passion cinématographique.  C’est mon côté prude qui ressort.  Je me souviens de toutes ces rumeurs méchantes et jalouses envers sa bien-aimée Chloé Ste-Marie de trente-quatre ans sa cadette qui est devenue une force de frappe d’une beauté admirable avec le temps et son dévouement envers l’homme qui l’a mis au monde, selon ses dires, est admirable.   Mais tout ça, c’est du passé, il faut célébrer.

Il est donc temps que je m’incline devant l’homme et son œuvre, car l’œuvre de Gilles Carle est primordiale.  Il a poussé les conventions, il a mis de la folie dans notre cinéma, il a déliré notre cinéma et c’est tant mieux. C’est un pionnier du cinéma québécois moderne étant l’un des premiers à avoir passé du documentaire à la fiction avec La vie heureuse de Léopold Z en 1965.  Mais il ne faut pas oublier que c’est lui qui nous a fait découvrir le poète Gaston Miron avec la fondation des éditions L’Hexagone, juste pour ça il mérite tous les honneurs du monde!  Il était aussi compositeur et peintre et il a fait découvrir à son peuple de nouveaux talents féminins : Carole Laure, Chloé Ste-Marie.  Bien sûr, on doit remercier la France et le Festival de Cannes de l’avoir révélé à son peuple, car c’est le premier réalisateur québécois à avoir présenté un film en compétition pour la palme d’or et à nous montrer sans honte sur le vieux continent avec La vraie nature de Bernadette en 1972.  Debout, fier, inventif et amoureux de la nature, il est resté jusqu’à la fin, malgré la maladie, malgré la transformation de son corps en prison par la maladie de Parkinson, un homme de grande ouverture envers la vie et un combattant hors pair.

D’autre part, plusieurs ont déploré les funérailles nationales qu’il a reçues, ma mère y comprise et ça m’a choquée…beaucoup…passionnément…à la folie.  « Nos impôts vont payer ses funérailles maudit! »  Ben voyons?!!?  Vos impôts paient du caviar et du homard à la tonne, qui se broie dans des estomacs déjà bien remplis depuis la nuit des temps et vous allez chialer pour des funérailles nationales attribuées à quelqu’un qui a su nous représenter à travers le monde en image et en mots?  Quelqu’un qui n’avait pas peur de ses origines métisses et québécoises.  À ceux-là, je vous réponds ceci, vous avez droit à vos opinions bien sûr, mais comme le dirait si bien mon ami Léopold Z Tremblay : « L’ignorance, c’est comme la science, ça pas de borne! »

Voilà, le doux et le méchant sont sortis.  Je dois donc revoir l’œuvre au complet pour m’en faire mémoire d’une nouvelle façon et peut-être d’une plus belle façon ou dû moins d’une plus façon plus libérale.

Monsieur Carle…Merci et bon party avec Falardeau, Jutra, Perrault et tant d’autres!  Et une chose s.v.p., protégez-nous de la merde cinématographique de chez nous!

Pour voir des dessins érotiques de Gilles Carle :

http://www.gillescarle.ca/

Et longue vie à la maison Gilles Carle :

http://www.maisongillescarle.org/#/accueil

Et puis, merci à l’ONF pour diffuser gratuitement quelques une de ses premières œuvres sur son site :

http://www.onf.ca/explorez-par/realisateur/Gilles-Carle/

Et puis un coup parti, allez voir sa filmographie :

http://www.imdb.com/name/nm0137345/

Bon cinéma!!

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Jean-Claude Labrecque : L’espace et le temps par intuition et par défi.

30 octobre 2009 at 23:21 (Hommages)

Jean-Claude Labrecque fait partie de ce groupe mystique du cinéma québécois qui défrichait avec enthousiasme les premières images de l’âge du direct, du documentaire et de la fiction avec Claude Jutra, Michel Brault, Pierre Perrault et j’en passe.  De directeur photo, à scénariste, à producteur, à réalisateur, il nous laisse un héritage qui ne cesse de nous faire souvenance.  Il est au cœur de cette devise qui semble être nôtre d’une façon de plus en plus abstraite et qui joue avec la mémoire et la connaissance : Je me souviens.  Afin de souligner le travail exceptionnel de ce « chauffeur de Kodak », la cinémathèque québécoise a (enfin!!) décidé de faire une rétrospective des œuvres de monsieur Labrecque en tant que réalisateur et qui sera présenté du 4 novembre au 17 décembre prochain.  On pourra y découvrir ou redécouvrir 21 œuvres de fiction et documentaires en 21 séances dont 60 cycles, son premier film tourné en 1965 lors du onzième Tour cycliste du St-Laurent, l’un des plus longs du monde,  ainsi qu’une rare copie 35mm des Jeux de la XXIème Olympiade avec l’autorisation du CEO.  Il est important de mentionner que Jean-Claude Labrecque est le seul Québécois qui s’est donné le mandat de filmer les olympiques de Montréal de 1976 avec une équipe de plus de 160 personnes, même chose du côté de la célèbre venue du général de Gaulle à Québec en 1967, Jean-Claude Labrecque a lui même proposé ces défis de taille par passion et intuition.   D’un côté plus culturelle, la rétrospective nous permettra de voir La nuit de la poésie 27 mars 1970 ainsi que Marie Uguay qui donne la parole à cette amoureuse des mots peu connue qui est morte quelque temps après le tournage du film d’un cancer à l’âge de 26 ans.  On y sent toute la sensibilité de Labrecque dans le cadre qui se resserre, s’approche et caresse le visage de son personnage lors de propos plus intimistes et s’éloigne avec pudeur lors d’anecdotes plus générales comme une marée qui veut atteindre et transmettre la passion et la douleur de l’âme de Marie Uguay.  Pour les amateurs de films expérimentaux, la chance vous sourira avec la présentation de Essai à la mille, un court métrage tourné en 35mm Scope avec un objectif 1000mm donnant une image bien spéciale sur fond de musique apocalyptique électronique inspirée de L’Apocalypse de Jean, un film très rarement projeté qui a été produit, imaginé et créé au début des années 1970 par Jean-Claude Labrecque.  En plus de la rétrospective, une exposition de photos de tournage personnelles de Jean-Claude Labrecque sera présentée au foyer Luce-Guilbeault de la cinémathèque.  Profitez-en donc pour bien vous abreuver de l’œuvre et de l’œil créateur de ce pionnier du cinéma québécois.

Un conseil, si jamais vous croisez M. Labrecque n’hésitez pas à vous présenter à lui, c’est un homme fort sympathique!

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